B. — MÉTHODE DE JENNÉRISATION DES BOVIDÉS DE BEHRING
La période vraiment intéressante et féconde des expériences de vaccination sur les grands animaux commence avec Behring qui, en 1902, fait connaître la méthode qu’il a d’ailleurs improprement désignée sous le nom de « Jennêrisation des Bovidés ». Celle-ci consiste à inoculer à deux reprises aux jeunes veaux, par voie intraveineuse, avec un intervalle de six semaines à trois mois entre chaque injection, une petite quantité (4 milligr. d’abord, puis 20 milligr., poids à l’état sec) d’une culture de bacilles tuberculeux d’origine humaine entretenue depuis de longues années au laboratoire, puis desséchée dans le vide, et dont la virulence est extrêmement réduite pour le cobaye.
Depuis lors, cette méthode a fait l’objet de nombreuses expériences et d’importantes applications sur le bétail, particulièrement de la part d’Ilutyra, de Thomassen, de Eber, de l 'Office impérial de sanie de Berlin , de Rossignol et Vallée en France, de S. Belfanti et S lazzi en Italie, de Degive, Slubbe, Liénaux et Mullie en Belgique, etc...
11 est parfaitement établi que le « bovovaccin » de Behring confère aux bovidés une résistance appréciable aux divers modes d'infection naturelle ou artificielle ; mais cette résistance, de brève durée puisqu’elle n’excède guère douze à quatorze mois, manifestée — tant qu’elle persiste, — par l’absence plus ou moins complète de lésions tuberculeuses, ne va pas jusqu’à permettre à l’organisme de résorber Médic. microbiens, 2" édit. 30
les bacilles virulents d’épreuve, ni même ceux introduits comme vaccins.
Les uns et les autres sont retenus au moins en partie, pendant des mois, dans les ganglions (trachéobronchiques et médiastinaux pi incipalement) et restent là, prêts à signaler plus ou moins bruyamment leur présence par des désordres anatomiques, lorsque la résistance artificiellement conférée par 1 injection vaccinale est sur le point de fléchir.
L imperlection des résultats obtenus par la méthode de Behring a déterminé beaucoup d expérimentateurs à chercher des modifications susceptibles d en accroître l'efficacité ou d'en restreindre les inconvénients.