MESURE DU POUVOIR ANTITOXIQUE DU SÉRUM
ce qui donne un total de 17 centimètres cubes du mélange contenant 17 unités. En prenant 1 centimètre cube, on aura 1 unité ou l.E.
Avec cette unité de mesure, on détermine d’abord la limite mortelle ou L + d’une toxine X.
Dans la pratique, voici comment on opère : on prend un I. E. et on mélange cette unité à 1 centimètre cube de toxine, puis, à 0,9; 0,8 ; 0,5; 0,1 ; le mélange est ramené à un volume toujours le même : 4 centimètres cubes.
Ces 4 centimètres cubes sont inoculés sous la peau à des cobayes dont le poids est voisin de 300 grammes.
En suivant l’expérience, on voit que tous les cobayes de 1 à 0,5 meurent en moins de 4 jours ;
Que le mélange l.E. -f 0,4 de toxine lue en 3 jours 1/2 ;
Que le mélange l.E. + 0,3 lue en 4 jours -1/2.
La limite L +, qui, par définition, est pour une toxine la quantité X dont le mélange avec l.E. tue un cobaye en 4 jours, se trouve donc entre 0,4 et 0,3.
Alors on recommence l’expérience et on prend LE. + 0,31 ; 0,33 ;
0. 35; 0,37 ; 0,39; et on voit que le mélange LE. -1- 0,35 tue le cobaye en 4 jours.
Pour plus de précision, on inocule 3 cobayes avec des mélanges de
1. E et 0,33; 0,34; 0,35; 0,36; 0,37 de toxine; et on voit que 0,35 est bien le L 4-.
Quand L-|- est bien déterminé, on dose alors le nouveau sérum de la façon suivante : on mélange dans un verre L -t- soit 0,35 de toxine, avec 1 centimètre cube d’une solution de sérum au deux centièmes, on inocule le mélange à un cobaye. Si le cobaye meurt en moins de 4 jours, c’est que le sérum a moins de 200 unités.
Pour rechercher 300, 500, 1000 unités, on fera des solutions de sérum au 1/300, au 1/500, au 1/1000.
Dans la pratique, voici comment nous opérons ; nous essayons le sérum de tous les chevaux à 200et300 unités ; nous rejetons tous ceux qui ne tiennent pas à 200 unités antitoxiques au centimètre cube.
Les sérums peuvent avoir 500 unités, lorsqu’ils sont très actifs; quelquefois, mais très rarement, on a eu des sérums titrant 1 000 unités.
Valeur des sérums. — La méthode d’Ehrlich, telle que nous venons de l’indiquer, est actuellement universellementadoptée pour doser les sérums antidiphtériques, et on dit couramment : tel sérum litre 200, 500 unités d’Ehrlich.
Sans préjuger la question de savoir si les sérums qui ont les plus fortes unités sont les meilleurs en thérapeutique, nous devons indi-
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quer quelle est, d’après nos expériences, la meilleure méthode pour obtenir de fortes unités.
M. Prévôt a fait à Garches des expériences comparatives en inoculant des chevaux avec de la toxine iodée, et d'autres avec un mélange de sérum et de toxine suivant le mode indiqué plus haut; les essais de sérum ont été pratiqués par le Dr Georges Loiseau. Voici les résultats :
Avec la toxine iodée, on a inoculé 17 chevaux du 30 janvier au 14 mai, soitpendantl03 jours ; ils ont reçu environ 1 300 centimètres cubes de toxine et à l’essai
2 tiennent à 300 unités.
3 tiennent à 200 —
11 tiennent à 100 —
1 ne tient pas à 100 —
En suivant la méthode de Park (sérum et toxine mélangés), on voit qu’en 55 jours, 14 chevaux reçoivent 2 905 centimètres cubes de toxine et à l’essai
tient
1000 unités
tient
tient
tient
• tient
tient
tiennent
tiennent
ne tiennent pas à 100 —
En comparant les résultats des deux essais, il est manifeste que la méthode de Park permet de gagner du temps (55 jours au lieu de 103 jours) et que les résultats sont meilleurs.
Étude comparative des pouvoirs préventif et antitoxique. — Nous avons fait, avec nos collègues L. Momont et G. Loiseau. de nombreux essais pour savoir s'il y a parallélisme entre le pouvoir préventif et le pouvoir antitoxique.
Pour apprécier le pouvoir préventif, nous avons injecté, vingtquatre heures après l’injection de sérum, I 3 de centimètre cube d’une culture en bouillon franchement alcalin, fait avecde la peptone Chapoleaut et qui reste vingt-quatre heures à l’étuve. Le microbe employé est le 261 qui a servi à produire nos premiers sérums.
Nous donnons ci-dessous des expériences portant sur les trois chevaux 19, 40 et D. 29. Les tableaux ont été dressés par M. Prévôt. Il est facile de voir que le cheval 19 qui, le 30 septembre, a 300 unités, a un sérum préventif à 1/250000, comme le cheval P. 29 qui, le 24 octobre, n’a plus que 50 unités.