I. — BACTÉRIOTHÉRAPIE ET TOXINOTHÉRAPIE
De rares essais ont été faits dans le but de traiter la fièvre typhoïde par des cultures microbiennes. C’est ainsi que Rumpf a tenté d'inoculer aux malades des cultures stérilisées de bacille pyocyanique. Quelques auteurs ont inoculé des cultures du bacille d'Eberth luimême.
La fièvre typhoïde étant une maladie à évolution subaiguë, les réactions d’immunisation consécutives à l’inoculation de faibles doses
BACTËRIOTHÉRAPIE ET TOXINOTHËRAPIE.
de vaccins peuvent avoir quelque chance d’intervenir assez tôt pour aider à la guérison. Dans ces derniers temps, et après que Chantemesse eut fait connaître que son sérum provoquait une augmentation marquée de l’indice opsonique, il a paru à divers auteurs que l'injection de vaccins typhiques pourrait avoir le même résultat et, peut-être, les mêmes eflets.
Dans cet ordre d’idées, Kruger injecte aux malades une émulsion de bacilles typhiques dans l’eau physiologique, après avoir fait traverser pendant vingt-quatre heures celte émulsion par un fort courant électrique ; suivantAschoff, le courant électrique transformerait la toxine en toxoïde, inolfensive et immunisante. L’injection aurait produit une chute rapide de la température; les malades guérirent.
E. Frankel utilisa des cultures de bacille typhique tuées à 60°, injectées sous la peau à petites doses; la typhoine de Petruschki est un produit analogue, renfermant environ 100 millions de bacilles tués par centimètre cube, et inoculée dès les premiers jours, en répétant l’inoculation tous les trois jours. Chez les sujets ainsi traités, la fièvre s’abaisse et la durée de la maladie serait moindre.
Richardson emploie une culture de bacille typhique, en bouillon, vieille de six semaines et filtrée; ce produit, non toxique, injecté dans les premiers jours de l’affection, amènerait la guérison en douze à vingt jours ; la méthode serait à utiliser chez les typhiques au début, ou chez les convalescents en imminence (?) de rechute, mais elle est malheureusement contre-indiquée chez les malades profondément intoxiqués, c’est-à-dire chez ceux qui ont le plus besoin d’un traitement efficace.
Plus récemment, Smallman, liollis ont inoculé le vaccin de Wright, ou un produit analogue. Les inoculations ont été bien supportées; elles ont amené, en général, une chute de température, mais cette dernière se relève ensuite, et il faut renouveler alors les injections, jusqu’à ce que l’apyrexie soit définitive. Par ce procédé, Smallman a perdu 3 malades sur 34, soit une mortalité clinique de 8, 3 p. 100 ; Mollis, plus heureux, a vu guérir 16 malades traités par le vaccin, alors qu’il y avait 4 décès sur 21 malades traités par les méthodes habituelles.
11 manque incontestablement à la vaccinolhérapie antityphique des bases précises, tant au point de vue clinique qu’au point de vue expérimental. Elle aura toujours l’inconvénient d’ajouter une intoxication supplémentaire et plus ou moins brutale à l’intoxication préexistante ; pour cette raison, et tout au moins avec les procédés préconisés jusqu’ici, elle semble inférieure à une sérothérapie bien comprise.
E. SACQVÉPEE. — SÉROTHÉRAPIE ANTITYPHIQUE.