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PRÉPARATION DES VACCINS. CULTURES CHAUFFÉES

Le dosage de la lymphe Ilaffkine est hase sur la température de la réaction vaccinale chez l’homme, qui ne doit pas dépasser 102° lu (env. 39° C.). Ces inoculations d’essai ont été pratiquées sur une douzaine de sujets et ont permis de fixer une dose « Standart » dont l’opacité, dépendant de la richesse microbienne du milieu, sert à étalonner le vaccin. La dose fixée pour 1 homme est de 5 centimèties cubes.

.latla et Maggiora (1) proposent, pour accélérer le développement microbien, de faire des cultures en bouillon en couche très mince. De cette façon, déjà au bout de quatre jours, le milieu est suffisamment riche pour être utilisé. Après avoir été chauffé à 65° et additionné d’acide phénique, il peut être injecté à 1 homme à la dose de 1 centimètre cube.

Gosio (2) emploie de même les cultures en couche mince. Pour précipiter la substance active, il se sert de sérum antipesteux fortement agglutinant. La masse bactérienne, rassemblée et séparée du liquide ambiant, subit un chauffage à 65“ pendant une heure. Le sérum ne joue dans cette préparation qu’un rôle mécanique pour faciliter la récolte des microbes, car la température élevée à laquelle est porté le vaccin détruit toute l’antitoxine contenue dans le sérum.

L’auteur, pour s’assurer de l’efficacité de la stérilisation et rendre évidente une contamination possible, ajoute à son vaccin une trace de tellurate de potasse. La présence de germes étrangers est décelée par la présence de flocons brunâtres. Cette réaction très sensible s’obtient avec des doses infinitésimales (1 pour 100000). La dose vaccinale pour l’homme serait évaluée à 2 ou 3 centimètres cubes représentant environ 3 milligrammes de substance bactérienne desséchée.

La Commission allemande (3), composée de Gaffky, Pfeiffer, Sticker et Dieudonné, et envoyée dans l’Inde pour l’étude de la peste, reconnut la supériorité des cultures sur milieu solide pour l’obtention rapide d’un vaccin antipesteux. Après avoir étudié comment se comportent les émulsions microbiennes en présence d’agents chimiques, elle remarqua que l’acide phénique, même en solution étendue à 1/2 p. 100, détruit la substance immunisante si les cultures sont vivantes et récentes; au contraire, elle reste intacte si la solution phéniquée est ajoutée à ces mêmes cultures préalablement tuées ; d’ou la recommandation de ne mettre cet antiseptique qu’après chauffage. Le chloroforme tue le bacille et épargne la substance

(1) Jatta et Maggiora, Vaccinazioni e sieroprofilassi nella infezione pestosa, Roma, 1904.

(2) Gosio, Zeits. f. Hyg., 1905, B. L., p. 519.

(3) Bericht der deutsch. Pesllcommission. Arb. aus dem liais. Gcsund/ieitsamtc, B. XVI, 1899.

Médic. microbiens, 2e édit.

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Aiicünanle. Mais, cest aux émulsions microbiennes tuées par la chaleur que la Commission donne la préférence, et, après en avoir contrôié l’action sur les singes, estime qu’un tube de culture sur gélose est la dose à employer dans la vaccination humaine.

Ce procédé n’est autre que celui dont on fait usage depuis longtemps a 1 Institut Pasteur pour l’immunisation des chevaux en vue de l’obtention du sérum antipesteux et qui consiste en cultures faites sur gélose en boîtes de Roux. Le vaccin se fait de même. Après la récolte microbienne par raclage, l’émulsion est chauffée au bainmarie à 05° pendant trois quarts d’heure. On l’additionne ensuite d’eau physiologique à 7 p. 1000, dans une proportion telle que les microbes recueillis dans chaque boîte soient dilués dans 200 centimètres cubes de liquide. Comme une culture en boite équivaut à 45 à 50 centigrammes de corps microbiens desséchés, chaque centimètre cube représentant une dose contient environ 2msr,5 de substance active.

Cette émulsion répartie en tubes subit un nouveau chauffaee à 65° pour assurer la pureté du vaccin qui n’est d'ailleurs additionné d’aucun antiseptique.

Le procédé de 1 Institut de Manguinhos, à Rio-de-Janeiro, se rapproche du précédent. Le dosage se fait d une manière plus rieourcuse. Un volume déterminé d’émulsion microbienne est desséché et on se base sur le poids exact des corps microbiens pour ajouter la solution saline, de telle façon que 2“srj5 de substance immunisante soient contenus dans 2 centimètres cubes de liquide, dose pour l’homme adulte; 1/2 p. 100 d’acide phénique est ajouté en outre au vaccin brésilien.

Extraits microbiens. — Lustig et Galeolti (1) emploient des agents chimiques pour extraire des corps microbiens la substance toxique et vaccinante. Les bacilles pesteux provenant des cultures de quarante-huit heures sur gélose sont mis en contact avec une solution de potasse caustique à 0,75 p. 100 et y sont laissés pendant douze heures à une température basse (I0°-12°).

La dissolution microbienne, qui est muqueuse et opalescente, est neutralisée avec de l’acide acétique ou chlorhydrique, et le précipité floconneux, qui se forme, est recueilli sur filtre, desséché dans le vide sulfurique et pulvérisé. Cette nucléo-protéide ainsi obtenue contient la substance vaccinante. Pour l'emploi, cette poudre est redissoute dans une solution de carbonate de soude à 1 p. 100 et donnée chez l’homme à la dose de 2 à 3 milligrammes.

(1) Lustig cl GiLEorri, Dcutsch. mal. U'oc/i., 1897, p. 277 et 289.

