‹ Méditations évangéliquesChapitre 14 sur 32 · JESUS · texte numérisé non relu

JESUS

Ne pensez point que je suis venu abolir la loi et les prophètes; je suis venu, non les abolir, mais les accomplir; car je vous dis en vérité que, jusqu'à ce que le ciel et la terre passent, il n'y aura rien dans la loi qui ne s'accomplisse, jusqu'à m seul iota, et à un seul trait de lettre. Celui donc qui aura violé l'un de ces plus petits commandements, et qui aura ainsi enseigné les hommes, sera estimé le plus petit dans le royaume des deux; mais celui qui les aura observés et enseignés, celui-là sera estimé grand dans le royaume des deux. Car je vous dis que si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des deux. Matthieu, Y, 47-20.

Il fut un temps où tout le inonde semblait honorer Jésus-Christ. De toutes les parties de la Judée, on accourait, on se pressait autour de lui pour écouter ses paroles. Une immense multitude, affamée de l'entendre, couvre aujourd'hui les pentes d'une

colline où Jésus est monté avec ses disciples. II ouvre la bouche ; il enseigne ses apôtres, et, avec ses apôtres, tout ce peuple qui fait silence pour ne pas perdre un mot de ses enseignements.

Que va leur enseigner ce divin Rédempteur? La rédemption, pensez-vous? la grande nouvelle de la rémission des péchés? II va probablement déployer à leurs yeux ses pouvoirs de Médiateur et de Sauveur? Nullement. Ce n'est pas le prédicateur de la grâce qu'ils vont entendre, c'est le prédicateur de la justice. — Pourquoi vous en étonner? Pourquoi Jésus débuterait-il par d'autres enseignements? A quoi bon parler de grâce à qui ne croit pas en avoir besoin? Et comment en sentirait-on le besoin si d'abord on ne connaissait toutes les exigences et toute la sainteté de la loi qu'on a transgressée ? Il est donc naturel que celui qui est le Saint de Dieu aussi bien que le frère aîné de l'humanité, prêche la justice avant de prêcher la grâce.

Mais dans cette multitude qui l'écoute, il y a deux sortes de personnes. Il y en a qui haïssent la loi, et toute loi, parce qu'une loi est un frein, une limite, et que leurs passions n'en veulent point accepter. Il y en a qui professent un grand respect pour la loi de Moïse, qui se piquent d'en être les observateurs les plus rigides, et à qui cette affectation d'obéissance et de scrupule a valu, parmi le peuple juif, beaucoup de considération et d'autorité.

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