I. LA CHASTETE
Que fait celui qui demeure vierge , qui concentre en son cœur toute sa force, cjui,
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pour l'amour de Dieu, renonce à propager sa race afin de se restituer entier au père universel?
Celui qui fait cela est un homme fort, qui, placé dans cette vie qui passe, dans ce torrent à qui tout cède, s'arrête et dit : « Il est « meilleur de retourner à Dieu;» et puis, tournant le dos aux créatures , la face à Dieu, il remonte, vers la source vivante, le flot qui pousse tout vers la mort.
Il arrête dans une de ses lignes ce funeste écoulement de mort qui entraîne toutes les créatures ; il dépose ainsi dans le monde un germe d'immortalité.
Avant le Christ et cette élite de vierges qui le suivent partout où il va, le progrès de toute société n'était qu'une rapide décadence, car alors, dans tous ses progrès, la tendance au développement extrême , sans nul mélange du mouvement contraire, dominait seule.
Maintenant que l'autre tendance vit aussi dans le monde , on peut espérer mieux.
LES BRANCHES DE LA CROIX.— LA CHASTETÉ. iTô
D'abord l'Église chrétienne ne peut périr, ni même passer comme la chaire de Moïse, parce qu'elle porte en elle la loi complète de la vie, la double loi de Dieu réalisée.
L'Église terrestre porte toujours en elle des vierges, des hommes de croix, des natures à tendance centrale, unies au Christ qui attire tout vers Dieu. N'y en eût-il que dix, comme à Sodome , l'Église de Jésus- Christ subsistera sur terre, l'expérience s'en fait sous nos yeux.
Les vêtements, les formes périssables qui recouvrent l'Église, tombent en lambeaux ; ses ennemis saluent sa mort, mais attendons sans crainte. Le corps des vierges la maintient immortelle.
Si elle pouvait périr, cette heure serait la sienne, elle serait morte; mais on voit qu'elle renaît.
Il en sera de même de toute société chrétienne.
A-t-on vu dans les temps anciens une civilisation poussée à t(Mme, entrer en lutte
avec la décadence et la dompter, se dégager de sa propre poussière, comme le Phénix, reparaître elle, et la même, après une nuit, comme le soleil, pour recommencer la carrière avec jeunesse et liberté ? N'est-ce pas le spectacle auquel nous assistons ?
Il est certain que l'aurore commence, l'aurore d'un nouveau jour de civilisation chrétienne. Le laboureur couché dans la vallée ne la voit point. Celui qui prie sur la montagne la voit déjà.