‹ Méditations évangéliquesChapitre 15 sur 32 · JESUS · texte numérisé non relu

JESUS

Les uns et les autres se disent probablement : Que va nous enseigner ce nouveau docteur? 11 y a déjà une loi, une loi réputée divine, une loi jugée parfaite, une loi très rigoureuse. Que reste-t-il à faire à Jésus? Va-t-il peut-être abolir, ou du moins mitiger la loi ? « Ah ! disent les premiers, dans ce cas il est le bien-venu !» — «À Dieu ne plaise, disent les seconds, qu'il abolisse celte loi qui fait notre gloire, notre puissance, et qui, en tombant, nous entraînerait dans sa chute 1 Qu'il la confirme donc, ou qu'il soit jugé faux prophète 1 »

Jésus, qui lit dans le cœur des uns et des autres, répond à leur pensée. Ne croyez pas, dit-il aux premiers, que je sois venu abolir la loi; et de ce seul mot, il réduit à néant leurs folles espérances. Folles dans tous les cas, puisque, si ce docteur parle en son propre nom, il n'a évidemment pas le droit d'abolir ou d'altérer la loi, et que, s'il vient de Dieu, il est impossible qu'il l'abolisse, car ce serait abolir Dieu lui-même. La loi est nécessaire entre Dieu et la créature ; la loi est essentielle à notre nature morale, notre conscience nous disant à tous que nous avons des devoirs et que nous sommes faits pour obéir ; la loi est éternelle comme nos rapports avec Dieu et comme Dieu même ; la loi, c'est la vérité dans l'ordre moral : or la vérité peut-elle être abolie? Peut-il arriver un temps, des circonstances peuvent-elles survenir, une dispensation peut-elle

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se prévoir, où la vérité cessera d'être la vérité, où l'homme ne sera plus l'homme, où Dieu ne sera plus Dieu? C'est alors seulement que la loi ne serait plus la loi. Elle peut s'accomplir avec plus ou moins de facilité, dans des circonstances plus ou moins favorables; elle peut recevoir telle ou telle forme, telle ou telle expression; mais abolie ou altérée? elle ne peut l'être jamais. Aussi Jésus dit aux uns : Je ne suis pas venu pour abolir la loi. — Je suis venu, dit-il aux seconds, je suis venu pour ï' accomplir. Ce seul mot leur donne déjà de l'inquiétude. Qu'est-il besoin d'accomplir cette loi ? N'est-elle pas parfaite ? Que reste-t-il à faire que de la maintenir religieu-

sèment?

Un moment, Jésus-Christ paraît entrer dans leur pensée: Pas tin iota, dit-il, de cette loi, pas un trait de lettre des mots dont elle se compose ne restera sans accomplissement, jusqu'à ce que la terre et les deux disparaissent. Mais il continue de s'expliquer. Cet accomplissement n'est pas ce qu'ils entendent. Il s'agit de passer de la lettre qui tue à l'esprit qui vivifie, d'une obéissance extérieure et matérielle à une obéissance intérieure et spirituelle, de l'œuvre des mains à celle du cœur, de l'offrande des biens à celle de nous-mêmes, du sacrifice des boucs et des génisses à celui du sacrificateur. Il ne s'agit pas d'une nouvelle loi, mais d'un esprit nouveau, ni de pratiques nouvelles, mais d'une seconde nais-

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sance. L'ancienne loi avait dit : Faites; la loi nouvelle dit : Soyez.

Ceci ne fait le compte ni des premiers, pour qui l'ancienne loi était déjà trop pesante, ni des seconds, qui sentent que, pour eux, le nouveau joug serait dix fois plus lourd que l'ancien. Car donner ses biens, son temps, les mouvements de son corps, l'œuvre de ses mains et même l'attention de son esprit, cela peut se faire, et quand on Ta fait, on est quitte; mais donner son cœur, changer de nature, devenir un homme nouveau, qui le peut î et ceci, d'ailleurs, enlève toutes les limites de l'obéissance. Car la loi que Jésus proclame aujourd'hui, de sa nature est infinie. Elle ne dit jamais : c'est assez. Ce que cette loi nouvelle demande, ce n'est pas la soumission de notre volonté propre, mais son anéantissement ; ce n'est pas un partage équitable avec Dieu, mais l'abandon, entre ses mains, de tout ce que nous avons et de tout ce que nous sommes. Or, que plutôt (semblent dire les pharisiens) on triple le nombre de nos devoirs, de nos offrandes, de nos jours sacrés ; qu'on multiplie et qu'on aggrave toutes les observances, et qu'on nous tienne quittes de cette loi nouvelle : à ce traité, si dur en apparence, nous sommes sûrs de gagner encore.

