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MÉDIT. SUPPLÉM. V. — TERME DE NOTRE ESPÉRANCE

v. — Le Ciel, terme final de notre espérance.

Préparation. — Pour nous encourager et pour fortifier notre espérance, pensons souvent au bonheur du ciel, et à cette fin, nous méditerons : 1° Ce bonheur en lui-même. 2° Quand il est utile d'y penser et de l'espérer. — Puis considérant les misères de notre exil, nous formerons de vifs désirs de la patrie céleste, où Jésus nous prépare, si nous lui sommes fidèles, une couronne de vie et d'immortalité. Esto fidciis usque ad mortcm, et dabo tibi coronam vitœ.K

lo Bonheur du ciel.

Qui nous fera comprendre la béatitude des Saints? Tout ce que Dieu a créé dans l'univers, les merveilles de la terre, de la mer, du firmament, ne peuvent nous donner une idée de la beauté et de la richesse du séjour qu'ils habitent. Comparer cette demeure aux palais des rois, au temple de Salomon, c'est mettre eh parallèle l'œuvre des hommes et celle de Dieu. Assurer que c'est une cité de princes, une Jérusalem aux portes de diamant, aux murailles de pierres précieuses, c'est en quelque sorte contredire l'Apôtre, qui déclare que l'œil de l'homme n'a point vu, ni son oreille entendu, ni son cœur conçu ce que Dieu réserve à ceux dont il est aimé.2

Là, dit saint Jean, point de deuil, ni de pleurs, ni de souffrances.3 Point de vicissitudes de jour et de nuit, de froid et de chaud, de santé et de maladie, de contentement et d'affliction. Tout y est constamment selon les désirs de ceux qui possèdent ce délicieux royaume. — Plongés dans l'océan des joies divines, ils participent au bonheur de Dieu même, sans aucune crainte d'en déchoir jamais. Que dire de plus? Puisque la Divinité est la félicité essentielle, immuable et éternelle, ce n'est pas sans motif qu'on appelle incompréhensible cette ineffable béatitude.

Pour en avoir quelque idée, il faudrait réunir tout ce que Dieu a jamais fait dans le dessein de nous la procurer, c'est-à-dire la Création, l'Incarnation, la Rédemption, l'Eglise, l'Eucharistie, tous ces prodiges de la puissance et de la charité incréées. Il faudrait

(1) Apoc. 2, 10. (2) I C r. 2, 9. (3) Apoc. 21,4.

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évaluer le mérite des privations, des fatigues, des souffrances, des ignominies de l'Homme-Dieu ; compter les pénitences et les actes héroïques des Saints, les sacrifices et les tourments des martyrs; connaître en détails l'action incessante de la Providence sur les âmes, le travail continuel de la grâce en elles, les efforts de l'Eglise pour les sauver, et les luttes qu'elle soutient dans ses élus contre le monde et les démons acharnés à leur perte. En un mot, cette béatitude est si excellente que dix siècles de ferveur au service de Dieu ne sauraient, selon saint Anselme, nous en mériter la jouissance, ne fût-ce qu'un demi-jour.

0 mon Dieu ! en présence d'une telle félicité, que je suis insensé de ne pas me décider à embrasser la mortification des sens, à vaincre ma paresse et mes répugnances, et à supporter les ennuis, les dégoûts et les contrariétés ! Mais, hélas! mon cœur si terrestre sait à peine s'élever aux joies pures de la vertu et au désir des récompenses qui en seront le fruit. Inspirez-moi donc le courage : 1° De me rappeler souvent le but de la vie présente, si courte et si misérable, qui est' de me conduire à la bienheureuse éternité. 2° De diriger a cette fin toutes mes pensées, mes aspirations, toute mon activité, toutes mes luttes et mes souffrances, sans excepter un affront, une parole blessante, un petit manque d'égard et les mille peines légères de ce triste exil.

2o Quand il e^t utile de nous exercer a l'espérance du ciel.

L'espérance élève notre esprit à la pensée des biens qui nous sont promis, et au désir de les posséder un jour. « Quand je considère, disait saint Grégoire de Nazianze, le grand bonheur que l'on gagne en mourant, et le peu que l'on perd en perdant la vie, je ne puis m'empêcher de dire à Dieu : Quand sera-ce, ô Seigneur ! que vous me retirerez d'ici-bas pour m'introduire dans ma patrie? » — Tels devraient être aussi nos sentiments ! Pourrionsnous, en effet, dit saint Augustin, être admis dans le ciel comme citoyens, si nous n'avions pas gémi sur la terre comme exilés, animés du désir de l'éternité bienheureuse ? Et quoi de plus capable de nous détacher de cette vie passagère que d'en espérer une qui n'aura pas de fin?

