‹ Méditations chrétiennes. Avec une introd. et des notesChapitre 20 sur 42 · X. MEDITATION · texte numérisé non relu

X. MEDITATION

Pour etre solidement heureux, il faut que les plaisirs soient joints avec cette espece de joie qui ne previent point la Raison, que Dieu seul agit en nous, et y produit et les plaisirs et la joie qui rendent heureux et content. Sagesse et honte de Dieu visible dans les sentiments quil nous donne des objets sensibles en consequence des lois de Vunion de Fame et du corps.

I. Je vous rends graces, ma Raison et ma lumiere, de toutes les verites que vous m’avez enseignees : je les conserve clierement dans cet endroit de ma memoire, oil je renferme ce que j’ai de plus precieux : et je les repasse a tous moments, comme les avares leurs richesses, mais avec d’autant plus de joie qu’il y a de difference entre leurs biens et ceux que vous me donnez. Je sais, mon unique Maitre, qu’il n’y a que vous qui eclairez

les esprits; quelle est la maniere, quels sont les sujets dont je dois vous interroger, et quel est le caractere particulier, par lequel on discerne vos reponses de toutes celles que rendent vos creatures : je suis convaincu que vous avez cree tous les etres par une puissance a qui rien n’est capable de resister, et que vous les gouvernez avec une Sagesse qu’on ne peut assez admirer. Continuez,je vous prie, de m'instruire : je veux invinciblement etre beureux : en quoi consiste le bonheur : quel est celui de qui je puis l’esperer; et que dois-je faire pour l’obtenir.

II. Si tu fais quelque reflexion sur ce que tu sens en toi-meme, tu reconnaitras sans peine, qu’il n’y a que le plaisir et la joie actuelle qui rendent actuellement beureux et content. Tout plaisir rend beureux ceux qui en jouissent dans le moment qu’ils en jouissent, et il les rend d’autant plus beureux qu’il est plus grand. Mais il ne les rend solidement beureux, que lorsqu’il est joint avec la joie, laquelle seule rend Fesprit content.

III. Le plaisir est un sentiment qui toucbe et qui modifie Fame, qui la surprend, et previent la Raison, et qui 1 avertit, mais d’une maniere fort confuse, que le vrai bien est present. Car enfin le plaisir quel qu il soit ne peut etre produit en Fame que par

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celui qui, etant au-dessus d’elle, peut agir en elle, et la rendre heureuse. Mais le plaisir ne fait mdlement connaitre quel est celui qui agit veritablement en Fame, quelle est la cause qui le produit : de sorte que les hommes s’imaginent sans reflexion que le premier objet qui se presente directement a leurs sens dans le meme instant qu’ils sentent quelque plaisir, est la veritable cause qui le produit en eux. Ils s’approchent de cet objet par le mouvement de leur volonte, comme par celui de leur corps : et parce qu’ils sentent dans cette approche une augmentation, et ensuite quelque continuation du meme plaisir, ils demeurent unis de corps et d’esprit a ce meme objet, et se confirment ainsi dans leur erreur sur le temoignage de leurs sens. Neanmoins comme l’esprit ne voit point clairement que les objets sensibles soient de vrais biens; comme la foi, la Raison et l’experience meme s’opposent aux jugements des sens; et que les hommes ne sont point persuades que Faction, par laquelle ils jouissent des plaisirs sensibles, merite d’etre recompensee, quoiqu’ils soient en quelque maniere heureux par la jouissance de ces plaisirs, ils ne sont nullement contents : et s’ils ne sont point contents, tu vois bien qu’ils ne peuvent etre solidcment heureux. Ainsi afin que tu sois solidement heureux, il faut que ta joie

soit egale a tes plaisirs, et qu’elle les accompagne sans cesse.

