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MORTS

MORTALITÉ p. 100.

Voie sous-cutanée

Voie intrapéritonéale

Voie endoveinouse

Technique de l’injection intraveineuse. — Voici en quelques mois comment on procède aux injections intraveineuses. Calmelle et Salimbeni préfèrent les veines de la face antérieure du poignel ou de la face dorsale de la main. Ces veines, facilement accessibles chez les personnes de race blanche, sont beaucoup plus difficiles à mettre en évidence chez les sujets à peau très pigmentée. Thiroux, dans ce cas, recommande de choisir les veines de l’avant-bras qui reposent sur des aponévroses résistantes.

Le sérum, qui devra servir à ces injections, sera d’une parfaite limpidité et tiédi d’avance. S’il contient un précipité albumineux, on prendra soin de le décanter ou de le filtrer sur ouate hydrophile stérilisée.

Après avoir fait une légère compression du bras pour bien faire saillir les veines, on introduira d’un coup l’aiguille dans la veine choisie. La gouttelette de sang qui viendra sourdre à l’extrémité libre de l’aiguille indiquera que l’on est bien dans le vaisseau, puis on adaptera la seringue remplie de sérum et purgée de toute bulle d’air. 11 n’y aura plus qu’à faire cesser la compression du bras et à pousser l’injection avec une extrême lenteur.

line goutte de collodion, déposée sur la petite plaie faite par l’aiguille, servira de pansement.

La technique est donc des plus simples, et cette voie d’introduction du sérum, même à doses élevées, n’a jamais été la cause de suites opératoires graves, et c’est à elle que devront toujours et sans hésiter recourir ceux qui auront à soigner des pestiférés.

Action thérapeutique du sérum antipesteux. — L’action du sérum est évidente dans les manifestations de la peste. Sous son influence, les symptômes s’amendent. Laprostralion profonde eL l’hébétude caractéristique que l’on observe chez le pestiféré diminuent pour disparaître complètement. Le calme succède au délire. Le myocarde, si souvent touché dans l’intoxication pesteuse, reprend son énergie primitive. La tension artérielle augmente : le pouls se

4*6 DUJARDIN- BEAU METZ. — SÉROTHÉRAPIE ANTIPESTEUSE.

régularise et ce signe est des plus favorables dans le pronostic de la maladie.

La température, jusque-là élevée, atteignant et même dépassant 40°, s’abaisse de deux degrés et peut revenir à la normale, surtout après 1 emploi des injections intraveineuses. Cependant cet abaissement thermique n’est que passager et la fièvre réapparaît, si les injections ne sont pas renouvelées.

Mais, c est surtout à la suite des injections intraveineuses à doses massives que les symptômes s’amendent brusquement dans une véritable crise.

Le malade, après l’injection, présente une agitation extrême, le pouls s accélère et devient filiforme, un nystagmus intense altère sa physionomie, la cyanose se généralise, le patient délirant fait des efforts pour se lever. Il est baigné de sueurs profuses et secoué de frissons violents accompagnés de mouvements incoordonnés. Dans çci tains cas, surtout chez les traités ayant déjà reçu précédemment des injections préventives, la réaction augmente d'intensité» la respiration devient stertoreuse. Puis le calme revient; le pestiféré éprouve une sensation de bien-être indéfinissable, et la chute de la température annonce la guérison prochaine.

L’action sur les bubons se manifeste par la disparition des douleurs spontanées si vives au niveau de ces engorgements ganglionnaires.

Enfin, en moins de vingt-quatre heures, les germes pesteux dispalaissent de la circulation sanguine, et l’examen du suc ganglionnaire permet de constater 1 englobement des cocco-bacilles par les cellules polynucléaires.

Il est bon d ajouter que, tant que l’hypertrophie ganglionnaire persiste, l'emploi des injections sous-cutanées doit être continué pour éviter une rechute possible au cours de la convalescence.

Quant aux accidents sériques, ils se bornent aux œdèmes, érvthèmes eL arthralgies que l’on observe couramment après l’emploi des sérums thérapeutiques. Leur intensité n’a aucun rapport avec les doses injectées et la voie d’introduction utilisée, et ces inconvénients de la sérothérapie, qui ne sont imputables qu'aux produits toxiques contenus normalement dans le sérum sanguin du cheval, comptent pour peu de chose lorsqu’on leur oppose la valeur incontestable du remède.

En résumé, dans l’état actuel de nos connaissances, le seul traitement véritablement efficace de la peste est la sérothérapie appliquée par voie intraveineuse.

I ouïes les autres médications employées, telles que levure de bière,

VACCINATION ANTIPESTEUSE. 447

collargol, sels arsenicaux, injections antiseptiques, n’ont été qu’illusoires et n’ont pas réussi à faire fléchir le taux élevé de la mortalité.

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