La justice que prêche noire Seigneur n'est pas seulement effrayante pour la faiblesse des pharisiens, elle est mortifiante pour leur orgueil. On leur

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déclare qu'une justice comme la leur ne donne aucun accès au royaume des cieux. Eux-mêmes, les saints et les justes par excellence, s'en trouvent donc exclus. Ils avaient gravi, tout haletants, tout meurtris, tout couverts de sueur, les escarpements de la loi ; ils croyaient en avoir atteint le sommet ; ils étaient arrivés là-haut rendus, brisés de fatigue, et se payaient de leurs peines en jetant sur la vallée, où tant d'autres sont demeurés, un regard de ;, dédaigneuse pitié. Or, on leur apprend qu'ils se vj:. trompaient, qu'ils ne sont point arrivés, que ca ;K~ sommet n'est pas même un plateau, que ce chemin n'est pas le chemin, et qu'au regard de la loi spirituelle, ils ne sont pas plus avancés que ceux qui sont restés dans la plaine. Quelle mortification, et quel désappointement! Ah! sans doute que toute cette peine ne serait point perdue si, au lieu de vouloir amasser un trésor de propre justice et de vaine gloire, ils eussent voulu témoigner à Dieu, par leurs actes, que leur cœur était à lui, que leur âme du moins soupirait après lui. Mais leurs actes n'ont été qu'une forme, un simulacre d'obéissance, un défi, pour ainsi dire, jeté d'en bas à la sainteté du Très- Haut ; n'ayant effectivement rien semé, ils ne peuvent rien moissonner.

Ne négligeons pas de le dire : l'orgueil des pharisiens est même plus grand qu'il ne le semble d'abord. Car, alors même que Jésus n'aurait rien

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ajouté, rien substitué aux obligations de l'ancienne loi, les pharisiens ne pouvaient, sans présomption, se flatter de l'avoir accomplie. 11 est impossible (Fadmettre qu'ils l'eussent observée sans relâche et de point en point. Ils en avaient certainement laissé tomber à terre plus d'un iota et plus d'un trait de lettre. Mais, quoi qu'il en soit, ils sont condamnés et déchus au point de vue de la loi spirituelle. ; Toutes ces observances, tous ces rites si soigneuse- , ..ment accomplis, n'étaient que dés symboles, des ombres, et ils ont pris l'ombre pour le corps. H y avait dans la loi de Moïse une loi spirituelle, une loi d'obéissance intérieure, une loi d'amour, qu'ils eussent pu discerner s'ils l'eussent voulu; et de fait, plusieurs, parmi les Juifs, avaient bien sti la discerner. C'est de celte loi spirituelle, non de Vautn, que Jésus nous dit dans mon texte qu'il ne se perdra pas un iota, pas un trait de lettre. C'est cette loi spirituelle qu'il eût fallu observer atfec amour. C'est cette loi spirituelle qui les condamnera . Car, si déjà il§ eussent dû, comme l'avaient fait plusieurs, discerner le corps de Christ dans l'Ancien Testament, combien plus, s'ils eussent été sincères, eussent-ils discerné dans l'Ancien Testament la pettsée et l'esprit de Christ!

Ainsi, par deux mots, Jésus a confondu l'espérance des uns, qui désirent l'abolition de la loi, et l'orgueil des autres, qui en désirent le rnaintïen.

Non-Seulement U n'est pas venu pour l'abolir, mais il est venu pour f accomplir. Grande parole ! Seraitce une parole vaine ?

