‹ Méditations évangéliquesChapitre 4 sur 32 · L.V ;(ME ffcR*ANER'IE · texte numérisé non relu

L.V ;(ME ffcR*ANER'IE

à nous œmme notre âme est unie à notre corps, il nous est identifié; il fait partie de nous-mêmes; et si on pouvait noâfe l'enlever, ce serait tout entier; il n'en resterait rien d'attaché à aucun moment de notre vie»

Gracié, réconcilié, sauvé, uni à Dieu de qui les dans sont sans repentance et la bonté irrévocable, td est le nom de ce bonheur. Â-tril une date? peutil avoir des moments? N'a-t-il pas d'avance et d'un coup marqué toute notre vie de son sceau? N'est-il pas comme tin chemin de lumière dans lequel il n'y a pas un recoin pour nos ténèbres? Et ne serait-ce pas méconnaître sa nature, effacer sa notion, nier sa réalité, que de prétendre qu'il y ait un moment, un seul moment où il pourrait ne pas être? Mais ne restons pas dans ces généralités, mes frères, descendons à des détails plus propres à nous' familiariser avec un fait si merveilleux, et cherchons à montrer par des applications, qu'il a sa place partout, ou plutôt que toute place dans la vie est à lui.

H est des joies qui ne se passent point du secours de la société, que la société réveille et attise, dont elle est au moins l'unique occasion. L'âme s*épanouit, l'esprit étincelle, la pensée s'anime; puis la solitude vient, comme une nuit, où cette joie replie ses ailes et s'endort. La joie chrétienne ne fuit pas le commerce des hommes, mais elle a moins peur encore de la solitude; elle s'y fortifie au contraire,

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car elle y trouve mieux qu'ailleurs sa source incessamment coulante, la prière et la contemplation; elle refleurit où d'autres joies se flétrissent, elle redouble où d'autres expirent.

Elle se plaît sans doute aux lieux où son divin auteur est célébré ; elle aime à psalmodier du cœur au Seigneur dans l'assemblée des fidèles ; là tout lui rappelle son origine, là tout l'excite, l'anime et l'exalte; elle fait des sabbats ses délices, et de la maison de Dieu sa propre demeure. Mais, ailleurs, elle trouve encore des cantiques; son cœur lui 'est un temple; dans les tumultes de la vie, elle retrouve la solennité, la pieuse tranquillité du sanctuaire; et les détails arides, les soins matériels d'une profession, d'une industrie, n'interrompent pas l'alléluia secret mais profond que, du milieu d'un monde profane, elle envoie au prince de son salut.

La joie humaine n'a guère de manifestation que la gaieté; elle affecte, sans y songer, les apparences de la légèreté ; la plu% sérieuse a besoin de se déguiser; il semble que le sérieux et la joie ne peuvent, dans notre condition naturelle, se toucher un moment que pour se fuir; le voisinage de toute idée grave paraît dangereux pour cette joie; aussi recherche-t-elle dans sa manifestation un aspect familier et badin, comme si elle voulait se moquer d'elle-même ; elle a besoin d'un appareil frivole, de circonstances familières; hors de là elle est comme

suspendue, elle s'interrompt, elle s'ajourne. La joie chrétienne ne se retire point devant des soins et des occupations graves; sérieuse elle-même, elle s'allie à tout ce qui est sérieux ; il y a plus, elle s'y complaît; elle ne redoute pas même le voisinage du deuil; et tout en pleurant avec ceux qui pleurent, elle puise dans la vue de ces objets funèbres une nouvelle occasion de bénir Dieu ; la mort l'entretient de l'immortalité; le sépulcre lui rappelle celui qui a vaincu le sépulcre ; et l'heure des funérailles, cette heure amère de dépouillement, lui parle du moment glorieux où l'enfant de Dieu verra tout ce qu'il y eut de mortel en lui à jamais absorbé par la vie.

