XLVIII
MALEBRANCHE
siques (1). En se tournant vers le Verbe Malebranche affirme sa fidelite d la philosophic de Saint Augustin , a la theologie mystique de Berulle , et a la geometrie de Descartes.
Que lui dit le Verbe? D'abord et sans cesse il dit que la creature n'est rien et qu'elle est dans une entiere dependance a regard du Createur. Dans son Evangile , il Va repete avec les images les plus simples et lesplustouchantes afin dhumilier notre cceur. Soti apotre Paul Va preche aux nations et toute la theologie de la grace contenue dans son enseignement est un constant rappel de notre impuissance. « 0 ombre! 0 dependance /» (2), s' eerie Berulle, et il declare a ses carmelites : « Mes seeurs... vous ne devez vous regarder vous-memes que comme chose qui n’est rien, qui n'etait rien, il y a peu d annees, et qui n' est rien encore a present, que par la grande misericorde de Jesus; qui n est rien en ejfet, si vous n'etes a Jesus, et qui etes en danger d'etre eternellement pis que rien » (3).
Ce sentiment de dependance, principe de toute spiritualite chretienne, doit devenir le principe de toute pensee chretienne, mais a
(2) Voir, d propos de la Med. IV, § III, n. 1 .
(3) Cite par H. Bremond, ouvr. cit., d. 128. (1) Ibidem, p. 86.
INTRODUCTION