Non certes ; car, dans tous les sens possibles, Jésus a accompli la loi.

Accomplir une loi, c'est la porter à la perfection ; accomplir une lof, c'est y satisfaire. Ces deux idées se réunissent dans l'esprit de notre Seigneur. Or, sous ces deux rapports, il a accompli la loi ; et c'est même pour cela qu't'I est venu.

Il fallait que quelqu'un vînt pour cela; parce que la loi n'était pas accomplie, et parce que nul homme sur la terre n'était capable de l'accomplir. Si Jésus n'était pas, dans ce but, descendu des hauteurs de la gloire, quel fils d'homme, quel Moïse, quel Jeanïtoptiate, quel prophète eût pu dire à Dieu : Tu ne prends point plaisir au sacrifice ni au gâteau ; mais lu m 9 as percé les oreilles; alors j'ai dit: Voici, je viens?

Jésus-Christ, fils de Dieu et fils de l'homme, Jésus-Christ, parfait en vérité, en sainteté, en amour, en venu pour accomplir la loi, et l'a, en effet, accomplie.

Il l'a accomplie dans ses enseignements, où il la résume (c'est-à-dire en rassemble les trails principaux) et la spirilualise (c'est-à-dire nous en fait connaître Yesprit, le sens intime, toute la portée, toute détendue, toute la force.) L'Évangile , à cet égard, est une seconde édition, perfectionnée de main de

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maître, c'est-à-dire de main divine, des écrits de l'Ancien Testament. C'en est, si l'on aime mieux, une divine traduction. La loi spirituelle, je Paidéjà dit, se trouvait dans l'Ancien Testament, mais elle n'y pouvait être discernée que par les Juifs spirituels, et son vrai sens échappait à tous les autres; c'était comme une similitude ou une parabole, dont l'Esprit donnait la clef aux hommes de bonne volonté. Jésus-Christ l'a traduite dans une langue intelligible à tous ; la loi, désormais, est spirituelle pour tous, même pour ceux qui ne sont pas spirituels; ils sont tous contraints de reconnaître que c'est leur cœur qu'on leur demande, et qu'aussi longtemps qu'ils n'ont pas donné leur cœur, ils n'ont rien donné.

Jésus-Christ a encore accompli la loi dans sa Traduction, s'il se peut, plus parfaite encore que l'autre. Jésus-Christ, par la suprême pureté desoa caractère, par son abandon entier à la volonté divine, par l'incomparable perfection de son obéissance, et par la plénitude surabondante de sa charité, est la loi personnifiée. Qui contemple Jésus- Christ, contemple la loi. Qui vit en Jésus-Christ, vit dans la loi, est un avec la loi. C'est pour le coup que nous savons que la loi parfaite est une loi humaine, puisque celui qui l'a parfaitement accomplie était parfaitement homme, et qu'en lui c'est V homme qui a accompli la loi.

Mais il y a deux choses dans toute loi : l'injonction (ou le précepte), la sanction (ou la peine). Une loi qui manque de sanction, ou à la violation de laquelle aucune peine n'est attachée, n'est pas une loi. Or, voici la merveille. C'est que nul n'a, sous ce dernier rapport, accompli la loi, ou satisfait à la loi sur cette terre, sinon Celui qui l'avait parfaitement accomplie sous le premier rapport, c'est-à-dire par son obéissance. Et en effet, nulle créature ici-bas ne peut dire, n'oserait dire que, par ses souffrances, elle a satisfait à la loi. Chacun voudrait se le persuader, et trouver dans le mal qu'il souffre l'expiation du mal qu'il a fait. Nul n'y parvient. La conscience, rebelle et sourde à toutes les suggestions de notre sens charnel, s'obstine, à travers toutes nos souffrances, à déclarer qu'elle n'est pas satisfaite ; et le pécheur qui a le plus souffert n'est pas, d'une épaisseur de cheveu, plus près de la paix que le pécheur le plus fortuné. Donc, disons-le hardiment, de l'aveu de toutes les consciences, la loi ne trouve pas sa satisfaction ou son accomplissement dans nos souffrances. Mais elle l'a trouvé dans l'incarnation du Fils de Dieu. Je dis Y incarnation, parce qu'assurément l'incarnation, la dégradation de la divinité à la nature humaine, la venue du Saint dans une chair de péché, est le plus complet, le plus absolu, en même temps que le plus mystérieux et le plus impénétrable des sacrifices, dans quelque

