Quelle est cette parole qu'il nous
« dit : Vous me chercherez, et vous ne me (( trouverez pas? Là où je suis, vous n'y pouce vez venir. »
Les Juifs se demandent s^'il va quitter la Judée, et si c'est pour cela qu'on ne le trouvera plus. On ne comprendrait guère mieux que les Juifs, si on appliquait ces paroles à sa mort.
La vérité est que cette profonde parole rappelle celle-ci : « Nul ne peut monter au « ciel que Celui qui en est descendu. » — « Là où je suis, vous n'y pouvez venir; » cela veut dire qu'on ne va pas à Dieu ; Dieu vient. Mais l'atteindre en marchant, en mettant un pas devant l'autre , en ajoutant travail à travail, en multipliant ses pensées et ses efforts, cela est aussi impossible qu'il est impossible au fini de parvenir à l'infini. C'est ce qu'enseigne la doctrine catholique en ces termes : « A.ucun effort de l'ordre na- (( turel ne peut , en aucun sens , mériter la « grâce. » Or l'homme, étant créé pour l'ordre surnaturel, en a la soif. Il cherche
LUTTE DE L'AME COxNTRE LA PAROLE DE DIEU. 407
cet ordre surnaturel qui est Dieu a^ec nous. Si Dieu aime nous ne vient le premier, ne se donne, si nous ne l'acceptons comme se donnant et venant de lui-même, et non comme l'opérant nous-mêmes par notre effort et par notre lumière, comme s'il pouvait venir de nous, nous ne le trouverons pas.
Mais que faire, si on sent cette soif de l'ordre éternel pour lequel nous avons été créés ? Jésus le dit :
37. « Au dernier jour de la fête, qui était « le plus solennel, Jésus, debout, s'écriait « et disait : Quiconque a soif, qu'il vienne « à moi et boive. »
38. « Celui qui croit en moi, comme le « dit l'Ecriture, celui-là aura dans le sein (( une source d'eau vive. »
39. « Ce qu'il disait du Saint-Esprit que « devaient recevoir ceux qui croiraient en (( lui, l'Esprit n'ayant pas encore été donné « parce que Jésus n'était pas encore glo- « rifié. »
Ainsi , Seigneur, si nous vous repoussons
quand vous vous présentez sous forme humaine, dans Je monde ou dans l'âme , nous serons obligés de vous chercher ensuite, et nous ne vous trouverons pas. Là où vous êtes, nous ne pouvons parvenir de nousmêmes.
Cependant, si la soif de la vie éternelle nous presse, c'est à vous qu'il faut venir, dites-vous, pour nous désaltérer. Mais comment, puisque c'est impossible? Impossible à l'homme, oui; impossible à Dieu, non. Impossible à mes efforts, mais non impossible à vos dons; impossible à ma raison qui est ma lumière et mon effort , mais non impossible à la foi qui est votre lumière et votre don. Â^ussi après ces mots : « Que celui qui a soif vienne à moi et qu'il ce boive, » vous ajoutez de suite : « Celui qui « croit en moi. un fleuve d'eau vive jaillira « de son sein. » Qu'est-ce à dire? C'est-àdire que celui qui croit en vous, vous porte déjà en lui; il a en lui l'eau vive qui est vous-même; il peut aller à vous bien faci-
lement, puisque vous êtes en lui; sans cela ce serait impossible.
Que de fois, ô mon Dieu, quand votre don de lumière, de force ou d'ardeur s'est retiré, que de fois j'ai cherché à le retrouver! Plein de souvenir et de regret, je sentais la grandeur du don par sa perte ; je le cherchais dans mon esprit , dans ma mémoire , dans ma raison ou dans mon cœur. Tout était vide. Je déployais mes forces pour travailler à le reproduire, mais il m'eût été tout aussi facile de me créer moi-même que de créer en moi vos grâces.
Je vis dans le souvenir de cette force dont mon infidélité m'a privée, dans le souvenir de cette lumière qu'a éteinte mon iniquité. Des mois s'écoulent, quelquefois des années. Il faut que vos bienfaits de chaque jour, bien épargnés, accumulés par la fidélité, me relèvent, et que mon innocence réparée puisse de nouveau vous concevoir, pour que la source vive puisse de nouveau jaillir en moi.
Tous pourtant ne sont pas infidèles, et
heureusement il y a des âmes qui , à votre premier appel, n'hésitent pas à se donner à vous.
/\o, a Dans cette foule, après ces discours, « les uns disaient : C'est vraiment un pro- « phète. »
4i. « D'autres disaient: C'est le Christ. « Mais d'autres reprenaient : Est-ce que le « Christ vient de Galilée? »
4^1. « L'Ecriture sainte ne dit-elle pas : « C'est de la famille de David et de la petite « ville de Bethléem , d'où était David , que « vient le Christ? »