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TOXINE CHOLÉRIQUE

trouvé dans les cultures en milieu liquide ne serait autre chose que la toxine déjà plus ou moins modifiée de cadavres microbiens, mise en liberté après lamortet la destruction de ceux-ci. 11 a plias tard mieux précisé son idée ; le poison cholérique, tel qu’on peut l'obtenir par les différentes méthodes préconisées, n’est pas une vraie toxine, mais bien une endotoxine. On pourrait à première vue croire que le différend entre ceux qui considèrent le poison cholérique comme une vraie toxine et ceux qui en font une endotoxine n’est pas aussi profond qu’il paraît; car, en définitive, il est certain que la toxine est élaborée dans la cellule vibrionienne et toute la querelle se réduirait à savoir à quel moment elle en sort. En réalité, la divergence est beaucoup plus importante, car, d’après Pfeiffer, une endotoxine serait incapable de provoquer chez l’animal la formation d’une antitoxine vraie, active contre cette endotoxine. Pour Pfeiffer, le sérum préparé avec l’endotoxinecholérique, étant fortement bactéricide, pourrait tout au plus exercer une certaine aclion favorable au début de la maladie, quand l’empoisonnement n’est pas encore produit, et avoir uneapplication importante dans l’immunisation préventive contre le choléra. Il lui conteste, par contre, toute efficacité dans la période algide, lorsque la maladie est déjà très avancée.

La grande autorité du savant de Breslau donne évidemment une haute importance à l’opinion qu’il soutient et qui est d’ailleurs partagée par un certain nombre de savants.

De toute façon, l’étude du sérum anticholérique continue à être poursuivie très activement. Employé dans le traitement du choléra humain, il a donné des résultats encourageants dans les cas relativement peu nombreux dans lesquels il a été convenablement appliqué.

Employé sur une plus grande échelle, il est à espérer qu’il ne tardera pas à donner la véritable mesure de son efficacité, ce qui coupera court aux discussions et aux objections doctrinaires dont il est l’objet.

Nous devons, en tout cas, étudier dans ce chapitre :

1° La préparation et les caractères de la toxine cholérique, telle que nous l’obtenons dans les différents milieux de culture préconisés ;

2° La façon d’immuniser les animaux en vue d’obtenir un sérum antitoxique ;

3° Le dosage de l’activité du sérum ;

4° L’action du sérum vis-à-vis de l’infection et de l'intoxication cholérique expérimentale;

o° Son efficacité à titre préventif et curatif dans le choléra humain.

Toxine cholérique. — Dès sa première publication, dans laquelle il annonçait la découverte du vibrion cholérique, Koch

H4 SALI M BENI. — SÉROTHÉRAPIE ANTICHOLÉRIQUE.

avait déclaré que le choléra devait être considéré comme un empoisonnement aigu, causé par l’absorption d une substance toxique spéciale élaborée dans l’intestin par le vibrion.

Le fut donc surtout en vue de contrôler l’affirmation de Koch, et de préciser en même temps le rôle du vibrion dans l’étiologie du choléra, que de nombreuses recherches furent entreprises pour tâcher de retirer des cultures cholériques une toxine semblable à celle formée dans l’intestin.

La plupart de ces recherches ne donnèrent pas de résultats bien satisfaisants, et il nous suffira de rappeler seulement en passant les travaux de Nicali et Kietsch, Pouchet, Villiers, Cantani, Kunz, Brieger et Fraenkel, Winter et Lesage, Klebs, Gruber et Sluyt.

Pétri, le premier, en cultivant le vibrion cholérique dans des solutions très riches en peptone (10 p. 100), obtenait une toxine soluble, résistant à la température de l’ébullition, et qu'il regardait comme une toxopeptone.

Les cultures filtrées sur porcelaine renfermaient avec la toxine d’autres substances telles que l’indol, la tyrosine, l’ammoniaque, etc. S’étant assuré que ces différents corps à la dose employée n'avaient pas un pouvoir toxiqu.e notable, Pétri en concluait que les cobayes, qui succombaient après l’injection du filtrat, étaient bien tués par une substance spécifique soluble. La culture entière stérilisée, renfermant à la fois le poison soluble et les corps microbiens, était plus active que le liquide filtré. Celui-ci n’était pas d'ailleurs très meurtrier, car il en fallait 2 centimètres cubes dans le péritoine pour tuer un cobaye de 200 grammes environ, avec de l'hypothermie et tous les autres signes de l’empoisonnement cholérique.

Hueppe, frappé de ce que, dans l’intestin des malades atteints de choléra, le vibrion se développe dans un milieu albumineux et privé d’air, essaya, avec Schofl, de reproduire des conditions analogues, en faisant la culture dans les œufs. Après quinze jours d’étuve à 37°, le contenu des œufs était versé dans l’alcool et le précipité obtenu, une fois desséché, était traité par l’eau pour dissoudre la toxine. Quelques centimètres cubes de celle solution, injectée dans le péritoine de cobayes. les plongeaient instantanément dans un état soporeux et les faisaient périr en quelques minutes.

Gruber et Wiener reconnurent plus tard que la mort foudroyante des animaux n’était pas due au poison cholérique, mais à l’action de l’alcool et de l'hydrogène sulfuré, qui restaient dans la liqueur injectée. Des œufs non ensemencés, restés à l’étuve quinze jours et traités de la même façon, donnaient un produit aussi toxique.

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