Z4IX
Nombre de jours après la dernière injection
+ Mort en moins de 96 heures O Œdème ® " " plus " " " I Bien
Maximum (lu pouvoir antitoxique. — Dans les tableaux que nous avons publiés, il est facile devoir que ce maximum se trouve entre le quatrième et le douzième jour ; c’est du reste ce qui arrive le plus ordinairement. Dans les nombreuses courbes que nous avons, nous pouvons citer deux exemples où le maximum du pouvoir préventif se trouve le deuxième jour qui suit la dernière injection de toxine. Si l’on ne tenait compte que du pouvoir antitoxique d'un sérum, c’est à ce moment qu’on devrait saigner le cheval ; mais il faut ne pas oublier que, sitôt après l’injection des toxines, les sérums peuvent être toxiques; c’esL du reste, un point que nous étudierons plus loin ; aussi, à l’Institut Pasteur, recule-t-on la saignée jusqu’au huitième et dixième jour, après la dernière injection de toxine. Peutêtre même y aurait-il intérêt, pour avoir des sérums moins toxiques, à retarder la saignée; cela serait possible pour certains chex aux qui conservent longtemps leur pouvoir antitoxique ; ce serait impossible pour le plus grand nombre, car, le plus souvent, après le quinzième jour, le pouvoir antitoxique diminue rapidement, comme nous le voyons sur les courbes ci-dessus. Le pouvoir préventif au contraire persiste plus longtemps.
Propriétés secondaires (lu sérum antidiphtérique. -
Lorsqu’on i mm uniscleschevauxavec destoxines diphtériques filtrées
PROPRIÉTÉS secondaires du sérum.
on trouve constamment dans le sérum des animaux immunisés un pouvoir préventif et un pouvoir antitoxique, mais on ne peut pas toujours obtenir un pouvoir agglutinant ou mettre en évidence l’existence d'une sensibilisatrice ou d’une action bactéricide. Ces pouvoirs n’existent que dans les sérums des chevaux qui ont reçu les corps des microbes. C’est pour cela qu’ils ont été méconnus au début de la sérothérapie.
Action agglutinante. — C’est S. Nicolas qui, le premier, a reconnu cette propriété du sérum antidiphtérique, en 1897.
Les premiers résultats de Nicolas n’ont pas été admis par tous les auteurs, car il y avait des difficultés de deux ordres : d’abord tous les sérums ne sont pas agglutinants : en second lieu, pour mettre en évidence cette propriété, il faut avoir des bacilles bien émulsionnés, et les bacilles diphtériques dans le bouillon ordinaire s’agglutinent naturellement. Dans ses recherches, Nicolas se servait d’un sérum préparé avec la toxine diphtérique. 11 est bien vrai qu’on peut obtenir un pouvoir agglutinant avec une toxine diphtérique qui est restée longtemps à l’étuve et qui contient des débris microbiens ; mais avec une culture jeune et filtrée sur bougie Chamberland, on n’a pas de pouvoir agglutinant ; par contre, on obtient des sérums toujours aggluLinants quand on injecte aux chevaux, soit dans les veines, soit dans le péritoine, des corps de microbes vivants ou tués par la chaleur ; avec des bacilles inoculés sous la peau, on a des escarres ou des abcès, et le sérum ne devient pas très agglutinant.
Pour reconnaître le pouvoir agglutinant, il faut une émulsion de microbes diphtériques. On peut l’obtenir en délayant dans de l’eau physiologique une culture sur milieux solides ; mais, si l’on ensemence du bacille diphtérique dans des bouillons glucosés à 2 p. 100, on obtient souvent une culture trouble avec laquelle on peut très bien étudier l’agglutination. Enfin on aura facilement une très fine émulsion de microbes tués de la façon suivante : on recueille les microbes diphtériques qui se trouvent dans les ballons servant à préparer la toxine diphtérique ; ces microbes sont chauffés à 100° et conservés. Quand on veut s’en servir, on les émulsionne dans de l’eau physiologique, en agitant fortement les microbes dans l’eau ; on laisse ensuite reposer ; un grand nombre de bacilles se déposent, mais le liquide surnageant est uniformément louche et reste louche plus de vingt quatre heures; en présence du sérum agglutinant, les microbes en suspension se déposent et le liquide s’éclaircit rapidement.
Avant de terminer l’étude de l’agglutination, disons que l’on a cherché si le sérum des malades atteints de diphtérie était aggluti- Médic. microbiens, 2« édit. 1 1
102 LOUIS MARTIN. — SÉROTHÉRAPIE ANTIDIPHTÉRIQUE.
nant ; on espérait obtenir un sérodiagnostic ; mais tous les auteurs s’accordent pour reconnaître que le sérum des malades n'a pas de pouvoir agglutinant.
Nous devons rappeler aussi que, dans la question si délicate des bacilles pseudo-diphtériques, on a essayé de différencier les vrais diphtériques d’avec les pseudo par l’agglutination. Lesieur fl , qui a étudié cette question, conclut que beaucoup de bacilles non virulents dits « pseudo-diphtériques » se comportent vis-à-vis du sérum spécifique comme les bacilles de Klebs-Loffler.
Recherche des sensibilisatrices. — Comme la substance agglutinante, la sensibilisatrice ne se trouve que dans les sérums des animaux immunisés avec des corps microbiens. Ces sensibilisatrices ont été étudiées par Lambotte (2) ; il s’est servi delà méthode de Bordet- Gengou. On trouve toujours des sensibilisatrices dans les sérums des chevaux qui ont reçu des corps microbiens.
Comme pour le pouvoir agglutinant, on a recherché si la sensibilisatrice existait chez les malades ; on ne l’a pas trouvée. On a essayé de différencier les pseudo-diphtériques des vrais diphtériques et on arrive à des résultats incertains.
Pouvoir bactéricide. — Nicolas, depuis 1895, a étudié dans une série de travaux le pouvoir bactéricide du sérum antidiphtérique et il a trouvé que le sérum peut atténuer la virulence du bacille diphtérique ou même la faire disparaître. 11 affirme, en outre, que l'on peut constater la disparition de la végétabilité de cet agent pathogène lorsqu’on utilise le sérum antidiphtérique comme milieu de culture (3).
Ces recherches sont difficiles à répéter et méritent d'être reprises avec plus de précision en se servant de sérums frais ou en ajoutant de l’alexine à de vieux sérums ; en étudiant la question, nous avons vu une seule fois les bacilles diphtériques perdre leur végétabilité dans le sérum antidiphtérique ; nous n’avons jamais pu reproduire l’expérience.
Diverses propriétés du sérum antidiphtérique, leurs l'elations. — Lorsqu’on immunise les chevaux avec des toxines fraîches, leur sérum est anlitoxique et préventif, peu ou pas agglutinant et dépourvu de sensibilisatrice.
Dans les sérums préventifs et antitoxiques, ces deux propriétés ne présentent pas une courbe absolument parallèle, comme on a pu le
t) Lesieuti, Les bacilles pseudo-diphtériques, Paris, 1902 — On y trouve la bibliograph e de la question des pseudo-diphtériques.
(2) CentralblaU f. Ilakteriologit , 1901, n° 22.
(3) Nicoi.ns, Archives de pharmacodynamie, 1S97, p ISS.