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CHOIX DK LA VACCINATION

plus d'un million cl (ItMui de vaccinations. On I roiivtira, d'ailleurs, dans It; lal)l('au ci-joinL l(( détail de ces statisti(iiies, d'ai)rès ies- ([uclles il sera facile de porter un jugement (|ui ne peut être que Irès l'avorable à celte niétliode.

Les autres procédés do vaccination ont été appli(iués sur l'homme. Le vaccin Terni-Handi a été utilisé à IUo-de-.lan(!iro où, suivant llavelburg, plusieurs centaines de personnes ont été vaccinées avec des exsudats chaufles. Parmi ces inoculés, aucun cas ne l'ut observé, alors que sur une population totale de 7:;0 000 habitants, IISO personnes contractèrent la peste.

A San Nicola (La Plata), 200 personnes furent injectées avec le vaccin de Lustig sans qu'aucun cas consécutif ait été constaté.'

Les cultures vivantes et atténuées ont été employées aux Philippines sur 200 personnes par Strong, sans accident. Shiga s'est servi de son séro-vaccin au .lapon, et les microbes sensibilisés de Besredka ont été appliqués avec succès au Mexique et au Pérou.

iMais c'est surtout aux cultures chauffées et émulsionnées d'après le procédé de la Commission allemande qu'on s'est, dans ces derniers temps, adressé le plus souvent : 200 000 Japonais ont été vaccinés de cette manière et, au Brésil, le vaccin préparé d'une façon analogue par l'Institut do Manguinhos a été mis à contribulion d'une façon systématique et a rendu les plus grands services.

Choix de la vaccination. — A quel mode de vaccination doiton recourir dans une épidémie de peste? Le sérum antipesteux, comme moyen préventif, ne donne qu'une immunité fugace et la répétition des injections entraîne l'apparition des accidents sériques toujours à redouter par suite de la sensibilité croissante du vacciné à l'égard du sérum équin. La sérothérapie préventive ne doit donc être appliquée que. dans des conditions bien limitées, lorsqu'on a besoin de conférer une immunité rapide et de courte durée, et quand on a la certitude queles injections ne seront pas renouvelées, par exemple si la peste éclate à bord d'un bateau. Dans ce cas, l'équipage et les passagers recevront une injection de 10 centimètres cubes de sérum et débarqueront, sans être soumis à aucune quarantaine. Cette simple intervention les mettra sûrement à l'abri d'une infection qu'ils auraient pu contracter à bord du navire contaminé.

En plein foyer pesteux ou dans un pays où la peste est à l'étal endémique, il y a lieu de faire usage des vaccins antipesteux, comme l'Inde et le Brésil en fournissent l'exemple. Mais à quel ])rocédé faut-il donner la ])référence? La liste des vaccins est longue et variée. Cependant il y a avantage à choisir celui dont la fabrication

346 DUJARDTN-BEAUMETZ. — VACCINATION ANTIPESTEUSE.

sora la plus rapide, oi, la plus simple, el le vaccin préparé avec des cul I lires sur gélose chaulFées est, semble-l-il, la méthode de choix. Vin uioins de quatre jours, il est possible d'avoir à sa disposition toute la quantité de vaccin nécessaire.

La vaccination des personnes exposées par leur profession à une contagion continuelle, telles que médecins, personnel hospitalier, déslnfecteurs, etc., est plus délicate, car, dans ce cas, on demande au vaccin une immunité à la fois rapide et durable. Les .séro-vaccins et les microbes sensibilisés auront ici leur emploi justifié, à condition toutefois que, pour les inoculations suivantes qui devront être renouvelées pour assurer une vaccination solide, on ne féra usage que de vaccins anlipesteux ne contenant pas trace de sérum, afin d'éviter les accidents d'anaphylaxie consécutifs. C'est un point sur lequel on ne saurait trop insister en matière de prévention antipesteuse.

En résumé, le sérum antipesteux est le seul j-emède efficace dans le traitement de la peste et doit être réservé exclusivement à cet usage, alors que l'emploi des vaccins antipesteux permettra de restreindre la morbidité dans une certaine mesure, car il ne faut pas compter sur eux pour supprimer la peste dans un pays où elle sévit à l'état endémique. 11 suffit de citer l'exemple de l'Inde, où, malgré l'efficacité incontestable des inoculations hall'kiniennes, la peste fait encore chaque année un million de victimes.

La véritable prophylaxie antipesteuse effective consiste dans l'extermination des rats, seuls propagateurs de cette maladie, et c'est en ayant recours à cette pratique systématique qu'il sera possible de faire disparaître définitivement la peste, dont l'extension devient de jour en jour plus inquiétante.

VACCINATION ET SÉROTHÉRAPIE ANTICHOLÉRIQUES

l'Ail

Le D'^ A. -T. SALIMBENI.

ChoT (le liibornloirc du l'Inslitut l^istiuir.