IV. Mais prends garde. 11 y a deux sortes de joie. Celle dont je parle est un sentiment qui ne previent jamais la Raison. Cette joie s’excite naturellement dans les esprits par la connaissance qu’ils ont de leurs perfections et de leur bonheur : car des que tu decouvres en toi quelque perfection, ou que tu sens quelque plaisir juste et raisonnable, tu en ressens de la joie. II suffit meme que tu esperes la jouissance de quelque bien solide et raisonnable, afin que tu te trouves agreablement emu de cette espece de joie. Or, lorsque cette joie accompagne sans cesse les plaisirs prevenants, elle rend solidement heureux ceux qui en jouissent. Et de meme que plus les plaisirs prevenants sont vifs, plus le bonheur est grand; ainsi plus la joie, dont je parle, est grande, plus le bonheur est solide.

V. Car tu dois savoir qu’il y a encore une espece de joie qui ne rend point solidement heureux. Cette joie s’excite naturellement en Fame par le sentiment confus de quelque plaisir, dont on jouit ou dont on espere de jouir : elle previent toute connaissance, quoiqu’elle suppose quelque sentiment. Un homme de bonne chere se trouve actuellement a un festin, ou s’attend d’y aller, il

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s’excite en lui une espece de joie qui suppose ou le gout actuel des viandes, ou leur avantgout. Mais cette espece de joie est de meme nature que le plaisir prevenant qu’elle suppose. Elle est entierement sensible, et nullement raisonnable. Elle rend heureux des le moment qu’elle touche l’ame, aussi bien que le plaisir prevenant : mais elle ne rend pas solidement heureux, parce qu’elle me peut pas contenter un esprit raisonnable, qui, voulant etre solidement heureux, ne peut trouver de bonheur que dans la possession des vrais biens.

VI. La Raison de ceci est que tout homme, quelque deregie qu’on le suppose, pourvu neanmoins que la Raison ne soit point entierement eteinte en lui; tout homme, dis-je, sait du moins d’une maniere extremement confuse et obscure, d’un cote que Dieu est juste, qu’il veut 1’ordre, qu’il ne peut recompenser le desordre; et de l’autre que les corps sont indignes d’amour, qu’ils ne peuvent etre le bien des esprits, et qu’ainsi Dieu ne peut rendre heureux ceux qui les aiment. Car on sait naturellement que l’on a un Maitre, que ce Maitre aime l’ordre; et l’on ne s’abandonne jamais a ses passions sans en apprehender les suites.

VIE Lorsqu’un homme affame se repand sur les viandes, ou meme lorsqu’un homme

se rejouit ala vue d’une table bien couverte, et temoigne un peu trop par Fair de son visage qu’il est agreablement surpris; n’est-il pas vrai qu’il cboque les personnes qui aiment sincerement les vrais biens; et qu’il a quelque bonte de lui-meme, s’il fait reflexion que son air joyeux et content a decouvert le dereglement de son amour? Suppose neanmoins que cela ne lui arrive pas a la presence de certains amis, mais devant quelque personne inconnue dont il souhaite extremement de gagner l’estime et les bonnes graces. On ne peut done aimer les corps sans avoir quelque sentiment confus de sa bassesse et de ses desordres, et meme sans apprehender la vengeance d’un Dieu jaloux, qui penetre le fond des cceurs, qui veut etre uniquement aime, et qui n’aime que sa Gloire et la perfection de son Ouvrage.

VIII. Ainsi la joie qui previent la Raison, et qui s’ excite en Fame par le gout ou Favantgout de quelque plaisir sensible, ne peut rendre content un esprit, qui est tellement uni a la Raison ou a Fordre, quelque effort qu’il fasse pour s’en separer, qu’il en regoit sans cesse dans le plus secret de lui-meme, des reproehes et des remords qui le troublent dans ses plaisirs, et qui l’inquietent dans son repos. Car si les hommes ont tant de chagrin lorsqu’ils sont mal dans 1 esprit de

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ceux qu’ils estiment, comment pourraient-ils etre contents, lorsqu’ils sont mal avec euxmemes, ou plutot lorsqu’ils sont mal avec la Raison universelle des esprits, et que par la ils seraient mal dans F esprit de tout ce qu’il y a d’hommes raisonnables, s’ils etaient connus pour ce qu’ils sont? Comment pourraient-ils avoir une joie solide, lorsqu’ils sont mal avec celui qui punit indispensablement tout desordre, mais qui punit des plaisirs, qui ne durent qu’un moment, par des supplices qui ne finiront jamais.

