‹ Médicaments microbiensChapitre 130 sur 216 · en 10 heures, -j- en 12 heures · texte numérisé non relu

en 10 heures, -j- en 12 heures

Survit.

-f en 10 heures, -j- en 24 heures.

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-f en 20 heures.

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(!) L’agitation mécanique, préconisée par Kollc et Wassermann, n est pas indispensable, la dissolution des microbes s'obtient ainsi aisément quand le liquide est au repos, et son poinoir toxique est sensiblement le m£mc dans les deux techniques.

PROPRIÉTÉS BIOLOGIQUES

La lecture de ce tableau montre que le sérum antimicrobien est même plus antitoxique que le sérum antitoxique lui-même, puisqu'il neutralise 10 doses mortelles, et le second 5 doses mortelles. Ce résulLat, paradoxal en apparence, s’explique fort bien quand on considère que la vaccination par les extraits ne peut être poussée proportionnellement aussi loin qu’avec les cultures.

Pouvoir bactéricide. — Le pouvoir bactéricide in vitro a été étudié tout d'abord par Jochmann qui aurait démontré son existence par la méthode de Neisser-Wechsberg. Kraus et Baecher n’ont pu confirmer ses résultats.

Pouvoir antimicrobieu. — Le pouvoir antimicrobien du sérum antiméningococcique est indéniable; on en trouve les preuves dans les faits observés en thérapeutique humaine, où le sérum se présente avec des propriétés curatives élevées; nous les étudierons plus loin. Ce pouvoir antimicrobien se déduit encore des expériences de Jochmann, de Flexner, sur les cobayes :

A une série de cobayes, Flexner (1) injecte dans le péritoine 0,5 centimètre cube d’une émulsion de méningocoques qui tue l’animal en dix-huit heures, et 0,01 à 0, 5 centimètre cube d’antisérum de chèvre. Alors que les témoins succombent, les animaux, ayant reçu simultanément le sérum, survivent. 11 observa les mêmes résultats en injectant le sérum préventivement vingt-quatre heures avant, et curativement deux heures après l’émulsion microbienne.

Comme de nombreux auteurs, j’ai répété ces expériences; elles n’oUVent pas une constance absolue, en raison des différences énormes de réceptivité individuelle du cobaye vis-à-vis de la dose minima mortelle qu’il est dès lors impossible à établir. Mais, d’une façon générale, elles mettent en évidence ce pouvoir préventif et curatif expérimental du sérum.

Des constatations analogues ont été faites par Flexner sur le singe, chéz lequel il inoculait, dans la cavité rachidienne, du sérum et l’émulsion microbienne; les témoins succombaient, les singes traités résistaient dans la plupart (les cas.

Le pouvoir antimicrobien peut encore être prouvé par la teneur du sérum en bactériotropincs. On peut les mettre en évidence in vitro par la méthode de Wright, et principalement la méthode de Neufeld. Nous verrons plus loin qu’on a tenté de les appliquer au dosage du sérum.

Jochmann, puis Flexner injectent préventivement dans le péritoine

(1) Flex.nkr, Journal of a.rprr. mcdicinc , 1908.

308 CH. DOPTER. — SÉROTHÉRAPIE ANTIMÉNINGOCOCCIQUE.

0 1 centimètre cube d’antisérum et, le lendemain, une émulsion mortelle de méningocoques ; quelques heures après cette dernière injection, avec des pipettes capillaires, ils prélèvent de l’exsudât péritonéal : ils constatent l’existence de nombreux leucocytes ayant phagocyté les méningocoques;l’animal survit ; avec le sérum normal, ce phénomène est infiniment moins accusé. Quand le sérum est remplacé par du bouillon simple, et à plus forte raison quand l’émulsion a été injectée seule (animaux témoins), le liquide examiné à la même époque fourmille de méningocoques, est très pauvre en leucocytes, et le plus souvent l’animal succombe.

Kraus et Baecher (1) injectent simultanément dans le péritoine de cobayes de 250 grammes I à 2 centimètres cubes d’une forte émulsion de méningocoques, tuant l’animal en vingt-quatre ou quarante-huit heures, et 0,2 à 0,5 centimètre cube d’antisérum. Ils prélèvent l’exsudât péritonéal trois, sept et vingt-quatre heures après l’injection, l’ensemencent sur plaques et font la numération des colonies qui ont poussé.

