PRÉPARATION DE LA TOXINE DIPHTÉRIQUE
400", 011 (lélmit ainsi la pepsine en excès ; puis on le passe au tamis ou mieux on le fillie sur une couche de coLon hydrophile peu épaisse et peu serrée, on chaulle le liquide liUré et on l'alcalinise au moment où le li(iuide atteint environ 80". Dans le liquide, de gros flocons se l'orineut (pii le clai-ilient.
Après l'alcalinisation, on liUre le houillou sur papier. UnelqUe- Ibis le bouillon de panse est louche; si on cliaullc à 120" cela n'a pas d'importance, car le houillou se clarilie à Vautoclavc. Si on veut seulement chaull'er à 100°, il l'aul avoir soin de bien écumer le bouillon comme on écume un pot-au-feu, puis on le laisse refroidir et on enlève la graisse solide qui surnage. Si, malgré ces précautions, le liquide était louche, on le clarifierait sûrement en ajoutant, avant de l'alcaliniser, un fragment de chlorure de calcium et immédiatement après un morceau de phosphate de soude.
Une pratique meilleure est de chaull'er la macération d'estomacs de porcs tous les deux jours à lOO" ; après trois ou quatre chaulTages, le liquide se clarilie très facilement ; ensuite chaull'er à 120", filtrer sur papier, répartir dans les vases de culture et stériliser en chaufTanl un quart d'heure à 11b".
Le liquide obtenu par cette auto-digestion de l'estomac est une véritable solution de peptone, dans laquelle le bacille diphtérique se développe bien, sans fournir d'acide; la peptone ainsi préparée donne des résultats plus constants que les peptones commerciales dont la composition est si variable.
Macération de viande. — Voici la technique que nous conseillons : hacher de la viande de veau, mettre 50 grammes de ce hachis par litre d'eau, chauffer à 37" et placer le tout à l'étuve pendant vingt heures, exprimer la viande et ajouter 5 grammes de sel marin par litre.
Mélange. — A cette macération de viande ainsi préparée, on ajoute parties égales de bouillon d'estomac de porc alcalinisé et filtré sur papier.
Le mélange pai- parties égales de macération de viande et de bouillon d'estomac de porc, est chaufTé à 70" pour coaguler les matières albuminoïdes, puis filtré sur papier et neutralisé exactemeht; on ajoute alors les 7 centimètres cubes de soude normale par litre et on stérilise par filtration sur bougie Chamberlànd, soit par chaufTages discontinus à 100", soit par chaufTage à l'autoclave; (piand on veut obtenir une toxine très forte, il vaut mieux stériliser par filtration, mais dans la pratique, il est plus simple de se servir de l'autoclave.
Dans le milieu ainsi prépai'é,le bacille diphtéri(|ue ne pousse [dus
138 LOVIS MAUfJN. — SÉROtlIJÎHAPlK ANl'IDII'lITÉRIQUK.
un pcliLs aiiius (|iii siî déposent an iond dn vaso, mais les microbes, en se. développant, forment, nn voile à la surface du litpiide; dans les premiers jours le voiler lomhe ci se ('(d'orme, après (juinze jours le voile ne se reforme [dus.
Avec le milieu que nous venons de décrire, on ])cut supprimer le courant d'air que préconisaient MM. Rou.x et Yersin, faire des cultures en profondeur et avoir cependant plus l'apidement des to.xines plus actives.
Milieux sans viande. — Beaucoup de travailleurs, pour étudier la production de lu to.xine diphtérique, ont essayé de ])i'épai'er, pour le bacille diphtérique, une sorte de liquide Raulin dans le(iuel tous les éléments seraient dosables. On espérait ainsi suivre leur transformation et savoir desquels dérive la toxine diplitéri(pie.
Les milieux qui ont été proposés ne permettent pas d'obtenir en général des toxines très actives, mais comme les essais pouiTont être améliorés, nous devons donner la composition des milieux les ])lus connus.
Milieux de M. Nicolle. — Maurice Nicolle a proposé un milieu qui contient différents sels, des peptones et de la gélatine liquéfiée pai- le sitbliiis ; voici sa formule :
Eau Q. S. pour porter ii 1000 grammes.
Peptone Chapoteau ou de Asclimann 20 —
Sel marin S —
l'iiosphate bipotassique - —
Asparagine 2 —
Laclate d'ammoniaque 3 —
Phosphate disodique 1 —
ïartrate de potasse 1 —
Sulfate de magnésie 1 —
Gélatine liquéfiée par le suhlilis 150 — (I)
Dans ce milieu, la culture du bacille se fait pendant très longtemps et la toxicité augmente. Avec ce procédé, M. Nicolle a obtenu une toxine active au millième de centimètre cube api ès cinquante jours de culture (Communication de l'auteur).
Ouchinski (2) avait proposé pour l'étude des toxines du choléra et de la diphtérie un milieu où tous les aliments étaient dosables ; voici sa formule :
(1) Faire de In guliilinc h l e.iu 10 p. 100, ajouter un dixième de bouillon, aloaliniscr, répartir en nacons, stériliser, ensemencer avec une culture en bouillon de xi/i/iVis, enlever de 1 etuve après trois à quatre jours.
(2) Ool;ul^sKl, Archives de miidccinc expérimentale, 1893, p. 203.