IX. Je comprends clairement, mon unique Maitre, ou plutot je suis convaincu par le sentiment interieur que j’ai de moi-meme, que c’est le plaisir qui rend heureux, et qu’il ne peut rendre solidement heureux celui qui en jouit, s’il n’est accompagne de cette espece de joie qui ne previent point la Raison. Et de laje reconnais qu’il n’est pas possible d’etre solidement heureux par la jouissance des plaisirs sensibles, que la Raison ne goute et n’approuve pas. Car quelle que soit la joie qui accompagne la jouissance de ces plaisirs, bien loin que la Raison la favorise, qu’elle excite au contraire dans le fond du cceur la tristesse son ennemie, qui trouble les plaisirs les plus doux et les plus sensibles. Mais quelle est cette Raison qui produit ou qui excite en moi ma tristesse, et qui s’oppose

a mon bonheur dans le temps qne je jouis des plaisirs? Je vois clairement que ces plaisirs sont deregies, et cette vue trouble ma felicite et ina joie : elle me rend malheureux dans le temps meme que je goute ce qui peut me rendre lieureux. Mais la vue de mes desordres peut-elle agir en moi et changer toutes les modifications de mon etre, malgre Tinclination invincible que je sens en moi pour etre lieureux. II y a la bien des choses que je n’entends pas.

X. Tu seras, mon Fils, bientot eclairci de tes doutes, si tu consultes le sentiment interieur que tu as de ce qui se passe en toi, et si tu te rends attentif a mes reponses. Rentre done en toi-meme pour te sentir et pour m’ecouter, pour consulter ta conscience et ta Raison. Le sentiment interieur que tu as de ce qui se passe en toi-meme, t’apprend que la joie s’excite en ton ame a la vue de tes perfections, et la tristesse a la vue de tes desordres et de tes miseres. Tu sens bien que ces sentiments s’excitent en toi malgre toi. Tu n’en es done pas la cause.

XI. Un homme a le cceur assez corrompu pour vouloir chasser cette tristesse facheuse qui le vient troubler dans ses debauches, et il ne peut la dissiper. Qu’en doit-il conclure? Deux verites essentielles. Prends-y garde. Tune qu’il combat contre un plus puissant

que lui, et l’autre que cet Etre puissant dont il depend veut qu’il soit parfait. Un homme a la vue de son malheur se trouve emu de tristesse, qu’en doit-il conclure? Que celui qui lui donne, ou qui lui conserve l’etre, veut qu’il soit heureux.

XII. Sache done qu’il n’y a que Dieu qui agisse dans les esprits et qu’il veut les rendre tous et heureux et parfaits : heureux par la jouissance des plaisirs, parfaits par la conformite avec l’ordre? Car il n’y a que le gout du plaisir qui rende heureux, comme il n’y a que l’amour de l’ordre qui rende parfait.

XIII. Sache que Dieu n’agit en toi que pour sa gloire et pour ton bien : et parce qu’il est de sa gloire que toi comme son Ouvrage sois parfait, et que e’est ton bien que tu sois heureux, il te rend triste lorsque ton amour est deregie, ou que tu soulfres quelque misere. Mais, parce qu’il aime davantage sa gloire que le bien de sa creature, la tristesse qu il fait sentir aux hommes au milieu de leurs debauches est vive et desesperante : au lieu que celle, que souffrent les justes dans les persecutions les plus cruelles, est touj ours accompagnee de quelque douceur interieure qui les console et qui les soutient.

