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CLASSIFICATION BASÉE SUR LA NATURE DES FIXATEURS

isolé de l’angine. D’où la conclusion, facile à tirer, en faveur des sérums monovalents.

Mais voyons cette expérience de près. D’abord, qu’est-ce que ce streptocoque F? Il provient, nous dit 1 auteur, d un phlegmon et tue le lapin en trente-six heures, à la dose de 0,00001 de centimètre cube; il n’en dit pas davantage.

Et cependant il y a un détail de première importance qu’il serait utile de connaître en ce qui concerne le passé de ce F.

Ce streptocoque F a-t-il passé par l’animal ou non? Car c’est là tout l’intérêt de l’expérience de Neufeld.

On sait, et nous l’avons déjà dit plus haut, que les streptocoques qui proviennent directement de l’homme sont rarement pathogènes pour les animaux; nous avons tout lieu de croire que ce streptocoque F était dans le même cas, et qu’il n’est, devenu si meurtrier pour les lapins qu’après avoir fait des passages par le lapin ou la souris. S’il en est ainsi, on comprend sans peine pourquoi un sérum, préparé avec le streptocoque F, se montre également actif vis-à-vis du streptocoque d’Aronson et de celui de Marmorek ; ces trois streptocoques n’en font, en réalité, qu’un, le streptocoque de passage, bien que l’un ait pour ancêtre un streptocoque de la scarlatine, un autre, un streptocoque d’angine, et le troisième, un streptocoque de phlegmon ; tous ces caractères ancestraux ont eu le temps de s'effacer depuis longtemps, pour céder la place aux caractères nouvellement acquis du streptocoque de la souris.

Ce raisonnement n’est juste, évidemment, qu’à la condition que notre hypothèse sur l’origine de F soit vraie, et nous avons d’autant plus de raisons de la croire telle que ce streptocoque F se comporte, même au point de vue agglutinatif, pareillement à ceux de Marmorek et d’Aronson.

La preuve de l’unité des streptocoques, basée sur l’action préventive des sérums, est donc à faire tout entière.

La fera-t-on jamais par ce moyen? C’est peu probable, et cela parce que l’on ne possède pas, actuellement, d’animal pour lequel les streptocoques humains soient pathogènes d’emblée; certes, de temps à autre, on isole chez l’homme un streptocoque qui tue le lapin ou la souris; mais ces cas sont exceptionnels.

Classification basée sur la nature des fixateurs.

Ainsi, aucun des procédés employés pour résoudre le problème d’unicité ou de multiplicité des streptocoques n’a apporté d’arguments décisifs.

280 A. BESREDKA. — SÉROTHÉRAPIE ANTISTREPTOCOCCIQUE-

Faut-il donc renoncer à tout jamais à pénétrer cette question et nous résignera immuniser les chevaux au petit bonheur, san- savoir au juste ce que l’on injecte ?

-Nous ne le pensons pas; il existe encore une ressource sur laquelle nous fondons un grand espoir. Nous voulons parler des fixateurs ou sensibilisatrices dont il a été si souvent question ces temps derniers.

Leurs propriétés sont assez connues pour que nous n’ayons pabesoin d’en parler ici; rappelons seulement qu’aussi bien pour les cellules que pour les microbes, les fixateurs se sont montrés, jusqu'à présent, d’une spécificité remarquable. On les a trouvés dans presque tous les sérums antimicrobiens; le sérum antistreptococcique est à peu près le seul où le fixateur n’ait pas été observé. 11 y existe cependant et, dans certaines conditions d’expériences, comme nous l’avons montré, il est facile de le mettre en évidence. Le fixateur streplococcique, comme tous les autres, est spécifique; il y a des streptocoques qui possèdent des fixateurs particuliers; il y en a qui ont un fixateur commun. Ainsi, nous avons pu constater (1) un fixateur commun à trois streptocoques, de provenance tout à fait différente : un de ces streptocoques fut isolé chez un enfant mort de septicémie; un autre, dans un cas d’érysipèle, et le troisième, chez un enfant mort de scarlatine. D’autre part, nous avons observé plusieurs fois que deux streptocoques, provenant tous les deux du sang du cœur de scarlatineux, réagissaient différemment vis-à-vis du même fixateur.

On aura, peut-être, là un nouveau point de repère pour établir une classification naturelle des streptocoques.

Ces recherches, à peine commencées, on! besoin d’être poursuivies longtemps et variées le plus possible, avant quel’on puisse seprononcer d’une façon définitive. Mais d’ores et déjà les quelques expériences faites dans cet ordre d’idées amènent à conclure qu'il en est des streptocoques comme des vibrions ou des spirilles, c’est-à-dire qu’il n’y a pas un seul streptocoque, mais un certain nombre de variétés dont quelques-unes peuvent être aussi distinctes les unes des autres que l’est le vibrion cholérique du Vibrio Metchnikovi ; de plus, que les streptocoques que l’on rencontre au cours d’une maladie, au cours delà scarlatine, par exemple, peuvent appartenir à plusieurs variétés ; enfin, que la même variété de streptocoque peut se rencontrer au cours de maladies cliniquement distinctes.

(I) Annules rie l'Institut Pasteur , IflOl.

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