‹ Médicaments microbiensChapitre 89 sur 163 · TRAITEMENT DE LA DYSENTERIE CHEZ L'HOMME · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA DYSENTERIE CHEZ L'HOMME

tloiilouiouxet les signes d'inloxicalion. La IVoqucncc des déjections niiico-sanglantes est, en olVet, [iros([U(( toujours en mppoi-L avec la

Jours

Uû

ÎO ZO iO

Ni

Kig. 8 et 9. — Dysenteries graves

diffusion cl l'intensité des lésions du gros intestin. Chaque exonération étant douloureuse par elle-même et suivie de ténosme, on

246 VA/LLAJîD ÉTDOPTER. — SIÎROTHIÎRAPIE ANTID YSENTÉRIQUK.

conçoit que ccUe fréquence des selles, suiiout quand leui- nonibie s'élève à 80, 150, 200 et môme plus par vingt-quatre heures, constitue un des tourments les pluscruels pour les malades etune cause d'épuisement nerveux. Do mémo l'acuité etla l'épétition des coliques abdominales se proportionnent trèsgénéralementà l'étendue et à la gi-avilé des altérations de la muqueuse; le retour de ces tranchées si douloureuses est parfois à ce point subintrant qu'il ne laisse pour ainsi dire aucun répit au dysentérique. Enfin l'envahissement copieux de l'intestin par le bacille pathogène donne lieu à de l'intoxication (jui se traduit par les signes suivants : vomissements, hoquet, hypothermie, pâleur plombée de la face, faiblesse du pouls, anéantissement des forces, amaigrissement rapide, etc. Tous ces troubles réunis concourent à faire de la dysenterie une affection particulièrement impressionnante dans sa phase aiguë ; et celle-ci, pour les cas traités par les moyens usuels, peut durer de six à vingt jours, parfois plus encore et aboutir aussi à une phase chronique.

D'une manière constante, peu d'heures après l'injection du sérum, les malades éprouvent un réel sentiment d'euphorie : les douleurs abdominales, le ténesme et les épreintes s'apaisent déjà, puis, sauf pour les cas les plus graves, disparaissent presque toujours dans les vingt-quatre heures qui suivent. Parallèlement, les troubles intestinaux subissent une modilication remarquable. Les déjections cessent d'être sanglantes. Leur nombre, si élevé soit-il au débuldu traitement, fléchit d'une manière brusque, profonde, et, par une détente rapide que les courbes des figures 10 à 19 inscrivent d'une manière saisissante, s'abaisse bientôt à quelques unités. Souvent aussi, quarantehuit heures après la première injection, les selles deviennent moins glaireuses, prennent le caractère fécaloïde et ne tardent pas à se réduire à une évacuation quotidienne d'apparence normale. L'état général et les symptômes d'intoxication ne sont pas moins vite influencés. Le vomissement et le hoquet, s'ils existent, s'arrêtent rapidement ; l'algidité centrale ou le refroidissement périphérique, très communs dans les dysenteries sévères et graves, font place a une température normale en même temps que le pouls se relève ; la face perd son teint plombé et son aspect grippé ; à la faiblesse générale et à l'anéantissement des forces succède une sensation de bien-être que les malades opposent en termes saisissants à l'élat antérieur ; l'appétit renaît et réclame aussitôt de la nourriture. La détente est plus lente à se produire dans les cas très graves; elle ne se manifeste guère qu'après quarante-huit heures, mais, une fois commencée, s'achève en quelques jours (Voy. fig. 8 à 16).

La guérison de la dysenterie traitée par les méthodes usuelles

ÎRAiTEMENT DE LA DYSENTERIE CHEZ L'HOMME. Sit

nécessite de dix à quinze jourspourles cas moyens, de vingt à trente

— IKi.

fig. 10. — IJysenlerio grave; .ï» jour; l'ig. 11. — Dyseiiferic grave; 3" jour; deux injections de séaini. deux injections do sérum.

jour.soti plus encore pour les formes graves; la convalescence est, en outre, souvent longue et difficile. Or, chez les sujets soumis au

'248 VAJLLARDETDOPTEn.-SÉROTHÉRAPIE ANTIDYSENTÉRIQUE.

sérum, la guérison esL sui-vonue clans un laps de temps (|ui n'excède guère deux à trois jours pour les cas moyens, trois à quatre joui s pour les cas sévères et quatre à six jours dans les cas graves. Dans les formes qui imposent le pi'ésage d'une issue fatale, la guérison, quand elle se produit, se fait plus longtemps attendre; certains sujets entrent en convalescence du dixième au douzième jour, d'autres du quinzième au vingtième jour.

La durée de rallection se trouve donc très réduite. Dans maints cas pris au début, la dysenterie est réellement jugulée. D'autre part la convalescence est rendue plus courte et plus facile. Dès que les troubles intestinaux ont pris fin, beaucoup de malades rentrent, pour ainsi dire, de plain-pied dans l'état normal et supportent impatiemment le régime prudent qu'on leur impose ; chez la plupart des autres, le rétablissement définitif est complet en huit ou dix jours.

