PROPHYLAXIE DES ACCIDENTS DUS AU SÉRUM
minimes de sérum. Celte intervention préalable remplit l’office d’un véritable vaccin.
D’après Besredka et M110 Lissofsky (1), le même procédé met à l’abri des accidents obtenus àla suite des injections intrarachidiennes. A l'aide de vaccinations subintrantes, l’animal supporte des doses cent fois mortelles sans présenter le moindre trouble anaphylactique.
11 est infiniment vraisemblable que cette méthode, appliquée à l’homme, doit donner d’excellents résultats. Voici ce que Besredka (2) conseille à ce suj et :
Dans un cas avéré de méningite cérébro-spinale, si l’intervention ne paraît pas urgente, injecter tout d’abord dans le rachis 2 centimètres cubes de sérum; puis, deux heures après, injecter les 20 à 30 centimètres cubes qu'on se proposait d’injecter.
Si 1 intervention parait très urgente, comme en certains cas où « chaque heure qui s’écoule enlève au malade des chances de guérison », injecter dans les veines 1/4 de centimètre cube de sérum, puis, dix minutes [après, 1 centimètre cube, enfin un quart d'heure après, injecter dans le rachis les 20 à 30 centimètres cubes à titre curatif.
Besredka estime même que cette technique devrait être mise en œuvre dès la première intervention, sans attendre le moment où les accidents anaphylactiques apparaissent habituellement, après le délai classique des quelques jours qui suivent la dernière injection. « Car, dit-il, il faut considérer chaque sujet comme susceptible d’être en état d’anaphylaxie latente. »
Cette méthode nouvelle n’a pas encore été appliquée à la thérapeutique humaine; mais les espérances qu’elle donne, d’après ses bases expérimentales, engagent vivement à la mettre en pratique, au moins dans les cas où l’on est en droit de craindre les accidents anaphylactiques.
Certes, le sérum antiméningococcique, comme tous les autres sérums, a ses inconvénients; mais on aurait tort de s’exagérer, comme on a tendance à le faire, l’importance et la fréquence des accidents qui viennent d’être relatés; chez certains praticiens, la crainte de l’anaphylaxie est telle qu’elle paralyse leur initiative thérapeutique, et leur fait écarter l’emploi du sérum. « Le médecin doit savoir que les accidents d’anaphylaxie sérique sont peu fréquents dans la méningite cérébro-spinale, que, dans la grande majorité des cas, ils sont d’un pronostic bénin, que les accidents mortels sont rares. Il faut chercher à les prévenir par un emploi
(1) Bf.shkdka et Lissofsky, Société de biologie, 1911.
(2) Besredka, Paris médical, \ nov. 1911.
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judicieux de la sérothérapie ; mais on ne saur ait admettre que la crainte d’accidents aussi exceptionnels puisse, en restreignant l’emploi du sérum, diminuer la valeur d’une méthode thérapeutique qui doit être considérée comme une des plus belles acquisitions de la médecine contemporaine » (Hutinelet Darré).
Tous les auteurs qui ont préparé du sérum antiméningococcique onL évidemment compris l’impérieuse nécessité d’apprécier la valeur du sérum avant de l’employer pour les besoins thérapeutiques. Mais, contrairement à ce qu’on a l’habitude d'observer pour le titrage desautres sérums connus (antidiphtérique, antitétanique, antidysentérique, etc.), tous se sont heurtés à des difficultés presque insurmontables. Ainsi qu’on le verra plus loin, il faut;bien avouer que l’on n’est pas encore en possession d'une méthode rigoureuse et s ûre pour en évaluer le pouvoir curatif.
Titrage par mensuration du pouvoir anti-infectieux. — Dès les premières recherches, on a pensé pouvoir résoudre le problème en dosant le pouvoir anti-infectieux du sérum. Rien ne paraissait plus simple que d’infecter expérimentalement un animal sensible comme lecobaye etla souris, et d’apprécier la valeur préventive et curative du sérum en utilisant contre l’injection infectante des quantités décroissantes de ce dernier. C’est ce qu ont fait tout d abord Jochmann, puis Ruppel.
D’après Jochmann, 0,2 centimètre cube de sérum injecté préventivement à la souris, sous la peau ou dans le péritoine, doit la protéger contre une dose 4 fois mortelle. Chez le cobaye, 0,3 centimètre cube de sérum doit protéger contre 2 doses mortelles qu il évalue à 3 oses dans le péritoine.
