‹ Médicaments microbiensChapitre 171 sur 216 · DUJARDIN-BEAU METZ. — VACCINATION ANTIPESTEUSE · texte numérisé non relu

DUJARDIN-BEAU METZ. — VACCINATION ANTIPESTEUSE

rurent de peste à la suite d’inoculations pratiquées par Ceruti 11824

L’oubli se lit sur ces premiers essais de prophylaxie et ce n'est qu après la découverte du bacille de la peste et les expériences de vaccination sur les animaux, faites par Yersin, Calmetle et BorreJ, que l’on songea à appliquer chez l’homme des méthodes analogues u celles jusque-là employées dans les laboratoires.

Préparation des vaccins antipesteux. — Les procédés proposés pour lobtenlion des vaccins antipesteux sont nombreux, comme on peut en juger d’après la liste suivante dans laquelle ces vaccins ont été groupés et décrits selon le mode de préparation adopté.

Cultures chauffées. — L’ « antiplague prophvlaclic >< de llaffkine (1), qui a été le premier vaccin appliqué aux Indes sur une grande échelle, consiste en cultures de peste en bouillon tuées par chauffage. Le bouillon est préparé d’une façon spéciale, afin de ne pas aller à l’encontre des croyances religieuses des sectes de l'Inde. Comme il est impossible de se servir de peplone commerciale à base d’estomacs de porcs, on peptonise de la viande maigrede chèvre 1 kilogramme) en présence d’acide chlorhydrique (80 centimètres cubes) à la température de 70° pendant trois jours. Cette macération après chauffage à 100° est additionnée d’eau jusqu’à concurrence de trois litres. Ce bouillon neutralisé est réparti en ballons et stérilisé. Après ensemencement, on ajoute une trace d’huile de coco, afin de faciliter la formation du voile. Les ballons sont placés dans de vastes chambres et y séjournent pendant huit semaines à 27°-30° température moyenne de Bombay). En vue d’augmenter la richesse bactérienne par formation de voiles successifs, les cultures sont agitées à plusieurs reprises.

Puis les ballons subissent un chauffage à 60° pendant un quart d’heure, et les cultures sont additionnées ensuile d'acide phénique dans la proportion de 1/2 p. 100. La répartition du vaccin se fait dans des tubes à longue effilurc que l’on scelle. Dix jours après, ces tubes sont secoués afin île faire pénélrer quelques gouttes de liquide dans la partie effilée que l’on sépare ensuite d’un trait de chalumeau, formantainsi une ampoule qui sera conservée pour un contrôle ultérieur. Le vaccin n’est livré que deux mois après la répartition, en ayant eu soin de pratiquer auparavant l’examen bactériologique d’une certaine quantité des ampoules témoins. Les plus grandes précautions sont donc prises, afin d’éviter la contamination du liquide vaccinal qui pourrait être la cause d’accidents post-opératoires chez les inoculés.

(I) Haffkike, The plague prophvlaclic fluid (Brit. mcrl. Journal, 1897). — Haffkisf., On tlie présent condition of manufacture of the plague prophvlaclic, Bombay, 1900.

Page 1