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L’Institut de Berne (Tavel, Krumhein et Glücksmann) (1) a proposé une variante à ce procédé. La culture utilisée, qui est une culture en bouillon, datant de un mois et chauffée comme dans la méthode préconisée par llaffkine, est additionnée de sulfate d’ammoniaque. Le précipité obtenu est redissous dans une solution potassique à i p. 100. La neutralisation se fait au moyen d’acide acétique, et la suite de l'opération est analogue au procédé précédent.

On peut aussi mentionner l’action immunisante de produits solubles provenant des corps microbiens. Le filtrat des cultures en bouillon datant de plusieurs semaines contient une toxine active pour la souris et te rat, et capable de vacciner les animaux moins sensibles. Il en est de même de l’endotoxine extraite par macération des microbes recueillis sur gélose et tués à une température peu élevée (60°). Enfin les corps microbiens eux-mêmes, devenus « atoxiques », après macération, jouissent de propriétés vaccinantes (Besredka) (2).

Exsudats chauffés. — Terni et Bandi (3) injectent dans le péritoine de cobaye ou de lapin de petites quantités de cultures de peste sur gélose diluées dans du bouillon. La péritonite consécutive provoque la mort en trente-six ou quarante-huit heures. On sacrifie l’animal pendant l’agonie, afin d’empêcher la transmigration dans le péritoine des microbes intestinaux. On recueille soigneusement la sérosité abdominale en la délayant dans de l’eau physiologique si elle est trop dense, et on laisse à l’étuve à 37° pendant douze heures, pour activer le développement, des germes. Puis on la soumet à la stérilisation fractionnée, en l’exposant pendant deux jours consécutifs et pendant deux heures chaque jour à la température de 50°-52°. On obtient ainsi une stérilisation certaine du vaccin et on empêche la coagulation des séro-albumines qui y sont contenues. On y ajoute ensuite 0,3 p. 100 de solution aqueuse d’acide phénique, 0,25 p. 100 de carbonate de soude et 0,75 p. 100 de chlorure de sodium, afin d’empêcher la souillure possible du vaccin et d’en faciliter l’absorption.

La dose fixée pour l’homme est de 2 centimètres cubes à 2,5 cenmètres cubes.

Terni et Bandi font valoir la supériorité de leur vaccin en ce que l’immunité qu’il confère s’établit plus rapidement qu’avec les vaccins précédents. Les animaux vaccinés, inoculés quatre jours après, résistent à l’infection expérimentale, alors qu’avec les cultures

(1) Tavel, Krumbkin el Glücksmann, Zcits. f. Hyg., B. XL, 1902.

(2) Besredka, Ann. Inst. Pasteur, 1905, t. XIX, p. 477.

(3) Terni et Bandi, üeutsch. mcrl. Woch., 1900, p. 403.

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chauffées l’immunité n’est manifeste qu’après dix à douze jours.

O1 2 3 4’ on sait aujourd hui, à ia suite des expériences de Bail. que les exsudais péritonéaux el pleuraux d’animaux, ayant reçu dans ces séreuses des cultures, contiennent une substance toxique et vaccinante provenant des corps microbiens injectés el que l’on désigne sous le nom d ’agrepsine; les résultats encourageants de Terni et Handi s’expliquent par la présence de celte substance dans leur vaccin.

Ilueppe et Kikuchi (1), répétant les expériences de Bail, ont recherché si l’agressine pesteuse seule pouvait être employée comme vaccin. Les résultats chez les animaux sont médiocres el aucune vaccination n’a été faite chez l’homme, d’après ce procédé.

Organes d’animaux. — Klein (2) prélève, chez les cobayes morts de peste, les bubons, rate, poumons el foie, les coupe en tranches minces qu'il fait dessécher en présence d’acide sulfurique à la température de 46°-47° pendant trois jours. Ainsi traités, les bacilles pesteux sont tués. Puis ces organes desséchés sont broyés, pulvérisés et soumis à une nouvelle dessiccation pendant deux ou trois jours à 37°.

Pour l’emploi, il émulsionne dans l'eau physiologique et, d’après les expériences sur les animaux, il évalue à 3 à 7 milligrammes la dose à injecter chez l’homme.

Mallanah (3) utilise de même les organes de lapins, non pas morts de peste, mais, au contraire, solidement immunisés par des injections répétées de cultures chauffées, puis vivantes. Les animaux sont sacrifiés; les ganglions, rate, foie et capsules surrénales, sont broyés el desséchés à 47° pendant trois à six jours. Les résultats expérimentaux ont été peu satisfaisants.

Cultures vivantes atténuées. — Songeant à l’emploi, pour la prophylaxie de la peste, d'un procédé applicable à la façon delà vaccination jennérienne, Yersin (4), en collaboration avec Carré, rechercha dans les anciennes cultures sur gélose des colonies microbiennes atténuées. 11 obtint ainsi une race dénommée C, tuant 20 p. 100 des rats inoculés et vaccinant ces animaux dans la proportion de 90 p. 100. Yersin a d’ailleurs essayé sur lui-même l’action de ce bacille atténué, en s’inoculant à la lancette. Il n'a eu ni nodule local, ni bubon correspondant. Un peu de courbature et de fièvre le deuxième jour ont été les seuls symptômes généraux observés.

(1) Hdeppk et Kikdchi, Centrant, f. liakt. Orig., 1905, p. 610.

(2) Klein, Jirit. med. Journal , 1906, p. 155.

(3) Mallanah, Centralbl. f. liakt., 1906, p. 471.

(4) Yersin et Carri>, Congrès int. méd., Paris, sous-sect. coloniale, 1900, p. 54.

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