‹ Méditations d'un solitaire en 1916Chapitre 30 sur 34 · IL Y A POUR LE DIAJBLE DES ÉPOQUES FASTES · texte numérisé non relu

IL Y A POUR LE DIAJBLE DES ÉPOQUES FASTES

Il y a pour le Diable des époque fastes, d'inexplicables moments où une licence extraordinaire est accordée aux puissants de son enfer. Il est bien évident que tel est le cas en Europe depuis deux ans et que cela peut durer long-temps encore. Maisle bouleversement actuel est trop grave, trop universel, pour n'avoir pas été annoncé par quelque tourbillon préliminaire.

Quelqu'un se souvient-il encore de l'affaire Dreyfus, chose de néant qui devint aussitôt mondiale, il y a vingt ans, et qu'il est difficile aujourd'hui de retrouver sous la poussière ?

Ce conflit grotesque et affolant, manigancé avec une astuce profonde par les bons amis de l'Allemagne, était — on commence peutêtre à le voir — une tentative pour détraquer la France, pour la priver de son équilibre, de sa clairvoyance et de sa force. Il fallait qu'elle

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devînt une proie facile et le résultat parut avoir dépassé toute espérance.

La rafale venue des Lieux Bas fut si puante et si forte que même les brutes comprirent ou durent comprendre qu'ils se passait quelque chose de surnaturel. Du jour au lendemain tout devint conjectural. Les amitiés les plus solides se dévissèrent soudain et une défiance diabolique prit la place de tous les ciments. A l'exception de quelques solitaires conspués,toute une nation réputée la plus propre de l'univers voulut se baigner dans le fleuve de boue qui coulait à travers la France, du nord au sud, et elle le voulut tellement qu'on se battait pour avoir les plus sales places.

La meilleure en ce sens ayant été conquise du premier coup par un immonde romancier, on vit des artistes se précipiter avec lui dans le bourbier. Oui, on a vu cela: de très nobles artistes, des intelligences très haut situées annihilées et idiotifiéesparun mirage de jus-

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tice ou de compassion imbécile, se mettant à la remorque d'une crapule infâme cent fois vomie et faisant ainsi le jeu des ennemis de la France 1

J'étais alors à l'étranger, inondé de tristesse et de dégoût, bien placé pour assister à cette agonie que nul ne paraissait voir, tout rempli de la pensée que ma voix, si faible alors, ne serait entendue par personne et agonisant moi-même de désespoir.

Echappé miraculeusement à cet exil, il me fallut endurer la honte infinie de retrouver une patrie où tout le monde semblait avoir perdu la raison. Emile Zola régnait alors tout à fait, en attendant qu'il crevât, comme il avait vécu, dans les excréments, et Pimbécile Guillaume, heureusement atteint déjà de l'inexplicable cécité dont il va mourir, continuait ses préparatifs de guerre, ne comprenant pas que c'était le bon moment. Il lui fallut pour se décider, quinze ans trop tard, la folie fu-

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rieuse du tango qui lui donna l'illusion d'une pourriture complète. Mais c'était un moindre mal que le crétinisme de l'Affaire et il découvrit bientôt que la Reine des nations vivait encore, malgré tout.

Assurément on peut dire qu'elle a été préservée, en 1899, du plus effroyable danger. L'histoire le dira peut-être. Jamais la France n'avait été aussi démantelée, aussi désarmée, aussi mûre pour la défaite, pour la captivité, pour l'esclavage le plus rigoureux. La mystérieuse Race juive, assistée de tous les démons d'Outre-Rhin, prenait ou allait prendre alors sa revanche de beaucoup de siècles d'obnubilation et d'opprobres.

Il s'en est fallu d'un cheveu de la Vierge Marie, juive elle-même, mais conculcatrice de Satan et Reine de France, qui voulait, pour l'antique Peuple de Dieu d'où elle est sortie, un meilleur triomphe dans le voisinage de la Fin des Temps.

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