Ruppel employait le même procédé, mais en se servant d un méningocoque particulier dont il exaltait la virulence par une méthode qu’il n’a voulu révéler à personne. Les résultats qu il obtint ne furent donc confirmés par aucun auteur.
L’étude des faits avancés par Jochmann fut reprise par tous les auteurs (Flexner, Kolle et Wassermann, Kutscher, C.hon, Dopter, etc. .
Contrairement aux affirmations de Jochmann. la mensuration du pouvoir anti-infectieux du sérum antiméningococcique est impossible à déterminer chez l’animal. En efTet, le pouvoir pathogène du méningocoque et sa virulence sont extrêmement variables d un animal à l’autre. De plus, il existe chez le cobaye animal de choix) des différences énormes de réceptivité individuelle \is-à-'is
de la dose mortelle, qui condamnent l’emploi de cette méthode ; d'un jour à l’autre, sans qu’on en connaisse la raison, la virulence du méningocoque varie en des proportions importantes. Puis, prenons un lot de cobayes de même poids (200 grammes); injectonsleur, par exemple, 2 oses d’une culture sur agar, âgée de vingtquatre heures ; les uns succombent en quelques heures, d’autres en deux à trois jours, d’autres résistent. En un mot, une dose peut être mortelle pour l’un, inoffensive pour l’autre; et la dose minima mortelle est impossible à définir.
On comprend, dans ces conditions, que la base d’appréciation soit trop peu précise pour qu’on puisse tabler sur des résultats certains dans des expériences de sérothérapie, destinées à évaluer rigoureusement le pouvoir' curateur et même préventif d’un sérum donné.
Après de multiples essais infructueux chez le jeune cobaye, j’ai entrepris des expériences semblables chez le singe macaque par la voie rachidienne. J’ai observé les mêmes écarts.
On a pensé pouvoir tourner la difficulté en exaltant la virulence du ménincocoque et en essayant de la lui faire conserver. Kolle, Wassermann, Copier ont fait subir ainsi, à des cultures de méningocoques, de multiples passages par le péritoine de cobayes et de souris, sans obtenir de résultats appréciables. Sans vouloir lui conférer une plus grande virulence, j’ai tenté en vain d’habituer le méningocoque à l’organisme du cobaye par des passages en sacs de collodion dans le péritoine de cet animal.
Kolle et Wassermann ont cherché, par injection sous-cutanée préalable d’agressines artificielles, à rendre les animaux plus sensibles à l’injection péritonéale pratiquée une heure après; les résultats furent très inconstants.
La question paraît donc jugée actuellement : jusqu’à plus ample informé, la protection que peut conférer le sérum contre N doses mortelles de méningocoque est impossible à évaluer.
Titrage par la fixation du complément. — Kolle et Wassermann (l)ont pensé pouvoir doser le pouvoirantimicrobien du sérum par la méthode de la fixation du complément, qui leur permet de titrer la quantité d’ambocepteurs qu’il contient :
Dans une série de tubes, ils versent une même dose d’extrait : 1 centimètre cube d’une dilution à 1/10, soit 0,1 centimètre cube d’extrait, puis dans chacun d’eux respectivement des dilutions progressives de sérum : 1 centimètre cube de dilution à 1 p. 100, à
(I) Kou,f. et Wassermann, Deutsche médit. Wochenschrift , 1906.
3*0 en. dopter. — sérothérapie antiméningococcique.
g p. 1000, à 1 p. 1000, à 1 p. 10000, soit 0,01, 0,005, 0,001, 0,0001 centimètre cube.
On ajoute 1 centimètre cube de complément de cobaye, dilué à 1 p. 10 dans l’eau physiologique.
Après une heure de contact à l’étuve à 37°, on ajoute alors dans chaque tube le système hémolytique : globules rouges de mouton et sérum mouton-lapin. Nouveau séjour à l’étuve à 37° pendant deux heures, puis à la glacière pendant seize à dix-huit heures. Puis on observe les résultats. Des témoins sont institués avec du sérum normal et de l’eau physiologique.
Kolle et Wassermann estiment que, pour être utilisable, le sérum doit empêcher l’hémolyse à la dose de 0,001 centimètre cube.
Le tableau suivant figure une de ces expériences de dosage :
SÉRUM ÀNTI