XIV. De sorte que ces differentes tristesses apprennent sensiblement aux hommes ce qu’ils

doivent faire dans ces rencontres. Car la tristesse des debauches etant desesperante, elle leur apprend, que s’ils ne changent, ils ne doivent point esperer d’etre heureux : au lieu que la tristesse des justes est tellement temperee par l’esperance, que quoiqu’elle les porte a sortir de leur etat comme n’etant point celui pour lequel Dieu les a crees, elle permet qu’ils y demeurent en patience, qu’ils ineritent leurs recompenses, et qu’ils sacrifient a l’amour de l’ordre l’amour de leur etre propre ou de leur bonheur. Apprends done aujourd’hui, mon cher Disciple, que la volonte de Dieu qui, par son efficace, produit en toi tous les sentiments qui te frappent et tous les mouvements qui t’agitent, est toujours conforme a l’ordre et remplie de bonte pour ses creatures, et regarde cette verite comme un principe fecond, capable de faire naitre dans ton esprit une infinite de verites de la demiere consequence.

XV. Mais afin que tu puisses plus facilement decouvrir les suites de ce principe, prends garde a ce que je te vais dire. Tu as un corps, ton ame y est unie, et meme elle en depend depuis le peche. Dieu Fa voulu ainsi pour des Raisons dont je te dirai un jour quelque chose. Tu aimes ce corps, tu veux et tu dois le conserver. Tu dois done travailler a la recherche de deux sortes

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de biens, de celui de ton corps et du tien, car le bien de ton corps n’est pas ton propre bien : et tu dois avoir deux marques differentes pour discerner ces deux sortes de biens. Ainsi reprends ton principe, examine-le, et tu verras que Dieu fait sans cesse en toi ce que l’ordre demande. Car l’ordre veut que le bien de l’esprit soit aime par raison, et le bien du corps par l’instinct du plaisir; que le bien de Fesprit soit recherche avec application, et le bien du corps discerne sans peine. Car enfin il n’est pas juste que ton esprit soit sans cesse detourne de son vrai bien, pour comparer les rapports que les corps qui t’environnent ont avec celui que tu animes. L’ordre veut que tu sois averti par la preuve courte, mais incontestable du sentiment de ce que tu dois faire pour conserver la vie.

XVI. Considere de nouveau ton principe^ et tu verras que Dieu agit dans l’bomme avec tant de bonte, qu’il le rend en quelque maniere beureux par des sentiments tres doux, lorsqu’il lui obeit en conservant le corps qu’il lui a donne. Car si tu goutes d’un fruit, qui par lui-meme n’a rien d’agreable, et ne peut rien te communiquer de ce qu’il est, tu le trouves neanmoins plein de douceur pour toi. Tu trouves amers ou brulants les poisons, il est vrai : mais c’est que tu ne dois

pas t’en nourrir. Tu diras peut-etre que le chaud, le froid, la douleur, le travail t’incommodent, mais c’est que presentement 1 ordre demande que tu dependes de ton corps, auquel tu etais seulement uni par la premiere institution de la nature.

XVII. Avant le peche l’homme ne souffrait jamais rien malgre lui; son corps obeissait a son esprit, il ne pouvait le distraire ni le partager par des sentiments prevenants et rebelles. L’Ordre le voulait ainsi : et l’amour que Dieu porte a son Ouvrage, lorsqu’il est tel qu’il l’a fait, ne lui permettait pas de le rendre malheureux en quelque maniere que ce puisse etre. Mais depuis le peche l’homme a perdu en partie le pouvoir qu’il avait sur son corps. II n’est pas juste que Dieu suspende les lois des communications des mouvements, ni qu’il y ait des exceptions dans les lois de l’union de l’ame et du corps, en faveur d un pecheur et d’un rebelle. Neanmoins l’ordre et la bonte de Dieu paraissent toujours dans ces lois qu’il a etablies, parce qu’elles apprennent a l’homme quel est le bien du corps par une voie si courte et si • agreable, qu’elles ne l’empechent point malgre lui de s’appliquer a son vrai bien. Car ce ne sont pas ces lois, mais la concupiscence qui trouble maintenant ta Raison, et qui te corrompt le cceur.

