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II. — IMMUNISATION PASSIVE ; MÉTHODES MIXTES

L’ immunisation passive (injection de sérum antityphique) a été peu étudiée. Suivant Paladino-Blandini, l’injection de sérum Tavel protège le cobaye contre l’infection expérimentale pendant trois semaines seulement, résultat qui concorde avec les faits connus pour les autres sérums préventifs. Pratiquement, l’injection ne serait donc valable chez l’homme qu’en temps d’épidémie, et à la condition d’être répétée.

On a également tenté de combiner l'immunisation active (vaccination) et l'immunisation passive. Le but poursuivi était double : d'une part, protéger l’organisme contre l’action des substances nocives injectées avec le vaccin; d’autre part, lui procurer une immunité passive, immédiate, en attendant l’apparition de l'immunité active, plus tardive.

Les essais faits dans cette voie par James Lévy et par Iriglia et Mazzuoli ne sonlpas nettement démonstratifs ; on sait que les memes essais, faits antérieurement contre la peste, par Oalmelle et

(I) D'après Nkttkr, l’année japonaise procède également à la vaccination anlitr phique avec le pins grand succès. J, a morbidité dans ces dernières aimées a été de 1 p- l"(I) 11" < hrz

les vaccinés, contre 14,52 chez les non vaccinés : mortalité clinique, 7,7 contre 15,6 p. loOO.

IMMUNISATION PASSIVE.

Salimbeni, avaient semblé défavorables à la production de 1 immunité.

Besredka a tourné la difficulté en inoculant, avec les bacilles, un minimum de sérum ; le procédé consiste àinjecterdes bacilles « sensibilisés », c’est-à-dire des bacilles qui ont séjourné quelque temps au contact d’un sérum antityphique, et par suite ont absorbé les substances spécifiques de ce dernier. Dans ce but, on émulsionne une culture de quarante-huit heures sur agar, dans l’eau physiologique, on traite par un sérum agglutinant, on lave à l’eau physiologique et on centrifuge plusieurs fois de suite; finalement on stérilise à 56° pendant une heure. Chez le cobaye, l’immunité apparaît en vingt-quatre heures, et dure au minimum cinq mois. Paladino- Blandini confirme les bons effets de la méthode chez l’animal ; il ajoute que le sérum des animaux traités se montre bactéricide in vivo (dose : 0CC,01), in vitro (à 1 p. 100 000) et préventif. Si les mêmes résultats étaient obtenus chez l’homme, sans danger pour lui, cette méthode serait évidemment la plus efficace. Mais les essais entrepris en Bretagne, à l’instigation de Netter, ont provoqué des réactions locales et générales assez marquées.

Appréciation d’ensemble et indications des médications

préventives.

Il est diflicile de se prononcer avant que ne soient connus dans leurs détails les résultats de l’application à l’homme des différentes méthodes.

11 est toutefois hors de doute que l’emploi des vaccins anlityphiques entraîne un bénéfice sanitaire des plus appréciables.-

En se reportant à ce qui a été exposé précédemment, on pourra constater que les procédés les plus récents semblent être les plus efficaces (statistiques de Firth pour l’Inde anglaise : armées française, américaine et japonaise). Cette supériorité provient certainement en grande partie de ce que les inoculations, étant mieux supportées, parce que moins gênantes, les intéressés ne craignent plusdese soumettre aux inoculations multiples nécessaires à la production de l’immunité.

Parmi les quatre procédés expérimentés jusqu’ici dans la pratique — procédés de Wright-Leishman, de Ghantemesse, de Vincent, de Pfeiffer-Kolle — nous devons éliminer le dernier, dont les effets locaux et généraux sont souvent trop violents.

Les vaccins de Wright-Leishman, de Chantemesse et de Vincent

E. SACQUÊPÉE. — VACCINATION ANTITYPHIQUE.

— ce dernier surtout, d’après les observations publiées — ne déterminent qu’une incommodité très supportable. Ils peuvent être également utilisés pour le moment; la préférence à accorder à l’un ou à l’autre, ou à tout autre procédé de même ordre, ne pourrait être basée que sur leur efficacité; à l’heure actuelle, les documents que nous possédons à ce sujet sont des plus intéressants, des plu- suggestifs, mais en nombre trop restreint pour nous permettre de dire que l’une ou l’autre méthode doive être préférée à l'exclusion des autres. Mieux vaut les employer concurremment.

Dans tous les cas, il est indispensable de procéder à plusieurs inoculations, trois, ou mieux quatre (H. Vincent), à doses faibles progressivement croissantes. Quelque soit le procédé, une seule inoculation est toujours insuffisante.

Il est de plus désirable de pratiquer ultérieurement une vaccination chaque année, pour maintenir l’état d’immunité (II. Vincent. .

La vaccination est indiquée dans deux circonstances surtout : pour les personnes qui doivent se rendre ultérieurement dans les milieux épidémiques ou endémiques, en particulier pourles troupes destinées aux expéditions coloniales ou pour les personnes qui habitent des localités particulièrement menacées; d’autre part, pour le personnel des hôpitaux de typhiques, personnel qui paie à la fièvre typhoïde un tribut excessivement lourd. Les vaccinations effectuées en grand nombre dans ces derniers mois, tant au Val-de- Grâce (Vincent) qu’à l’Hôtel-Dieu (Chante messe), spécialement sur les membres du corps médical et sur d'autres sujets très exposés à la contagion, permettent de croire que la méthode des inoculations préventives ne tardera pas à se répandre.

Il est désirable que les sujets inoculés ne soient pas exposés à la contagion ou à l’infection, avant que l’immunité soit acquise; dans la pratique, il faut compter un mois environ.

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