Mais la joie ne devra-t-elle pas se retirer devant des épreuves personnelles? Peut-elle subsister au milieu de tout ce qui déchire le cœur? Subsister? ditesvous. Mais c'est pour ces moments-là qu'elle est faite; elle les attend pour prouver sa réalité ; si elle ne les surmonte, elle n'est pas, je ne dis point trop faible, elle n'est pas vraie; si elle ne grandit pas alors, c'est qu'elle manquait de racines. Il est aisé d'être joyeux, et même de se croire saintement joyeux, tant que la vie est heureuse et tranquille. L'aise qu'on éprouve, et dont le principe est essentiellement mondain, est mise fort aisément sur le compte du christianisme. Sous la lueur douce de la prospérité, la religion paraît belle; on est heureux auprès d'elle; il est facile de se croire heureux par elle. On

f$f) LA JOIE rjSAJlAipCTE,

/croit l|ti devoir joutes les impre^w agréables qu'os n'a fait qu'associer à son idée. Et comme il est na? iurel que son idée .embellisse tout ce qu'elle açcom? pagne, et qjue la prospérité reçoive un plus beau reflet des perspectives sereines de la foi, quelque chose de vrai se mêle à notre erreur et la rend plus inévitable. Aussi ne sommes-nous sûrs du principe et de la pâture de nojfcre joie que lorsque les éléments 4e la joiç mondaine s'éyanpuissent et nous laissent face à {ace de cette religion que nous avions regardée jusqu'alore comme la vraie cause de notre contentement.

La faiblesse de la nature, je le sais bien, mes frères, recule devant une vérité si douce et qui parait /dure dans des moments douloureux. Le coeur en deuij se révolte contre ia joie, il en hait jusqu'au nom; et dans l'offre de cette joie, il voit presque une insulte. Il prétend qu'alors au moins il soit permis k la joie de se suspendre ; il la retrouvera plus t$rd, mais qu'on lui en fasse grâce jusque-là. Nous faire grâce de la joie! Où sommes-nous doncf Quel fait étrange a pu créer cette étrange situation, pet é}r$flge débat, où Ton voit d'un côté la joie imposée à l'âme, et l'âme de son côté se défendant coptre la joie? Eacore une fois où sommes-nous? Nous sommes sur le terrain du christianisme, sur le terrain du grand conflit entre PÉvangite et ia nature. Nous touchons à l'un de «es scandales dont le

Là J01£ MUfAJOXTE. 151

christianisme abonde; car si chacun des éléments qui le caractérisent, qui le font être ce qu'il est, dévient un scandale ou une pierre d'achoppement pour rhomme naturel, la joie chrétienne, qui. est un des éléments du christianisme, doit scandaliser aussi. Laissons cet^effet se produire, et disons à ceux qui l'éprouvent, que leur reproche serait fondé si c'était à eux que nous eussions parié; que, dans cette supposition, bien loin d'en trop dire, ils n'en ont pas dit assez; qu'ils ne doivent point parler de suspendre leur joie pour la reprendre plus tard ; que ni l'un ni l'autre ne les regarde, puisqu'ils n'ont pas même le principe de cette joie; que c'est à la connaître et à l'acquérir qu'ils doivent songer, et non à s'en dispenser ; qu'ils se font illusion s'ils prennent pour la vraie joie cette vague satisfaction qu'ils ont pu trouver, en des temps paisibles, à se sentir et à se dire chrétiens ; que, si ce contentement eût été la joie chrétienne, il ne serait pas suspeudju; que le deuil lui donnerait une nouvelle vivacité, qu'ils n'en sentiraient que mieux la réalité et la profondeur de leur joie, et qu'un cantique nouveau éclaterait du milieu de leurs sanglots. Suspeadre leur joie 1 et pourquoi? Est-ce que le principe en est suspendu? Est-ce que la bonté de Dieu est suspendue? N'est-il pas encore le même quia promis que toutes choses concourront au bien de celui qui l'aime? a'est-il pas le même qui a déclaré

qu'il châtie ceux qu'il aime? N'est-ce pas' lui qui balance incessamment pour eux la légère affliction du temps présent par le poids éternel d'une joie infiniment excellente? lui dont les bontés nous apprennent à proclamer que ni la mort, ni la vie, ni les principautés, ni les puissances, ni les choses visibles, ni les invisibles, ne peuvent nous séparer de l'amour que Dieu nous a témoigné en Jésus- Christ?