Le choléra, est une maladie infeclieuse exclusive à riiommo, due à la localisation et à la puUulalion dans l'intestin d'un microbe spécial, le vibrion cholérique, découvert par Koch en 1883.

Les différents remèdes préconisés en vue de prévenir et de combattre le choléra nécessitant l'emploi de cultures pures de vibrions cholériques, nous devons, avant, (oui passer rapidement en revue les moyens par lesquels on peut arriver à caractériser un vibrion et reconnaître sa nature cholérique.

Diagnostic bactériologique des vibrions cholériques. — Ce fut en se plaçant sur le terrain d'un monomorphisme étroit, que Koch crut pouvoir affirmer la spécilicité du vibrion dont il avait i-emarqué la présence exxlusive el constante dans les déjections des cholériques.

Pour Koch, le vibrion cholérique représentait en effet une espèce tout à fait particulière, très différente et toujours nettement distincte des autres bactéries.

D'après les caractères fixés, dès le début, par son auteur, la distinction du vibrion cholérique semblait donc chose facile et simple.

Plus tard cependant, avec le perfectionnement des méthodes, la grande analogie du vibrion de Koch avec beaucoup d'autres vibrions, amena toutes sortes de complications et de discussions.

Convaincu lui-même du peu d'importance des caractères différentiels signalés, Koch spécifia plus lard qu'une virulence déterminée et la réaction indol nitreuse suffisentà distinguer le vibrion cholérique. On reconnut bientôt le peu de valeur de ces caractères.

De toute façon la difficulté du diagnostic ne se présentait à cette époque qu'à propos des vibrions des eaux, caria plupart des auteurs étant convaincus du rôle étiologique du vibrion de Koch, la spécificité des vibrions provenant des malades atteints de choléra ne faisait de doute pour personne.

La valeur cholérique d'un certain nombre de vibrions provenant

348 SALI M BENI. - VACCmATION ANÏICHOLÉ RIQ UE .

(les cas l-yi)i(|uos do cliolôra, no commença à élre conteslée qu apii'-s l'applicalion d'un nouveau moyen d'investigation pi'éconisé par i'I'eifl'er et Issac/F (1). D'après ces auteurs, le caractère le plu-; sûi' pour distinguei- un vihrion cholérique devait être fourni par lu propriété préventive du sérum des animaux vaccinés. Si le sérum i'ourni par uu animal vacciné contre un vibiion cholérique esL capable de préserver un animal neuf contre le vibi'ion misa l'étude, celui-ci appartient certainement à l'espèce cholériijue; dans le cas contraire il doit être considéi'é comme non cholérique.

C'est ainsi que PfeilTer et Issaelï séparèrent des vrais cholériques, un certain nombre de vibrions que Pfeiffer lui-même avait auparavant reconnus comme étant des cholériques authentiques.

Peu après, en poursuivant ses recherches sur l'immunité antivibrionienne, Pfeid'er (2) fut amené à constater la transformation en granules spliériques que subissent les vibrions injectés dans la cavité péritonéale de cobayes activement ou passivement immunisés.

Cette transformation, connue dans la science sous le nom de phénomène de Pfeiffer, a reçu, grâce à sa spécificité, une large application dans le diagnostic bactériologique des vibrions.

Gruber et Durham (3) enfin, en se basant sur la spécificité du pouvoir agglutinant du sérum des animaux immunisés, découverte par Bordet (4), proposèrent l'agglutination comme moyen de diagnostic non seulement pour le choléra, mais aussi pour le b. typhi'jue et le b. coll.

Depuis l'application, au diagnostic, de l'agglutination et du phénomène de PfeitTer, le nombre des vibrions, isolés de cas typiques de choléra au cours de différentes épidémies et non reconnus comme cholériques, a considérablement augmenté. On explique ce fait, à première vue paradoxal, en admettant que, dans Fintestin des cholériques, à côté du vibrion qui a causé la maladie, peuvent se trouver d'autres vibrions non cholérigènes, et que c'est sur une colonie de ces derniers qu'on est tombé en faisant l'isolement.

Nous ne pouvons pas discuter ici la valeur de cette hypothèse que nous accepterons jusqu'à nouvel ordre. 11 faudra, par conséquent, toutes les fois qu'il s'agira de préparer un vaccin ou un sérum contre le clioléra, s'assurer avant tout que le vibrion choisi est agguliné et donne le phénomène de Pfeiifer en présence du sérum spécifique. L'une des deux réactions serait à la rigueur suffisante : car

(1) Dculsclm mcdic. Woc/iriisr/ii-., 1S91, n° K). (-2) Zeitschr.f. Hygiène, I.S94, t. XVI, p. iil. (li) Mituckiier me<lic. W'ocheiischr., 1S!)G, p. i'S.".. (1) .1/1/1. ilt'l'liisl. Pfislciir, juin ISOo.

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