‹ Meditations pour tous les jours de l'anneeChapitre 131 sur 258 · JEUDI DE LÀ PREMIÈRE SEMAINE. — TRISTESSE SELON DIEU · texte numérisé non relu

JEUDI DE LÀ PREMIÈRE SEMAINE. — TRISTESSE SELON DIEU

0 Jésus! ô Marie ! rappelez-moi souvent la paix inaltérable dont fous jouissiez au milieu de vos souffrances; et, par vos mérites, apprenez-moi vous-mêmes à me résigner dans mes peines et à me réjouir saintement de vivre dans votre amitié, de pouvoir vous glorifier et mériter le ciel,. tandis queTANT d'autres sont à jamais plongés dans les supplices de l'enfer.

jeudi de la première semaine. — Tristesse selon Dieu.

Préparation. — Après avoir médité les suites funestes de la mauvaise tristesse, voyons les avantages de celle qui vient de Dieu. Considérons-en : 1° Les sources. 2° Les effets salutaires. — Puis nous examinerons si, avant de nous confesser, nous réfléchissons aux motifs de nous repentir de nos fautes et d'en faire pénitence. Car le Sauveur a dit : « Bienheureux ceux qui pleurent! ils seront consolés. » Beati qui tugent, quoniam ipsi consolabuntar .{

lo Sources de la bonne tristesse.

Il est une tristesse qui donne la mort, dit l'Apôtre, c'est celle du siècle; mais il en est une qui nous fait opérer notre salut: c'est Dieu qui l'inspire.2 Elle peut naître en nous de divers motifs. Le souvenir des péchés que nous avons commis cause en nous le regret, la contrition, les larmes de la pénitence. Cette tristesse, dit l'Apôtre, est selon Dieu. — Il en est de même de celle qui provient du désir de nous sanctifier, et qui nous fait gémir amèrement des fautes les plus légères, des imperfections, des inclinations mauvaises que nous remarquons en nous, de notre peu de progrès dans la vie intérieure et dans la vraie sainteté, en un mot, de toutes nos misères spirituelles.

Une autre source de tristesse méritoire, est la pensée des péchés qui se commettent dans le monde. Celui qui aime le Seigneur et a du zèle pour sa gloire, peut-il se défendre de ressentir de la peine, en voyant son Créateur offensé, outragé dans ses infinies perfections ? — La foi et l'amour fournissaient aux saints une foule d'autres motifs de répandre des larmes devant Dieu. Tantôt

(l)Matth. 5,5. (2) II Cor. 7, 10.

JEUDI DE LA PREMIÈRE SEMAINE. — TRISTESSE SELON DIEU. 27 i

c'étaient des larmes de componction, à la pensée de leurs légers manquements; tantôt des larmes de dévotion et de reconnaissance, en se voyant comblés de bienfaits par la divine bonté; d'autres fois ils pleuraient la Passion du Sauveur, comme le faisait si souvent saint François d'Assise ; ou bien, réfléchissant à la longueur de leur exil, ils gémissaient de se voir éloignés du souverain Bien et toujours en danger de se perdre.

Combien ces larmes devaient vous être agréables, ô Jésus ! vous qui avez pleuré sur Jérusalem et sur nous tous, en prévoyant nos ingratitudes, notre tiédeur, notre lâcheté dans votre service! J'ai plus que tout autre des motifs de gémir et de pleurer ; et cependant je ne suis que dissipation ; je me répands au dehors ; je me complais dans les ris bruyants, les fêtes et les conversations profanes, lorsque j'ai au dedans de moi tant de sujets de tristesse, tant de motifs de gémir et de m'humilier.

0 mon bon Maître! rendez efficaces en moi les résolutions suivantes : 1° De ne jamais perdre de vue les châtiments éternels que je me suis attirés par mes péchés. 2° De me représenter souvent les tourments et les opprobres que vous avez endurés pour moi et pour tous les pécheurs. 3° De former avec soin des actes de contrition dans l'oraison, la sainte messe, l'examen du soir et surtout en me préparant à la confession sacramentelle. Deati qui Ingent, quoniam ipsi consolabunlur.

2° Avantages de la bonne tristesse.

La tristesse qui est selon Dieu entretient en nous I'humilité, en nous rappelant les fautes que nous avons commises et le fonds de corruption qui est en nous. Elle purifie notre conscience de toutes ses souillures, et détache notre cœur des vanités de la terre. « Quand on est pénétré d'une componction véritable, dit l'Imitation, le monde entier est à charge et devient amer.1 » Loin de se plaire alors dans les entretiens inutiles, on cherche la solitude pour y converser avec Dieu. La curiosité de tout voir, de tout lire, de tout entendre; le désir de paraître, de se produire, de jouir de sa liberté, toutes ces tendances dangereuses s'amortissent dans les larmes du repentir.

La dévotion, au contraire, et I'amour de Dieu s'y raniment, et il

Page 1