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TOXINE CHOLÉRIQUE

Gamaléia (1) décrivit plusieurs toxines cholériques. Il cultivait le vibrion de Kocli dans du bouillon de pied de veau ; les cultures, après un séjour de quinze jours à l’étuve à 37», étaient abandonnées à la température ordinaire pour laisser le temps, au poison contenu dans les corps des microbes, de diffuser dans le liquide. Dans ce liquide de macération, il trouvait deux poisons; l’un, thermolabile et capable de provoquer la diarrhée chez les lapins; l’autre, thermostabile et capable d’intoxiquer les lapins sans amener de selles liquides.

L’idée que la toxine cholérique est adhérente aux corps mêmes des vibrions, d’où elle ne sortirait qu’après la mort et la destruction de ceux-ci, fut plus tard adoptée et soutenue par Pfeiffer et ses élèves.

D’après cet auteur, l’action toxique des vibrions est due à un poison contenu dans les corps mêmes des microbes, et qui doit très vraisemblablement exister comme un des éléments constituant le protoplasma bactérien.

Ce poison, qu’il appelle primaire, se transformerait par l’action de l'alcool fort, de l’ébullition, ou d’un chauffage prolongé à G0°, en un poison secondaire, beaucoup moins actif.

L’étude de la toxine cholérique en était là, lorsque la découverte du pouvoir antitoxique des sérums fit entrevoir la possibilité d’obtenir un sérum antitoxique efficace dans le traitement du choléra humain.

Pleiffer (2) se mit aussitôt à l’œuvre et poussa aussi loin que possible la vaccination des animaux (cobayes et chèvres) avec les corps de vibrions qui, seuls, pour lui, nous venons de le voir, représenl aient le vrai poison cholérique. Le sérum ainsi obtenu par Pfeiffer se montra très préventif vis-à-vis de la péritonite vibrionienne, mais absolument nul au point de vue antitoxique.

Essayé par Metchnikoff à tiLre préventif et curatif dans le choléra intestinal des jeunes lapins à la mamelle, ce sérum ne donna aucun résultat. Ce premier échec ne découragea pas les expérimentateurs. La vaccination par les corps des microbes s’étant montrée inellicace, on sellorçade préparer une toxine cholérique soluble, avant de penser à attaquer avec chance de succès le problème d’un sérum antiloxique pour le choléra.

Hamsun (3), le premier en 1893, annonçait qu’après beaucoup d essais, il était parvenu à ex Irai rodes cultures cholériques en bouillon

(D -jre/i. de mcd. expérimentale , 1802.

(-’) Zeitschrift f. Ilyijiene, 1895, vol. XX. — üeutsr.h. mcd. Wochens., 1806, n°s 7-8

(8) Deutsch. med. Wochens., 1895, n° S.

416 SALI M BENI. — SÉROTHÉRAPIE ANTICHOLÉRIQUE.

un poison soluble d’une grande activité. Il affirmait en même temps qu’en accoutumant les animaux à l’action de ce poison il avait obtenu un sérum antitoxique.

Pfeiiïer (1) s’éleva contre les affirmations de Ramson et, bien que celui-ci n’eût donné aucun détail sur la façon de le préparer, il affirma que le poison soluble obtenu par Ramson n'était pas la vraie toxine cholérique, mais sans doute une modification de celle-ci.

Quant aux propriétés antitoxiques du sérum, il ne les croyait pas supérieures à celles du sérum normal provenant de divers animaux.

Le mémoire de Metchnikofï, Roux et Salimbeni (2), dans lequel étaient indiqués tous les détails de la méthode qui leur avait permis de préparer la toxine cholérique soluble et d’obtenir un sérum antitoxique, parut quelques mois après.

Sans prendre parti en faveur de l’une ou de l’autre des opinions en présence sur la nature de la toxine cholérique, MetchnikofT. Roux et Salimbeni affirmaient cependant que la production de ce poison, résistant à la température de l’ébullition et à effet très rapide chez les animaux sensibles, devait être considérée comme intimement liée au pouvoir toxigène du microbe d’une part, et d'autre part à la composition du milieu de culture et aux conditions spéciales dans lesquelles la culture est faite.

Le sang des animaux qui ont reçu de la toxine cholérique, disaientils, fournit un sérum dont le pouvoir antitoxique spécifique est d’autant plus actif que l’immunisation a été poussée plus loin.

Plus tard, Brau et Denier (3), adoptant la technique de Metcluiikotf, Roux et Salimbeni, ont obtenu sur un milieu spécial, quenous décrirons plus loin, une très bonne toxine cholérique.

Kraus (4) a pendant longtemps contesté tout pouvoir toxigène aux vibrions cholériques vrais.

Bien plus, en se basant sur le fait que le vibrion de Nasik. qu'il ne reconnaît pas comme cholérique, donne en milieu liquide un poison très actif, il en avait conclu que tout vibrion donnant un poison soluble ne devait pas être considéré comme un vrai cholérique.

Plus lard, en opérant avec des vibrions authentiques isolés par Beau en Indo-Chine, et que nous avons mis a sa disposition, il a pu se convaincre que les vrais cholériques donnent aussi un poison soluble.

(1) Loc. cil.

(2) Ann. de l'Inst. Pasteur, 1896, n° ».

(lî) Ann. de l'Inst. Pasteur. 1906.

(1) Lkvaditi el Kkaiis, Handlmch der Teclinik u. Method die lmiminiüitseharclning, 1907, p. 177, 178 et suiv.

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