Dans ces conditions, ils constatent que, chez les témoins ayant reçu l’émulsion seule, ou additionnée de bouillon, les colonies sont innombrables trois, quatre, cinq, et souvent huit heures après l’injection ; avec du sérum normal, elles sont encore très nombreuses ; avec du sérum antiméningococcique, au bout de trois heures, elles sont disséminées, moins nombreuses que dans les cas précédents ; vers la cinquième ou septième heure, elles sont très rares. Toutefois, les tableaux fournis par les auteurs, tout en prouvant l’influence indéniable du sérum, ne montrent pas dans son action des résultats d’une constance absolue.

11 est préférable d’employer une autre technique : au heu d’employer des doses mortelles, qui varient, on le sait, avec chaque animal, j’ai utilisé des doses non mortelles, devant lesquelles le péritoine du cobaye jeune réagit d’une façon identique d’un animal à l’autre, soit 1/6 cl’une culture sur agar de vingt-quatre heures (2 .

A une série de cobayes on injecte dans le péritoine 0,5 centimètre cube de sérum normal, 0,5 centimètre cube de sérum antiméningococcique non chauffé; vingt-quatre heures après, 1 centimètre cube d’une culture sur agar émulsionnée dans 6 centimètres cubes d’eau physiologique. On prélève l’exsudât péntonéal de cinq en cinq minutes, on l’étale sur lame et, après coloration a la tluonine phéniquée, on examine au microscope.

(I) K h mis cl Gxecber, Zeitschrift fur Immunitâtforsehüng und cxpcrimcntcllc

Thérapie» & juillet 1909.

(-2) Doi'Tkr, Société de Biologie, décembre 1010.

PROPRIÉTÉS BIOLOGIQUES. 309

Chez les cobayes témoins n’ayant reçu que l'émulsion microbienne seule, on constate, pendant plusieurs heures après l’inoculation, une foule innombrable de méningocoques; les leucocytes ne commencent à arriver que vers la sixième heure : à ce moment, les méningocoques diminuent progressivement de nombre pour disparaître ensuite vers la dixième heure.

Fig. 20. — Épreuve du péritoine (sérum antiméningococcique et méningocoque). Examen du liquide péritonéal du cobaye vingt minutes après l’injection de microbes. Les méningocoques ont presque complètement disparu. Seul un amas est perceptible où ils sont en état de bactériolyse manifeste.

Chez les animaux qui ont reçu préalablement du sérum normal, l’évolution est plus rapide; la leucocytose apparaîtvers la deuxième ou troisième heure, et les méningocoques, très nombreux jusqu’alors, disparaissent.

Chez ceux qui ont été injectés avec le sérum antiméningococcique, on est frappé de voir qu’après une phagolyse intense qui ne dure que cinq à huit minutes, l’hypoleucocytose est la règle, et les méningocoques subissent une fonte progressive, en même temps qu’une phagocytose intense s’exerce au niveau de l’épiploon ; mais,

310 CIL DOPTER. — SÉROTHÉRAPIE ANTIMÉNINGOCOCCIQUE.

fai L essentiel, vingt minutes après l'injection microbienne, l’examen ne montre que quelques lymphocytes, et la disparition des germes est complète (fig. 20).

Il est difficile de montrer d’une façon plus saisissante l'influence nocive du sérum antiméningococcique sur le méningocoque. Il l’exerce par son pouvoir excito-phagocytaire, mais aussi parson pouvoir bactériolyti que. Il est infiniment vraisemblable que ce dernier n’est mis en œuvre qu’indirectement à la faveur de la phagolyse. Metchnikofî a démontré, en effet, que, dans le phénomène de Pfeiffer, qui est en réalité reproduit ici pour le méningocoque, la destruction extracellulaire des bactéries « se présente comme la manifestation bactéricide du liquide issu des leucocytes atteints ou désagrégés pendant la phase de phagolyse » (1).

Quoi qu’il en soit, ces propriétés antimicrobiennes sont spécifiques. L’expérience montre que ces phénomènes ne sont réalisés, vis-àvis du méningocoque, que par le sérum antiméningococcique. Si on fait agir de la même manière le même sérum sur les pseudo ou paraméningocoques, l’exsudât péritonéal reste riche en bactéries pendant une heure et demie à deux heures, comme si l’expérience avait été faite avec du sérum normal (fig. 21).

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