Telle fut la joie d'un saint Paul, à qui ne fut refusée aucune affliction ni aucune joie, et à qui chaque affliction servait pour ainsi dire de 6ignal et d'éveil à une nouvelle joie. Si quelque chose à travers cette longue vie, ces nombreux écrits, cet ensemble de vertus, ressort de toutes parts et se fait jour par toutes les issues, on peut dire que c'est la joie. Joie sérieuse comme lui-même, comme ses convictions, comme son ministère, mais aussi vraie, aussi naïve dans son caractère, que peut l'être dans le sien celle d'un enfant heureux. Otez de la Vie de Paul une seule chose, la divinité de sa mission, la sainteté de son but ; laissez-y tout le reste, fatigue, dévouement, persécution, le danger toujours présent, la mort toujours prochaine ; ajoutez-y les mépris du monde, l'ingratitude des siens, son autorité tour à tour servtè et niée, d'autres entrant dans son travail et recueil lant sa moisson , . . . puis, au milieu de tout cela, cherchez une place pour la joie. Elle éclate

partout, elle déborde l'enseignement, les reproches, les plaintes; partout, dis-je, elle abonde avec la charité dont elle est inséparable et sans laquelle on ne la concevrait pas.

La charité? dira-t-on ; mais la charité n'est-elle pas une source de douleurs? Oui, mais les douleurs de la charité valent mille fois les joies de l'égoïsme ; aimer est la récompense d'aimer, aimer est la consolation d'aimer; toujours souffrir, mais toujours aimer, ce serait le paradis en comparaison de toujours prospérer et de haïr toujours. La joie tarit avec l'amour, mais tant que l'amour jaillit, la joie coule avec l'amour. Au reste, mes frères, ne nous faisons point de la vie humaine et de la joie chrétienne, une image fantastique. Quiconque, sous ce mot de joie que nous avons tant répété, n'aurait vu chaque fois qu'un état d'extase et de ravissement, se serait mépris. Nous marchons par la foi dans une vallée de larmes, et la joie incessante nous a été donnée comme arme contre d'incessantes douleurs. N'eussions-nous que les douleurs de la charité, nous aurions déjà une vie mélancolique ; car, dans un monde tel que celui-ci, la douleur se multiplie avec l'amour. Nous ne pourrions, comme saint Paul, voir près de nous aucun affligé sans nous affliger avec lui : ministres ou simples fidèles, nous dirions avec lui : Rachetons le temps, car les jours sont mauvais ; nous sentirions avec lui les douleurs de

enfantement jusqu'à ce que Christ fût formé en peux que nous aimons; enfin, nous serions souvent abattus comme lui, et comme lui nous aurions besoin d'être consolés. La joie chrétienne n ? est pas, il s'en faut bien, un gage d'insensibilité; elle ne change pas les conditions de la vie; elle ne détruit pas la mort. Cette joie, aussi, ne passe point le niveau sur les diversités de tempérament ; elle est, suivant les caractères, austère ou enjouée; tranquille ou ravie, riante ou mélancolique; mais. à travers ces différences elle est toujours la joie, et toujours elle se montre. On la voit, on la sent, oft la respire chez ceux à qui Dieu l*a donnée; elle rayonne doucement autour d ? eux ; elle les rend lumineux; elle peut rje pas frapper d'abord, mais elle atyire et peu à peu attache les regards, et c ? est peut? être squs sa forme la moins éclatante, sous l'aspect uniforme de la paix, qu'elle exerce le plus sûre* ment son heureux empire.

