COQUE
STAPHY-
LOCOQUE.
On voit par ce tableau que la fixation du complément ne s'effectue que dans les tubes où le méningocoque a été pris comme antigène.
Toutefois cette fixation s’opère encore quand on met une émulsion de paraméningocoques (1) en présence du sérum antiméningococcique. Pensant que, dans ce cas particulier, la fixation s’effectuait à la faveur de cosensibilisatrices, j’ai tenté, avec M. Armand-Delille, l’épreuve de l’absorption des sensibilisatrices, rappelant celle de l’absorption des agglutinines et précipitines. L’expérience n'a pas donné les résultats attendus, sans doute parce que le sérum en contact avec l’émulsion microbienne opère un certain degré de bactériolyse, mettant en liberté de l’antigène dont le sérum est imprégné. Quand, pour la deuxième partie de l’épreuve, on utilise le sérum décanté, on verse dans les tubes, en même temps que ce dernier, de l’antigène qui fixe le complément pour son propre compte (2).
On peut néanmoins, par un moyen détourné, se rendre compte de la non-spécificité de la sensibilisatrice agissant sur le paraméningocoque. En effet, quand, au lieu d’antisérum expérimental, on emploie le sérum des malades, on observe ce qui suit :
iMis en présence du sérum d’un malade atteint de méningite
(1) Les paraméningocoques se rapprochent très étroitement du méningocoque par le phénomène de la fixation du complément, par les fermentations sucrées qui sont identiques a celles du coccus de Weichselbaum; ils s’en séparent par l'absence d'agglutination arec le sérum antiméningococcique (Dopter).
n La technique était la suivante : dans un tube (tube M), on mélangeait 10 centimètres cubes de sérum antiméningococcique inactivé avec une émulsion de méningocoques tune boite de Roux dans 10 centimètres cubes d’eau physiologique). Dans un autre tube (tube ). l’émulsion microbienne était constituée par une quantité égale de paraménmgoœques Après séjour de vingt-quatre heures à la température du laboratoire, les deuxmélangesétaientcentnfUKé« On décantait le sérum clarifié, et on l’utilisait comparativement K des témoins (sérum dilue à T/-.), pour rechercher la fixation du complément dans les conditions suivantes. Le sérum du tube M était mis en présence de. méningocoque, d’une parl.de paramén.ngocoque, de I antre: a même recherche était effectuée avec le sérum imprégné de paramenmgoeoque. Il nous a semble plusieurs fois que le sérum saturé par le méningocoque avait perdu son pouvoir sensibilisateur pour ce germe et l’avait conservé pour le paramén.ngocoque, et inversement pour l’autre sérum. Mais les résultats n’ont pas été assez ne* pour quon en puisse faire état.
PROPRIÉTÉS BIOLOGIQUES
méningococcique, le méningocoque fixe le complément, alors que la réaction reste négative, si l’antigène est du paraméningocoque. Inversement, avec le sérum d’un sujet infecté par le paraméningocoque, ce dernier seul fixe le complément, le méningocoque le laissant en liberté. Par conséquent, chacun de ces sérums possède une sensibilisatrice spécifique qui lui est propre. La différence qui existe à cet égard avec le sérum de cheval tient à ce fait connu que le sérum de cheval peut être très riche en anticorps de groupe ou coanticorps.
En définitive, les ambocepteurs contenus dans le sérum antiméningococcique vis-à-vis du méningocoque sont bien spécifiques.
Néanmoins, comme le fait a été noté plus haut pour l’agglutination, tous les échantillons de méningocoques mis en présence d’un même sérum ne donnent pas toujours une réactionégalementintense. Il arrive même que les échantillons utilisés pour la vaccination du cheval fixent moins le complément que des méningocoques d’origine différente (Krumbein et Schatiloff). Enfin, on a observé le défaut de parallélisme entre les réactions agglutinante, précipitante et sensibilisatrice. C’est ce qui fit supposer à Baecher et Hachla que les substances donnant lieu à la réaction de fixation étaient indépendantes des autres.
Nous verrons plus loin que Wassermann et Leuchs ont utilisé le phénomène de la fixation du complément pour le dosage du sérum antiméningococcique.
On peut, dans une certaine mesure, l’appliquer au diagnostic de la méningite cérébro-spinale, en faisant agir le sérum antiméningococcique sur le liquide céphalo-rachidien (1 centimètre cube). Sur 10 cas de méningite cérébro-spinale à méningocoques en pleine évolution, la fixation du complément a été positive 6 fois ; elle est nulle quandle liquide provient de méningite tuberculeuse, de méningites à pseudo-méningocoques, etc. (Dopter).
Pouvoir antitoxique. — Le sérum antiméningococcique possède des propriétés nettement antitoxiques (recherches de Flexner, Kolle et Wassermann, Kraus et Doerr, Dopter, Krumbein et Diehl).
L’épreuve s’effectue en injectant un mélange de sérum et d’extrait autolytique dans le péritoine de jeunes cobayes de 150 grammes environ.
L’autolysat se prépare de la façon suivante :
On racle une culture sur gélose en boîte de Roux, âgée de vingtquatre heures, dans 20 centimètres cubes d’eau distillée stérile (1).
(1) Kraus et Dœrr ajoutent du toluol ù 1 émulsion ainsi obtenue; ils le font disparaître ensuite par un court séjour h l'étuve ù 37«.
Médic. microbiens, J2* édit*
300 CH. DOPTER. — SÉROTHÉRAPIE ANTIMÉNINGOCOCCIQUE.
On verse l’émulsion obtenue dans des vases de verre noir pour éviter l’action nocive de la lumière), et on la soumet à l'action d’un agitateur mécanique pendant quarante-huit heures, à la température du laboratoire (1). On la soumet ensuite à la centrifugation prolongée, jusqu’à ce que le liquide surnageant soit clair. Ce dernier décanté contient des produit toxiques (une endotoxine vraisemblablement), qui, injectés dans le péritoine du jeune cobaye, le tuent en douze à seize heures, à la dose 1/10 ou 1/4 de centimètre cube.
Le sérum antiméningococcique, mélangé in vitro à ces autolysats, neutralise, suivant son activité, une plus ou moins grande quantité de ces derniers :
Dans des verres stériles, on verse 1 centimètre cube de sérum non chauffé, puis 1/10, 1/4, 1/2, 1 centimètre cube d’extrait; on met à l’étuve pendant vingt minutes, et on injecte le mélange dans le péritoine des cobayes.
L’expérience montre que 1 centimètre cube de sérum peut neutraliser plusieurs doses mortelles de l’extrait.
Cobaye 1. Extrait = 0,10 + 1 c.c. sérum = Survit.
Cobaye 2. — = 0,25 + 1 c.c. sérum = Survit.
Cobaye 3. — = 0,50 -f 1 c.c. sérum = Survit.
Cobaye 4. — =1 c.c. + 1 c.c. sérum = Meurt en 15 heures.
Cobaye 5. — =01 (Témoin) = Meurt en 12 heures.
Dans cette expérience, choisie entre toutes, le sérum a neutralisé cinq doses mortelles.
Le résultat peut être obtenu avec le sérum des chevaux immunisés par inoculation d’extrait, mais aussi par injection de cultures vivantes seules. C’est ce que prouve l’expérience suivante :