XXIV PRÉFACE
ie liavail des plus grands esprits catholiques et j>rotestants. Bossuet et Leibnilz l'onl tenté. Aujourd'hui encore cette idée préoccupe de belles âmes, et de pieux évêques me Tout témoignée avec une confiance dont je me suis senti profondément honoré. Je respecte ce sympathique désir, mais je ne crois pas qu'il se puisse réaliser. Dans l'ordre temporel et entre des intérêts humains, la fusion, quelque difficile qu'elle soit, est toujours possible, car les intérêts peuvent transiger, sous l'empire et au nom de la nécessité. Dans l'ordre spirituel et entre des croyances religieuses, il n'y a point de transaction possible, car la nécessité ne peut jamais devenir la vérité. La foi n'admet pas la fusion; elle exige l'unité. Mais là où l'unité de l'Eglise n'existe pas, quand la fusion des églises diverses n'est pas possible et quand la liberté religieuse est établie, il y a [)lace pour le bon sens pratique et pour la charité chrétienne. Le bon sens dit aux chrétiens qu'ils sont tous en face d'un même ennemi, bien plus dangereux pour eux tous qu'ils ne peuvent lètre les uns pour les autres, car, s'il triomphait, il les frapperait tous du même coup. Dans les régions élevées, la guerre contre la religion ne se manifeste plus que sous les traits d'un sce[)lieisme ou d'un rationalisme réservé, timide même, sou-