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PROCÉDÉ DE WRIGHT

coloniales anglaises onl eu 4 677 atteintes de fièvre typhoïde et 1 018 décès, soit une morbidité de 21,5 p. 1000 e( une mortalité de 4,68 ; dans le même temps et dans les mêmes garnisons, 28110 hommes vaccinés ont présenté 215 atteintes avec 34 décès, soit une morbidité de 7,29 et une mortalité de 1,20 p. 1000.

Certains épisodes de cette croisade antityphique sont particulièrement saisissants ; tel celui que rapporte Graham : un bataillon degardes, en pirtie vaccinés à Southampton, débarque en Égypte du mois de septembre 1906 ; il comprend 331 hommes vaccinés et 381 no» vaccinés ; de septembre 1906 à octobre 1907, on compte chez les vaccinés 1 cas de fièvre typhoïde (soit 0,3 p. 100) sans décès ; chez les non vaccinés, 13 cas de fièvre typhoïde (3,4 p. 100) avec 1 décès.

Citons encore, comme particulièrement éloquent, l'épisode rap porté par Euxmoore. l!n régiment, le 17° lanciers, part d’Ecosse pour les Indes en septembre 1905; il comprend 509 sujets (officiers et soldats), dont 124 vaccinés régulièrement (2 inoculations), 23 vaccinés une seule lois, et les 385 restants non inoculés. En un an, dans la garnison de Meerut, les conditions extérieures étant exactement les memes pour l'ensemble des troupes, le régiment compte 60 cas de fièvre typhoïde, ainsi répartis :

Pour les sujets non vaccinés 58, soit 150 p. 1000.

— — inoculés 1 fois 2, soit 87 —

— — — 2 fois 0

Rares sont les auteurs qui dénient à l’injection préventive toute efficacité (Elliot et Washburn, Melville, Crombie) ; il est tout à fait incontestable que l’opinion générale est très favorable à la méthode, et l’opinion contraire de quelques détracteurs se base sur un nombre de cas tout à fait insuffisant (1). On peut estimer, avec Wright que la vaccination abaisse delà moitié ou des trois quarts le chiffre des cas, et qu’elle réduit environ au 1/6 le chiffre des décès. Ce n’est là, bien entendu, qu’une appréciation d’ensemble, une simple moyenne, qu'il est utile de connaître, surtout pour ne pas demander à la méthode ce qu’elle n'est pas capable de donner actuellement.

11 est intéressant de noter un fait qui ressort des chiffres précédents : c’est que la vaccination ne se contente pas de diminuer le nombre des atteintes ; elle atténue en plus leur gravité, car la

(i) Lkish.man suggère qu’une partie de ces résultats négatifs peuvent s'expliquer par ce fait que le vaccin était inactif, ou trop vieux, ou inal préparé, le lysol ayant été ajouté avant que le vaccin ne soit refroidi (après la stérilisation), ce qui lui enlève toute efficacité comme l’expériéncc l'a montré.

Médic. microbiens, 2» édit.

386 E. SACQUËPÉE. — VACCINATION ANTITYPIIIQUE.

mortalité clinique se montre presque toujours bien moindre chez les vaccinés. De même, la maladie se montre en général moins longue, la fièvre est moins élevée, les complications et les rechutes sont plus rares.

Les documents qui précèdent permettent de se rendre compte que le vaccin de Wright-Leishman présente une efficacité pratique indiscutable.

2° Procédé de Leishman.

11 en est de même des autres procédés utilisés jusqu'ici chez l’homme. Dans l’armée américaine, le vaccin de Russell (modification du Pfeiffer-Kolle) avait été inoculé, en 1910, à 14286 militaires, parmi lesquels il a été constaté 6 atteintes de fièvre typhoïde, sans décès. Un groupe témoin de 69 000 hommes, non inoculés, a présenté 418 atteintes avec 32 décès. Il y a eu douze fois plus d’atteintes chez les non vaccinés que chez les autres.

Le procédé de Pfeiffer-Kolle a été, d’autre part, largement utilisé par les médecins militaires allemands, au cours de la campagne entreprise dans l’Afrique du Sud contre les Ilerreros.

Stendel, Schian, Morgenroth, Kuhn, etc., sont unanimes à se louer des bons effets obtenus. Ainsi, de mai 1904 à février 1907, la morbidité et la mortalité typhiques baissèrent progressivement et régulièrement de 4,2 et 0,46 p. 100, à 0,o et 0,08 p. 100; diminution considérable, que les observateurs s’accordent à attribuer pour une large part aux inoculations (1).

C’est surtout dans l’étude de la gravité relative des fièvres typhoïdes que les documents allemands se montrent saisissants. Citons les résultats concordants de Morgenroth, Eichholz (2) et Kuhn :

Morsrenrolh. Eichholz. kohn.

Sujets

vaccinés.

Nombre de f. typhoïdes. 324

P. 100 de cas légers 66

P. 100 de cas graves 10

P. 100 de complications. 20

P. 100 de décès 4

Non

vaccinés.

Vacc.

vacc.

Vacc.

vaccinés.

En moyenne, chez les sujets vaccinés, ultérieurement atteints de fièvre typhoïde, il y a donc 2 à 3 fois moins de décès, 2 à 3 fois

(1) Kuhn, Deutsche militarârztl. Zeitsch., 1 907 .

(2) Eichholz, Atïmchener inedic. Wochcnschr., 1907.

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