UNE PROMENADE
Que vos discours soient toujours accompagnés de grâce.
Colossiens, IV, 6.
Une maladie grave et le conseil d'un habile médecin m'avaient engagé à me rendre aux bains de Loëche, dans le Valais. On sait tout ce qu'a d'effrayant et de pittoresque cette haute vallée où l'en arrive de tous côtés par des précipices, et dont l'accès difficile semble avoir été destiné à faire apprécier davantage aux malades le remède puissant car ché dans cette solitude. Ma seule récréation, dans ce lieu sauvage, était la promenade ; je me donnais ce plaisir tous les matins après le bain, suivant que le temps le permettait, et je prenais de préférence le sentier qui, à travers de charmantes prairies, et sous l'ombre des mélèzes , conduit directement au pied de la Gemmi. Un jour, deux personnes, étrangères comme moi, m'avaient procédé dans ce lieu re-