sens qu'on veuille prendre ce mot. Jésus-Gkisl s'est sacrifié en s'incarnant, et son agonie en Gethsémané, sa paorten Golgotha, ne sont que le comblé de sa passion, et le dernier terme de sa mort; car sa passion et sa mort ont commencé avec sa vie. Et c'est ici le moment de dire qu'ainsi la loi des rites ou des symboles, instituée dans l'Ancien Testament, se trouve accomplie, et, par là-même , abrogée.

Mais il ne suffit pas que la loi s 1 accomplisse ea Jésus-Christ; il faut que, par lui, elle s'accomplisse en nous. En ce point essentiel, comme en tous les autres, Jésus-Christ a été fidèle à sa parole. Et comment? En déposant dans le cœur de ceux qui croient en lui le véritable esprit de la loi, et le véritable principe de l'obéissance.

Le véritable esprit de la loi, c'est rameur. L'amour, nous dit l'Évangile, est la fin du eommemdtment, Y accomplissement de la loi, le lien de la perftc* tion. Le véritable principe de ï obéissance, c'est la liberté. La liberté seule estcapable d'obéir ; qui n'est pas libre ne saurait prêter à la loi une véritable obéissance; il cède, il plie, il n'obéit pas; c'est pour que nous puissions obéir que nous avons été faits libres. Or, avant Jésus-Christ, on n'avait pas, et hors . de Jésus-Christ on ne saurait avoir ni le véritable j esprit de la "loi, qui est l'amour, ni le véritable |

principe ou la véritable condition de l'obéissance, .qui est la liberté.

Comment l'amour, un généreux et joyeux amour 4e Dieu, aurait-il pu éclore dans des cœurs resserrés et glacés par le sentiment de leur culpabilité, ^et qui, ayant passé leurs jours à offenser Dieu, ne pouvaient le voir ou se le représenter sous des traits qui pussent le leur faire aimer? Et, sans aller si loin, comment s'y serait-on pris pour aimer un Dieu qu'on ne. connaissait pas, dont la nature, dont l'existence même était mise en question, et auquel l'humanité, dans son désespoir, avait substitué des dieux <te son invention, des idoles muettes, quelquefois même des démons?

Dieu donna une loi ; mais pour ceux dont le regard ne pénétrait pas au delà du voile, cette loi commandait l'obéissance, une obéissance absolue, et le priacipe ou la condition de la véritable obéissance, la liberté, n'existait pas, par cela même et par cela seul que l'amour commandé par elle n'exislait pas* La liberté qui manquait, c'était la liberté de l'attftii. On obéissait des mains, non du cœur; obéir Jttbtti ce »'est pas obéir. Les lois humaines peuvÉRt se contenter d'une telle obéissance ; Dieu ne g'ea «attente pas, et l'homme lui-même ne saurait g'èri contenter à l'égard de' Dieu. Dans ses rapports avec Dieu, tant que l'homme n'aimera pas, il ne se sentira pas libre et ne le sera pas. La crainte,

en bannissant l'amour, bannit la liberté; or, il est certain (car qui voudrait en disconvenir?} que la crainte de la mort (et de l'avenir qui doit la suivre ) nous tenait, tonte notre vie, selon l'expression d'un apôtre, assujettis à la servitude (1).

