‹ Médiocre et rampant: ou, Le moyen de parvenir und Encore des ménechmesChapitre 62 sur 98 · SCÈNE VL · texte numérisé non relu

SCÈNE VL

DORSIGNY neveu, Mme DORSIGNY.

, Eh bien! ce mariage?

DN. Eh bien! il ne se fera pas.

MD. Comment! n'avons -nous pas la parole de M. de Lormeuil père?

Quellenschriften 3. 6

DN. Mairt 8<iii ÛU ne peut pas ëponser ma fille.

MD. Kh! pourqii<»iV

DN. Il oHt mort.

MD. Ah! ciel, quel événement!

DN. 11 est aflVeux; ce jeune homme était ce qne soitf lH'au(M)up (le jeunes gens, c'est-à-dire on peu libertii. Vn soir, dans un bal, il faisait la conr à une fort jolie personne, lorsqu'un rival se mêle à la convosation, et se permet des plaisanteries assez impertinentes. Ivc jeune de Lormeuil, vif, bonillant, comiM (»n Test à vingt ans, se croit insulté; justement, fl avait affaire à un spadassin de profession, qui ne se >)at jamais, sans avoir le malheur de tuer son homme; cette mauvaise habitude l'emporta sur Tadresse di tils de mon pauvre ami, qui resta sur la place, pereé de trois coups mortels.

MD. ('onibien son piTC a dû être affligé!

DN. Ah! vous ne vous en faites pas d'idée; et sa mère!

MD. Sa nièreV Mais il me semblait qu'il l'avait perdie cet hiver.

DN. Cet hiver . . . Justement ... Ce pauvre Lormeuil! il perd sa femme lliiver, et l'été, son fils succombe dans un duel. Jugez combien il m'en a conté pour rabandouner à sa douleur! mais vous savez que tous loK otliciers ont ordre de rejoindre du quinze au vingt; c'est aujourd'hui le dix-neuf, je ne fais que passer i Paris, et je repars ce soir pour ma garnison.

MD. Quoi! sitôtV

DN. Que voulez- vous? le devoir . . . Parlons de ma fille.

MD. Klle est bien triste, bien rêveuse depuis votre dépari

DN. »*^avez-vous ce que je soupçonne? que le mariage projot('î n'était pas de son goût.

MD. Vous croyez?

DN. Je n'en sais rien. Mais elle a quinze ans: qui sait si, avant (jue nous lui eussions choisi un époux, elle ne s'était pas aiTangée déjà pour en choisir un autre?

MD. Eh! mon dieu! cela n'amve que trop souvent.

DN. 11 ne faudrait pas contrarier son choix.

MD. Dieu nous en préserve!

Page 1