Les rechutes sont rares; elles surviennent du dixième au quinzième jour après la dernière injection de sérum, c'est-à-dire au moment oîi l'action de celui-ci est épuisée.

L'expérimentation montre, en effet, que, chez le lapin, la propriété préservatrice du sérum ne persiste guère au delà de huit à dix jours.

Plusieurs circonstances intentionnelles ou fortuites ont permis de comparer sur le même sujetla valeur des médications traditionnelles et celle du sérum spécifique. 11 s'agissait de dysentériques soumis depuis six, huit et dix jours déjà au traitement par les purgatifs (calorael ou sulfate de soude), par les lavages intestinaux au permanganate de potasse ou à l'eau chaude. La maladie n'était pas amendée ; les coliques, le ténesme et les épreintes avaient persisté au même degré, les selles conservaient leur caractère muco-sanglant. Le sérum est injecté et aussitôt le tableau change : détente brusque et guérison en deux ou trois jours. Le contraste a été frappant.

On conçoit sans peine que le sérum agisse mieux et plus vite que tous les moyens médicamenteux. Ceux-ci n'ont rien de spécifique; ils ne peuvent atteindre le bacille dans l'épaisseur des tissus et n'exercent aucun effet sur ses sécrétions. Le sérum, au contraire immunisel'organisme contre l'agent pathogène etses produits toxiques : par son action phagocy taire, il arrête la puUulation du bacille dans l'intestin et sou antitoxine annihile le poison circulant.

Les effets du sérum se manifesteront d'autant plus rapides et décisifs que l'administration en sera plus rapprochée du début do la maladie, c'est-à-dire lorsque la culture du bacille estrcstreinle a un se-ment limité du côlon et l'intoxication encore nulle ; l'infoction peut être alors immédiatement enrayée. De in l'indication d intervenir le plus rapidement possible après l'apparition des symptômes

TRAITEMENT DE LA DYSENTERIE CttKZlL'ttOMME. 249

initiaux. Les faits établissent cependant (iiu- son eClicacité n'est «"«'l'e moindre aux périodes plus avancées de la maladie. C'est (lu'il n'en est pas de la dysenterie comme des inIVclions essentiellement toxiques (diphtérie, tétanos) ou ra[)idement septicémiques (peste) dans lesquelles d'étroites limites sont imposées à la sérothérapie. En

Jours

Joui's

âù

1^ 30 Si iû

iù iù

— tÇi-

. ftl —

SJ

Fi<,'. \i. — Dysenlei'io grave; 7° jour; trois injections de sérum.

Kig. 13. — Dysenterie grave; 5° jour trois injections (le sérum.

matière de dysenterie, le champ laissé à l'action utile du sérum se montre assez lar^^e parce que Tinfeciion demeure localisée au gros intestin ou à l'un de ses segments etque, d'autre part, l'intoxication ne crée ])as souvent des dangers immédiats. Nous avons vu des sujets traités au huitième, dixième, seizième jour de leur maladie, éprouvei' le soulagement habituel de tous les symptômes et guérir

2èO VA/LLAiîD EtjDÔPfiïlî.-SÊROTHÉTlAPIEANTtDYSENTÉRIQÙE.

Ll'ès rapideiiKMil, 17 et 19). Mais encore le sérum doit-il

arriver à temps, avant la détresse iri'émédiable de l'organisme, à cette période où la défense cellulaire peut bénéficier du secours qui lui arrive. Gomme on ne peut jamais prévoir la gravité ultérieure d'une dysenterie qui commence, il sera toujours prudent d'injecter le sérum de l)onne heure. Encore faut-il aussi que le sérum soit donné en quantité convenable^ proportionnée à l'intensité de l'infection. Si les doses faibles (20 centimètres cubes) suffisent habituellement aux cas moyens, elles restent au-dessous des nécessités dans les formes graves, surtout quand leur début date déjà de plusieurs jours. Ces formes dangereuses réclament impérieusement et d'emblée des doses fortes (50, 80, 100 centimètres cubes), et un traitement intensif : la guérison est à ce prix. Agir autrement, c'est favoriser des insuccès qu'il serait possible d'éviter (voir fig. 17, 18, 19).

Les formes prolongées ou chroniques de la dysenterie bacillaire ne bénéficient pas moins de la sérothérapie que les formes aiguës : des dysenteries ou diarrhées dysentériformes datant de plusieurs mois ont guéri rapidement sous rinHuence du sérum, après avoir résisté jusquelà aux moyens médicamenteux.

Action du sérum sur les différents types du bacille dysentérique. - - Des dillerences biologi(iues d'ordre secondaire ont permis

li. — Oysenlerie grave; 3 trois injections (le sérum.

juin-

Page 1