Rends-moi la joie de ton salut, s'écriait David, et que V esprit franc (l'esprit d'affranchissement ou de liberté) m» soutienne! Ce cri du roi-prophète est le cri de l'humanité, et Jésus, dans les jours de sa chair, a répondu à ce cri. 11 a publié le pardon de Dieu. 11 nous a fait connaître que Dieu aime les enfants des hommes, et qu'il les aime comme un Dieu sait aimer. Il a déclaré que la charité de Dieu est au-dessus de toutes ses œuvres, et que Dibo et amour. Chacun, s'il regarde à Christ , peut se croire aimé de Dieu, puisqu'il l'est en effet, et d'un amour sans mesure, comme tout ce qui est en Dieu. Ce n'est pas de son pardon seulement qu'il est assuré, mais de la charité de Dieu, d'une charité toute pleine de sollicitude et de tendres soins, en sorte qu'on dirait que, comme Dieu est le vrai trésor de son âme, son âme est le trésor de Dieu. Il a dans le ciel un père; que dis-je un père? une mère; etee mot est encore trop faible, puisque Dieu lui-même, dans le prophète, défie l'amour de la plus tendre mère d'être jamais égal au sien. Si jusqu'alors le

(1) Hébreux, II, l*.

disciple a respecté la loi, s'il a tâché de l'observer, s'il en a par conséquent senti tout le poids, il est impossible que son cœur ne s'ouvre pas à la joie, ne s'ouvre pas à l'amour, et par conséquent à la liberté. Tout est changé pour lui, dans la vie et dans la mort, dans le temps et dans l'éternité. Tout devient à ses yeux consolation, bénédiction, espérance. Il sait qu'il est aimé, et que c'est Dieu qui l'aime. Tout est là; toutes les félicités s'y donnent rendez-vous, toutes les douleurs s'y engloutissent. L'amour y naît et l'affranchit; l'amour, en l'élevant à la vraie liberté, l'élève à la vraie obéissance: il avait pu, jusqu'à ce jour, mouiller de ses sueurs le sillon de la loi; il avait pu porter le joug de Dieu comme le bœuf porte celui du laboureur; il avait fléchi sous une nécessité plus forte : il n'avait pas encore obéi; de ce jour seulement il commence à obéir.

Il n'est plus sous la loi; il est encore, et plus que jamais, sous la loi. Il n'est plus sous la loi extérieure, il est plus que jamais sous la loi intérieure. Et cette loi, il la révère, il se réjouit d'en porter le joug, il l'aime comme il aime la grâce; l'Évangile, à ses yeux, est loi et grâce tout ensemble ; il voit dans la loi et dans la grâce réunies l'expression complète de la volonté de son Dieu, la complète manifestation de sa gloire; il ne les sépare point l'une de

l'autre, il ne préfère point l'une à l'autre ; car dans

m jÉsug

chacune il trouve l'autre, la grâce dans la loi et la loi dans la grâce, et dans chacune il voit Dieu tout entier. Pour lui, la loi n'est pas seulement parfaite, aile est agréable; il y trouve plus de douceur que dan* k miel et dans ce qui découle des rayons de miel. Soyons-en biçn persuadés : au terme, sinon au début, il faut que la loi nous paraisse agréable comme la grâce.

Cet accomplissement de la loi dans le disciple du Sauveur, s'accomplit encore, si nous pouvons parler ainsi, par les subventions continuelles de son MsîtFe. Nous en avons besoin ; car la loi nous semblera parfaite bien longtemps avant de nous paraître agréable, et peut-être ne nous semblera^fe-elle jamais agréable autant qu'elle nous semble parfaite. Mais nous n'avons pas un Christ mort ; nous avons un Christ vivant, sans cesse agissant, et dont le* plaisirs, pour parler comme Salomon, sont avec ki enfants des hommes (1). Bien que son joug soit aisé, son fardeau léger, et que ses commandements ne soient point pénibles pour ceux que la foi en son nom a rendus victorieux du monde, il vient encore, et tous les jours, à leur aide par son Esprit. Il porte leurs croix avec eux. Il les fortifie par une nourriture invisible, et les console par des paroles qu'aucune langue ne saurait traduire. Mais laissons-les eux-

(1) Proverbes, VIII, tl.

mêmes raconter leurs saintes expériences. Nous en parlerions trop mal. Nous nous sommes laissé aller à indiquer ces merveilles; mais c'est à d'autres, à de plus voisins de la source, à de mieux désaltérés, à nous parler de la pureté brillante et de la fraîcheur de ces eaux salutaires, qui jaillissent en vie éternelle,

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