Elle est donc permanente, mes frères, et les douleurs de la vie l'exercent et ne la suspendent pas, Il n'y a qu'qne douleur qui la puisse interrompre, et dans laquelle, pour un temps plus oq moins long, elle s'abîme et disparaît : c'est la douleur du péché. Comment peut-on pécher encore après avoir reçu les gages de cette joie, et d^ns cette joie l'avant-goût du ciel? Et, d'un autre côté, cette joie, toute pure et toute sainte, comment la conserver dans le péché,

LA iûïl raiMAHINTE. 166

après le péché? Ici le précepte de la joie semble rigoureux à force de miséricorde, inexorable à force de compassion. Il y a plus : il semble contradictoire avec la sainteté de Dieu. La joie dans le péché ! La joie succédant immédiatement au péché, sans difficulté, sans combat! Convenons-en, le peu que nous avons en nous de sainteté se révolte à cette pensée; mais aussi n'est-ce pas la pensée de saint Paul et l'esprit de Dieu. Sans aucun doute, la joie de la foi «'interrompt dans le péché, et le retour à la joie, après le péché, est une épreuve, une difficile épreuve de la foi ; néanmoins la joie est un devoir encore. Quel devoirl en est-il un plus difficile? Certes, il vous fut malaisé, lorsque, tout chargés du fardeau du vieil homme, vous vous approchâtes pour la première fois de l'Évangile de grâce, il vous fut malaisé d'accepter, d'accueillir dans votre cœur la joie de votre salut. Yotre justice en quelque sorte se soulevait contre sa miséricorde, et vous étiez incrédules à force de remords. Dieu, qui vous offrait la grâce, vous donna la foi par-dessus; il vainquit vos scrupules; il vous donna le courage d'accepter tout son amour ; il sut peu à peu familiariser vos yeux avec ce miracle de charité; il humilia votre esprit devant le mystère d'un Dieu homme' et d'un Dieu mou«rant ; vous pûtes croire à cette oeuvre, vous approcher, quoique pécheurs, de Celui dont les yeux sont trop purs pour voir le mal, l'appeler votre pèreet

1&6 LA JOIE PEMUNBSTK.

l'ami de vos âmes, vous asseoir à sa table, et goûter, comme ses enfants, les délices de sa maison. Mais quand cette épreuve recommence; quand il faut, après avoir manqué de fidélité, croire encore à la fidélité du père, croire à la constance de son amour dans l'inconstance du nôtre; quand il faut se ressaisir, comme de son bien, d'une grâce qu'on a mille fois déméritée ; quand la même céleste voix semble nous commander à la fois la douleur et la joie, une douleur plus profonde, une joie plus vive que jamais.. . quelle épreuve! quelle tâche 1 et qui suffirait à ces choses? Et combien d'hommes dans cette situation, enchaînés par le regret, séduits par le remords même, languissent auprès de leurs péchés, ajournent l'acceptation de la grâce qui leur est offerte, vivent à demi des restes de leur foi, vivent ce qu'il faut pour ne pas mourir, ou plutôt meurent tous les jours un peu plus dans une tristesse qui les abat et qui les affaiblit, dans la privation de cette joie selon le Saint-Esprit (1), qui est une partie essentielle du royaume de Dieu, c'est-à-dire de la vie et de la réalité chrétiennes ! Il faut donc qu'ils aient une seconde fois le courage qui leur fut donné une première, celui d'espérer contre toute espérance et d'être joyeux hors de tout sujet de joie ! Il faut que, d'un œil humble, mais confiant, ils regardent à ce

<4) Romains, XIV, 17.

LA JOIE PERJUNEKTE. 157

nênie Dieu à qui, dans le principe, ils n'offrirent % ien parce qu'ils n'avaient rien, et qu'aujourd'hui ls ne peuvent, pas mieux qu'alors, satisfaire ni apaiser. Il faut qu'aujourd'hui comme alors îlft croient a Celui qui justifie le pécheur, qui ne trouve d'agréable en nous que ce qu'il y met lui-même, à qui nous ne pouvons rien apporter que notre foi, et à qui nous devons apporter tout ce que nous avons, notre foi, notre confiance, notre abandon total aux volontés de sa grâce. Or, qu'est-ce qu'une foi sans joie? Que présentons-nous à Dieu, quand nous lui présentons une foi sans joie? Quelle obéissance, quel service lui promet une foi sans joie? Comment peuvent orner son sanctuaire et concourir à la gloire de son nom des âmes sans joie ? En quoi l'honore, en quoi peut avancer ses desseins, réjouir son cœur, répandre ici-bas sa lumière, l'homme que la tristesse appesantit et endort? Il faut donc, ô chrétiens abattus, il faut reconquérir la joie de votre salut, pour reconquérir avec elle le mouvement, l'activité, le zèle, la vie, l'amour enfin qui est toutes ces choses à la fois, qui est l'accomplissement de votre destinée, le bonheur dans le bonheur même, le paradis sur la terre, le ciel dans le ciel. Redemandez donc à Dieu votre couronne tombée ; priez qu'un rayon de sa bonté pénètre dans votre nouvelle nuit et Téclaire de sa splendeur ; réclamez, du fond de votre misère, la gloire et l'allégresse du pre-

