XVI PRÉFACE
ne redoute et ne déleste plus que moi l'empire qu'exerce parmi nous, et le danger dont nous menacerespritrévolutionnaire, ce Satan humain, à la fois sceptique et fanatique, anarchique et tyrannique, passionné pour nier et pour détruire, incapable de rien créer qui puisse vivre et do souffrir que rien se crée et vive sous ses yeux. Je suis de ceux qui pensent qu'il faut absolument vaincre cet esprit fatal, et remettre en honneuiet en pouvoir l'esprit d'ordre et de foi, qui est l'esprit de vie et de conservation.
Mais je ne crois pas qu'il n'y ait, dans l'esprit moderne, que l'esprit révolutionnaire; je necrois pas que notre civilisation ne soit, depuis plusieurs siècles, qu'égarement et corruption; je ne crois pas au mal irrémédiable, ni à la décadence inévitable de mon temps et de mon pays.
Le fait caractéristique, le fait immense de la civilisation moderne, c'est l'accroissement prodigieux de l'ambition et de la puissance de l'homme. Rappelez dans votre pensée ce qui s'est passé dans ces derniers siècles et ce qui se passe de nos jours ; cette longue série et ce vaste ensemble de travaux et de succès humains, en tous genres, en tous lieux ; tant de secrets pénétrés par la science, tant de monuments élevés par le génie, tant de richesses créées par