II. — VACCINATION
Dans la prévention de la peste, la sérothérapie donne une garantie certaine, mais de bien courte durée, puisque déjà après une dizaine de jours toute immunité a disparu. D’autre part, l’usage répété du sérum peut être la cause d’accidents sériques qui se manifestent dans les jours suivants et qui apparaissent avec une rapidité et une intensité d’autant plus grandes que les injections sont renouvelées plus souvent, surtout lorsque l’espace de temps laissé entre elles est de quelque durée.
Par suite de ces inconvénients anaphylactiques inhérents à l’emploi du sérum équin, il y a donc lieu, pour la prophylaxie de la peste, d’avoir recours à des méthodes de vaccination proprement dite, capables de donner une immunité s'effectuant, il est vrai, plus tardivement que celle conférée par le sérum, mais par contre d’une durée plus longue et pouvant persister pendant plusieurs mois.
Le principe de la vaccination antipesteuse est déjà ancien; on savait depuis longtemps que la peste ne récidivait pas et que ceux qui avaient subi une première attaque, même légère, étaient à l’abri d’une nouvelle atteinte. Ces personnes devenues réfractaires étaient employées de préférence pour donner des soins aux pestiférés.
Quant à la pensée de donner, comme dans la variolisation, une maladie bénigne par inoculation de virus pesteux, Wespremi dès 1755 et Samoïlowitz en 1781 y avaient fait allusion; mais c’est seulement au début du xixe siècle que quelques audacieux mirent en pratique cette idée et tentèrent l’inoculation de pus bubonique comme moyen prophylactique contre le fléau qui ravageait alors la région méditerranéenne.
On crut bon d’associer au pus pesteux des produits qui, dans la pensée de ces précurseurs, devaient neutraliser l’action du virus. Comme les varioleux, croyait-on, jouissaient d’une immunité certaine à l’égard de la peste, Valli inocula en 1803, à Constantinople, 24 personnes avec un mélange de lymphe variolique et de pus provenant d’un bubon.
L’huile, qui était aussi considérée comme un remède efficace, fut associée à des produits virulents et inoculée ainsi par Sola à Tanger (1818). De toutes ces tentatives, aucune ne fut suivie d’accident.
Il n’en fut pas de même en Égypte, où 5 personnes sur 6 mou-