450 u se» nmfAmrns,

mier amour ( réclamez hardiment; votre prière est attendue; on n'attend que votre prière pour vous redonner votre ancien privilège, et pour vous conduire par un chemin de lumière à de nouveaux progrès, à des œuvres plus grandes et plus pures que toutes oeiles de vos meilleurs jours !

Si donc il en est parmi vous, mes frères, qui aient reçu du Dieu de l'Évangile, avec la vie de ia foi, la semence et le principe de la joie, qu'ils invoquent leur souverain bienfaiteur dans l'esprit de la recommandation de saint Paul, et que chacun d'eux se prosterne et lui dise :

i Dieu de notre salut! exerce-moi donc à h joie; fais-moi, tous les jours de nouveau, recommencer le compte de tes bienfaits, et que mon âme n'en oublie aucun. Que ma mémoire cherche tes traces dans ce passé où tu veillas sur mon cœur qui ne Veillait point sur lui-même; qu'elle repasse avec émotion par toutes ces voies mystérieuses où je marchai, les yeux bandés, vers le but à jamais béni que toi seul connaissais; que je me rappelle tout ce que tu fis pour m'éolairer, pour m'encourager à travers Jes tentations et les doutes; que je me représente quelle .paix, au terme de l'épreuve, je trouvai au fond de mon coeur, et quelle harmonie entre toutes les parties de mon être [ Que je t'adore dans la continvùté de tes grâces, dans la multitude des moyens que tu m'as fournis pour demeurer en toi, dan9 ces

LA lOiK PE*MAH«NTt. 159

rencontres inespérées, dans ces gain tes amitiés, dans ses commerces salutaires, dans cet Évangile (eujours ouvert, dans l'aceès toujours libre de ta maison, dans oes dispensations diverses dent le but seul était "toujours le même, dans ces succès et dans ses revers, dans ces deuils et dans ces jouissances, }ui m'enlacèrent de toutes parts comme des cortoges de miséricorde! Que j'aille sur les pas du genre iuimain, sur les traces profondes de tant de siècles, ie tant de rois et de nations, au pied de ce mont sanglant, au pied de ce trône d'ignominie où ton bien-aimé voulut être élevé pour attirer de là tous les hommes à lui ! Que je contemple nuit et jour, que j'approfondisse avec le nouveau cœur que tu m'auras donné* l'abîme de cette bonté; que mon Ame s'égaye en mon Sauveur; qu'elle prenne sa part de cet amour qui, en se partageant à toute 1 humanité, demeure entier et immense pour chaque &me; que tes perfections, ô Dieu, que les vertus divines de ton Fils, soient le sujet où mon âme se complaise ; qu'elle ne sorte pas de cet horizon de gloire, qu'elle vive dans cette lumière, que tout ce qui est en elle, autour d'elle, se teigne de cette gloire, s'illumine de ses clartés ; qu'elle ne voie plus rien, ni la vie, ni la mort, ni le bonheur, ni l'infortane, rien, pas même le péché, qu'à travers toitoême, ô sainte et réjouissante lumière, vrai jour de 'âme, vérité de toutes nos pfensées, vérité de toute

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vie ! et qu'elle devienne ainsi lumière elle-même lumière dans la joie, dans l'amour et dans la sain teté qui sont un dans l'âme heureuse, comme elle sont un en toi, Dieu saint et bienheureux, source di son bonheur ! »

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