PROCÉDÉ DE VINCENT
moins de cas graves et de complications, et au contraire une proportion beaucoup plus forte de cas légers.
Autre remarque intéressante et d’ailleurs aucunement suipienante : la protection relative est d autant plus nette que le nombie d’inoculations (et par suite le degré d immunisation) est plus considérable. Ainsi, des 4 cas mortels signalés par Morgenroth chez les sujets vaccinés, 3 sont survenus chez des hommes ayant subi une seule inoculation. Kuhn fait une remarque identique : les décès sont au minimum (pour les vaccinés) chez les typhiques soumis à 3' inoculations ; ils sont au maximum chez ceux qui ont été inoculés une seule fois. C’est le même fait qu’indiquent les chiffres suivants empruntés à Ward :
Morbidité p. 1000 chez les non inoculés 84,0
— chez les sujets vaccinés 1 fois 41,0
— 2 fois 23,4
3° Procédé de Chantemesse.
En raison de la fréquence et de la gravité de la fièvre typhoïde qui sévissait parmi nos troupes des contins algéro-marocains, il fut décidé de faire appel à la vaccination antityphique, à titre facultatif. Les inoculations furent pratiquées à partir du 1er août 1911, parmi des troupes fatiguées, déprimées par le climat et en proie à la fièvre typhoïde.
L’expérience est trop récente encore pour permettre une conclusion, définitive, mais on doit reconnaître que les premiers résultats communiqués par Chantemesse sont encourageants; la 4e compagnie du 2e zouaves, à Oudjda, comprenait 50 vaccinés et 30 non vaccinés les non vaccinés avaient présenté, jusqu’en décembre 1911, 4 cas d’embarras gastrique et 2 cas de fièvre typhoïde, dont un mortel; au contraire, les vaccinés, soumis aux mêmes chances d’infection, n’ont présenté aucune atteinte.
4" Procédé de Vincent.
C’est dans les mûmes circonstances défavorables qui viennent! d’être signalées que le vaccin de 11. Vincent a été inoculé, à titre facultatif, parmi les troupes des confins algéro-marocains. D’après des renseignements récents, fournis par Vincent, la vaccination par le procédé de Vincent a donné les meilleurs résultats; les hommes, vaccinés ou non, restant exposés aux mêmes conditions de vie, il s’est produit, en quatremois, du 1er août au 1er novembre 1911,. 171 cas de fièvre typhoïde et 134 cas d’embarras gastrique parmi les
E. SACQUÊPÉE. — VACCINATION ANTITYPHIQUE.
2632 sujets non vaccinés, soit respectivement 64,97 et 30,91 p. 1000 de l'effectif; au contraire, les 283 vaccinés parle procédé de II. Vincent n’ont présenté aucune atteinte, pas plus de fièvre typhoïde que d'embarras gastrique. La vaccination a donc procuré à ses adeptes une immunité complète.
L’expérience marocaine est intéressante à d'autres points de vue encore. Tout d’abord, il n’a pas été constaté que la vaccination appelle ou aggrave l’infection éberlhienne; 3 sujets en incubation de fièvre typhoïde avant la première ou la deuxième injection, n'ont présenté qu’une atteinte bénigne.
D’autre part, la vaccination a été acceptée sans difficultés, ce qui tient sans aucun doute à ce qu’elle ne provoque que des réactions facilement supportables (Vincent).
Ces documents concordants (1) sont à l’heure actuelle suffisamment démonstratifs, au moins pour affirmer que les vaccinations diminuent la morbidité et la mortalité typhiques, dans une mesure extrêmement appréciable. Sans doute la vaccination antityphique nepeul être comparée comme efficacité à la vaccination antivariolique, mais il semble bien établi qu’elle est appelée à rendre des services.