ANOMALIES
Bùclère, Chambon et Ménard (1), soit en réinoculant l’animal un, deux, trois, etc., jours après une première vaccination ; à partir du neuvième jour, d’après Itisel (2), on ne reproduit que la vaccinoïde. Dans des expériences récentes, Von Pirquet (3) a constaté que les sujets, revaccinés peu de temps après une vaccination positive, réagissent par des manifestations précoces dans leur apparition et hâtives dans leur évolution ; il donne à ces manifestations les dénominations de n'ncli'ni nréolairc précoce ou de réaction papuleuse précoce, toutes deux identiques aux vaccinoïdes. Ces manifestations atypiques révèlent une résistance particulière de l’organisme à la nouvelle infection, c’est-à-dire l’immunité.
Il semble donc incontestable que celte vérité doit être admise : la vaccinoïde est une forme delà vaccine. Elle indique simplement une immunité partielle préalable du sujet; la vaccinoïde a corn piété cette immunité. Au point de vue pratique, la vaccinoïde esL un «succès», c’est-à-dire qu’elle est le témoignage d’une vaccination positive.
Anomalies. — L’évolution dans le temps des éléments de la vaccine ou de la vaccinoïde se fait presque toujours comme il vienL d'être dit. Parfois, sur une série d’inoculations, les unes évoluent normalement, d’autres sommeillent quelque temps pour ne commencer leur éclosion qu’au moment où les premières sont à leur déclin (Bousquet) ; on aurait vu aussi le vaccin évoluer régulièrement, se dessécher, pour évoluer ensuite à nouveau, et en quelque sorte renaître de ses cendres immédiatement (Frébault) ou au bout de quelques mois (Rilliet et Barthez).
Tout aussi curieux sont les faits dans lesquels la pustule tarde à se montrer, — faits de Vaccine lente.
Les anciens auteurs ont constaté que les fièvres éruptives, rougeole et scarlatine, s’opposent au développement du vaccin, qui reprend une fois l’exanthème passé (Trousseau) ; dans le même sens agissent la médication mercurielle, le soufre en usage externe, les purgatifs énergiques, etc. Ce retard est fréquent chez les nouveaunés, de même que chez les enfants débiles (Layet). 11 s’observe parfois sans cause apparente, l’éruption se faisant attendre quinze et trente jours (Bousquet), bien plus même : car, dans un cas de Pinth (cité par Warlomont), les points d’inoculation restèrent vierges d’éruption pendant dix mois, pour évoluer normalement ensuite.
Dans ces faits, tout au moins, l’éruption existe. En certains cas,
(1) Hkclère, Chambon et Mknaiid, Annales Inst. Pasteur , 1896 h. 1899.
(2) Risf.l, cité par Kei.sch, Rapport sur la vaccine, 1904.
i3) Von Pibquet, Die frühzeitigc Reaktion bei (1er ^chuUpockemmpfung ( Wiener félin . Wochenschrift , 12 juillet 1906).
E. SACQÜÊPÊE. — VACCINATION ANTI VAKIOLIQI.'K .
l'éruption même l'ail défaut, malgré que le sujet soit vacciné. L'épisode le plus connu dans cet ordre d'idées est rapporté par Tréluyer; à Nantes, en 18215, 60 enfants furent vaccinés au cours d'une épidémie de variole ; la plupart présentèrent, les premiers jours, quelques phénomènes généraux (frisson, céphalée, lièvre, etc. , mais il n'y eut pas de boutons. On revaccina, on variolisa même plusieui > des sujet' précédents, sans succès. 11 existerait donc dos" vaccinse sine vaccinis . de même qu il existe des lièvres éruptives sans éruption: mais, danl’histoire de la vaccine, ces faits sont infiniment rares.
Moins exceptionnels que les précédents sont les cas dans lesquels l’éruption, outre les puslules au point d’inoculation, comprend d’autres pustules, dites surnuméraires , en dehors des points inoculés. Il s’agit alors de Vaccine généralisée (I); et on s’accorde a reconnaître que la généralisation peut se faire par deux mécanismes différents : ou bien le virus a envahi l’organisme entier, pour remise fixer secondairement sur la peau, c’est la vaccine généralisée spontanée ou fièvre éruptive vaccinale ; ou bien le virus a été transporté de la pustule initiale à l’aide des doigts, vêtements, etc., du malade ou de son entourage, c’est alors la vaccine généralisée par autoinoculation.
Dans la première forme, vaccine généralisée spontanée, l’éruption surnuméraire se montre parfois contemporaine de l’éruption primitive, comme aussi elle peut retarder sur elle de quatorze jours (Dardignac : mais le plus souvent elle se lient entre ces deux dates extrêmes, elle se montre le septième ou le huitième jour : taches rouges d’abord, puis papules, vésicules, finalement pustules vaccinales typiques.
Cette évolution des pustules surnuméraires, parfois normale, est d’habitude suffisamment accélérée pour qu’en deux ou trois jours elles en soient à la même étape que les boulons d’inoculation.
Après une nouvelle phase de développement, dès le quinzième ou seizième jour, l’éruption s’efface, laissant après elle quelques croi'ites. mais la cicatrice est généralement insignifiante.
L’éruplion peut être plus ou moins riche, tantôt discrète, tantôt cohérente, tanlôt confluente, à tel point qu’on peut à peine compter les pustules. C'est dans ces derniers cas surtout que les phénomènes généraux prennent toute leur ampleur; ces troubles se montrent d’habitude avec l’éruption surnuméraire, du septième au neuvième jour, et consistent en fièvre modérée, anorexie, etc. Parfois ils affectent un caractère exceptionnel de gravité : la fièvre est
(I) Jeanselme, Gazette des hôpitaux, 1822.