Ici-bas nous souffrons, mais là-haut nous jouirons. C'est pourquoi, dans les infirmités et les maladies, disons avec le saint homme Job ; « Oui, je le sais, mon Rédempteur est vivant-

un jour je le verrai dans ma chair et le contemplerai de mes yeux; c'est cette confiance qui fait la joie de mon coeur, » au milieu de mes douleurs corporelles.1 —Lorsque notre âme est dans la tristesse, l'anxiété, le dégoût, qu'elle subit l'épreuve de la tentation ou de l'adversité, quel plus solide encouragement que l'espoir de voir un jour Dieu dans sa gloire, de l'aimer, de le louer et de jouir à jamais de sa félicité, qui est infinie !

Y a-t-il ici-bas quelque caractère difficile, quelque personne remplie de défauts, de préjugés, d'antipathie, dont Dieu se sert pour vous exercer à la patience, à l'abnégation, à l'esprit de sacrifice? ou bien la société des méchants ici-bas vous est-elle à charge? fortifiez-vous contre toutes les luttes intérieures et extérieures qui en résultent, par la pensée qu'après cette vie vous entrerez dans la grande famille du Père céleste, la plus noble, la plus sainte, la plus aimante et la plus aimable qui fut jamais. Composée de la Charité incréée, qui est Dieu, de l'Amour incarné, qui est Jésus, de la Reine et Mère de miséricorde et de l'élite de la création, les Anges et les Elus, elle vous recevra dans son sein avec une tendresse ineffable que rien ne pourra jamais altérer. — Quelle sainte ivresse de jouir du Bien suprême, en union avec une assemblée si auguste dont on est membre et dont on partage les gloires, les joies, les richesses et l'immortalité bienheureuse!

0 mon Dieu ! que cette perspective est consolante, surtout dans les peines, les tentations, les difficultés, les ennuis de ce misérable exil ! Daignez donc fortifier en moi : 1° L'espérance et le désir de vous posséder un jour, dans la Jérusalem céleste. 2° La confiance de recevoir de vous ce qui doit m'y conduire, spécialement l'esprit de grâce et de prière, clef de toutes les vertus. Effundam super habitatores Jérusalem spiritum gratice et precum.2

Préparation. — Nous méditerons attentivement deux motifs d'espérance en Jésus : 1° Il s'est livré pour chacun de nous, selon le langage de saint Paul. 2° 11 nous a laissé des promesses infaillibles. — Considérons ces vérités sur le Calvaire, aux pieds de Jésus crucifié, qui scelle de son sang sa divine parole, et disons avec

(1) Job. 19, 25. (2) Zach. 12, 10.

l'Apôtre : « Je vis dans la foi du Fils unique de Dieu, qui m'a aimé au point de se livrer pour moi. » In fide vivo Filii Dei, qui dilexit me et tradidit semetipswn pro me.[

1° Motik d'espérance en jésus-christ.

Jésus s'est livré pour moi ; il ne m'a pas envoyé un Séraphin, chargé de me racheter ; s'il m'en avait envoyé un pour me couvrir de sa protection, je serais déjà rassuré. Mais combien plus ne dois-je pas l'être, lorsque le Fils de Dieu lui-même entreprend de me sauver ? Et il emploie à ce grand ouvrage, non seulement ses biens, ses trésors, ses serviteurs, mais lui-même en personne. « Il s'est livré, » dit l'Apôtre, lui, la grandeur, la majesté, la puissance infinies, sans avoir égard à sa dignité plus élevée que les cieux. — Il s'est livré, mais quand ? lorsque dans le Jardin des Olives il est allé au-devant de ses ennemis, lorsqu'il s'est laissé lier, maltraiter, conduire de tribunal en tribunal ; lorsqu'il a tendu ses mains aux chaînes, qu'il a présenté ses joues aux soufflets et aux crachats, sa tète aux épines qui devaient la percer. Il s'est livré, lorsqu'il s'est chargé volontairement de la croix, qu'il l'a portée sur ses épaules au sommet du Calvaire, et qu'il s'y est laissé clouer pour y mourir suspendu entre le ciel et la terre.