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XVIII. Les sentiments de plaisir et de doideur sont des preuves courtes et incontestables du bien et du mal : il n’est point necessaire que l’esprit connaisse ce qui se passe dans son corps. Dieu, qui le connait pour lui, touche Fame comme elle le doit etre par rapport aux objets sensibles. Les sentiments de couleur discernent le (1) corps, il n’est point necessaire que l’esprit en connaisse la tissure. Les odeurs, les saveurs, les sons parlent a Fame pour le bien du corps, un langage qu’elle entend plus promptement que celui de la Raison : et dans quelque situation de corps que tu sois, les objets qui t’environnent te paraissent toujours de la meme maniere, quoique ton corps regoive leur impression d’une maniere toute diflerente. Car, par exemple, sans que tu fasses reflexion, si tu as la tete penchee, les objets te paraissent droits. Retiens bien ce que je te dis, Dieu te donne tout d’un coup les sentiments des objets que tu te donnerais toi-meme, si etant capable d’agir en toi, tu connaissais parfaitement tout ce qui se passe dans ton corps, et dans ceux qui t’environnent. C’est que tu n’es pas fait pour connaitre les (2) corps. Ils ne sont point ton

(1) Premiere edition : « les ».

(2) Les deuxieme el troisieme editions disent : « le ». Les phrases suivanles exigent « les », comme dans la premiere edition.

bien. Ils ne peuvent agir en toi. II faut que tu connaisses par les preuves courtes du sentiment les rapports qu’ils ont avec le tien, afin que sans etre distrait tu puisses employer ta raison et ta lumiere a la Recherche de ton vrai bien.

XIX. O verite Eternelle ! que d’ordre (1), que de sagesse,que de bonte dans la conduite de mon Dieu ! Que les sens et les passions sont necessaires dans la recherche des biens du corps, et qu’ils sont bien regies lorsqu’on les considere par rapport a la conservation de la vie. Mais que les hommes sont deraisonnables de les ecouter pour s’instruire du bien de l’esprit. Ils prennent tout a contresens, ils renversent l’ordre de toutes choses. Car ils consultent leurs sens, et leurs passions dans la recherche des vrais biens; et ils se servent de leur raison pour conserver leur sante et leur vie. Ils forcent le sens du gout par un effort de raison, ou ils le seduisent par des ragouts delicieux : ils introduisent ainsi l’ennemi malgre les gardes que la nature a posees, et donnent la mort a leurs corps par des poisons deguises. Et lorsqu’il s’agit de faire choix des vrais biens, ils s’imaginent que le plaisir en est le vrai caractere. Ils

(1) Dans tout ce §, les premiere el deuxieme editions mettenl « Ordre », « Sagesse », « Recherche », « Raison ».

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ecoutent leurs passions au lieu de les tenir dans le silence, et donnent ainsi la mort a leur ame malgre les avis, les reproches, les remords, en un mot les efforts de la Raison.

XX. O mon Dieu vous etes seul la cause veritable des plaisirs que l’on goute dans I’usage des biens du corps : que cette verite est importante ! Helas ! quelle stupidite de regarder les objets sensibles comme de vrais biens. Quelle ingratitude de vous oublier sachant que vous etes la cause unique de nos plaisirs. Quel emportement de forcer votre bonte a nous rendre heureux dans le temps meme que nous vous offensons. Yoluptueux, que pensez-vous faire dans vos debauches? Ecoutez et tremblez. Vous obligez Dieu en consequence des lois qu’il a etablies a vous faire du bien dans le temps que vous l outragez. Vous forcez, celui qui ne veut que l’ordre, a recompenser actuellement le desordre.Vous faites servir Dieu a vos iniquites (1).

. C’est, Pourquoi, dit-il dans la Recherche, « les wrognes n aimer aient peut-etre pas si fori le vin, s’ils

SnaVpar!e?Lblen -ce >qiie c^st’ el que le Plaisir qu'ils trouvent a en Loire vient du Toul-Puissant qui leur commande la temperance, el qu'ils font infustemenl servir a leur

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Ingrid!)0 ,amaiS- ” (Petlles Meditations, p. 18 de PMition

MEDITATIONS CHRfiTIENNES

Quel aveuglement ! Quelle injustice ! Quelle brutalite ! 0 Dieu que votre patience est grande maintenant! Mais qu’un jour votre vengeance sera terrible !

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