LES BRANCHES DE LA CROLX.— LA PAUVRETE
Il serait temps, ce semble, que ceux qui sont intelligents et forts missent leur gloire non pas à s'enrichir, mais à nourrir ceux qui ont faim, non pas à prendre, mais à donner. Il serait temps, qu'au sein des peuples civilisés, commençât à régner la politesse du ciel et les manières de Jésus-Christ consistant à prendre pour soi la pauvreté, les dangers, les fatigues et les travaux; que l'on vit dans nos sociétés plus d'hommes de noble origine commencer leur carrière par donner, ainsi que les premiers chrétiens, leur patrimoine aux pauvres, leur place à leurs rivaux ; puis, après ces préliminaires, se mettre avec joie au travail pour soulager ceux qui souffrent.
Quel est l'homme dépourvu d'âme qui n'adorera pas Jésus-Christ et ne brûlera pas du désir de l'imiter et de l'aider , lorsque, quittant la table du festin et se ceignant, il se met à genoux devant ses pauvres discij)les pour leur laver les pieds ?
Comment se fait-il qu'à cette vue on n^'
soit pas saisi d'une ambition j)ressante , immense, d'arriver aussi soi-même à être serviteur parmi les hommes, de parvenir à l'un de ces trônes dont le Sauveur nous enseigne la voie, en nous disant : « Quiconque vou- « dra devenir le premier d'entre vous qu'il « soit le serviteur de tous (i)? »
Qui pourrait comprendre ces choses , ô Jésus-Christ, si vous ne les aviez enseignées ? Mais comment ne les pas comprendre après que vous les avez faites !