Et pour qui s'est-il ainsi livré? pour moi, vil néant; pour moi, à qui il ne doit rien et dont il a reçu tant d'offenses; pour moi, favorisé par lui de tant de grâces que j'ai rendues inutiles. Il le sait, et malgré cela il se livre dans l'intérêt de mon salut, comme si j'étais seul sur la terre. Tradidit semetipsum pro me. 0 charité toute pure, charité incompréhensible! comment désespérer de vous? « Il m'a aimé et il s'est livré pour moi ! » 0 parole qui devrait ramener l'espérance dans les cœurs les plus désespérés ! parole capable de faire tressaillir l'enfer même, si elle lui était applicable !

0 Jésus ! en vous voyant renouveler sur nos autels le sacrifice de vous-même en faveur de mon âme, comment me défier de vous ? Dans des milliers d'églises, vous vous immolez pour moi, et il n'est point de contrée sur la terre, où je ne puisse à tout instant trouver en vous un refuge contre ma propre misère et contre la justice divine. 0 douce confiance ! le Fils de Dieu s'est livré et se livre encore incessamment pour moi ! — 0 Père éternel ! jetez les

{\) Gai. % 20.

yeux sur votre Fils bien-aimé, et ne permettez pas que tant de marques de son amour me laissent toujours timide, pusillanime dans votre service. Je me propose de remédier à mon défaut de confiance : 1° En combattant à l'avenir les sentiments de doute, d'inquiétude, de défiance, qui troublent en moi la paix et me rendent moins généreux dans l'accomplissement de mes devoirs. 2° En m'abandonnant comme l'Apôtre, à Celui qui m'a aimé jusqu'à se livrer pour moi, c'est-à-dire jusqu'à donner sa vie pour me faire passer des ténèbres à la lumière, de la corruption du péché à la pureté de la grâce, des supplices éternels à la béatitude sans fin. In fide vivo Fitii Dei, qui dilexit me et tradidit semelipsum pro me.

?° AlJTKE MOTIF DR CONFIANCE EN JÉSUS.

L'amour que Jésus nous témoigne en se livrant pour nous, est un motif bien pressant de confiance en sa bonté; cependant les promesses qu'il nous a faites y ajoutent encore, en déterminant plus nettement ses intentions envers nous. Si un homme riche, puissant, bon, vertueux, nous donnait sa parole, la confirmait par écrit, la scellait de son sang, et la rendait inviolable par les serments les plus sacrés, pourrions-nous douter un instant de la sincérité de son engagement ?

Le Sauveur est la Vérité même, la Sagesse infaillible, la Puissance à qui rien ne résiste, et il nous assure avec serment qu'il veut nous sauver et qu'il nous sauvera réellement si nous le voulons. Cette promesse, qui résume toutes celles qu'il nous a faites, nous a été transmise par l'Ecriture et par la tradition, et Jésus l'a scellée de son sang ; que voulons-nous de plus ? « Comme on ne peut pas trop croire les vérités de la foi, dit saint Vincent de Paul, on ne peut pas trop espérer en Dieu. » L'espérance véritable ne saurait jamais être trop grande, étant fondée sur la fidélité de Celui qui est tout-puissant et qui ne trompe pas.

Mais nos misères ne sont-elles point un obstacle à la véritable confiance ? Nullement, puisque le Seigneur nous donne ses grâces, non pas à cause de nos mérites, mais en vertu des promesses et des mérites de Jésus. Si donc nous péchons par défiance, c'est un signe que notre appui est encore en nous-mêmes, et non pas en Dieu seul. — De là dans notre intérieur ce tressaillement d'espérance, quand la grûce sensible nous visite, et ce funeste abattement quand elle nous abandonne ; comme si la parole divine ne

s'adressait qu'à nos sentiments et non à notre foi, qui ne doit point varier, même quand tout change en nous et autour de nous, et que Dieu semble nous avoir délaissés.

0 Jésus ! les réprouvés en enfer n'ont plus d'espoir en vous, parce que pour eux il n'y a plus de remède ni de rédemption. In inferno nvUa est rédemption Quant à moi, tout misérable que je suis, je trouve toujours en vous la promesse qui vous oblige de me pardonner et de me sauver, si je le veux. Ne permettez donc pas que mon cœur vous estime d'après sa petitesse et sa misère; mais dilatez-le par la confiance en votre parole, en vos mérites et en votre bonté infinie. Je veux à l'avenir : 1° Méditer souvent votre Passion et me rappeler votre inviolable fidélité. 2° Me réfugier dans vos plaies et dans le cœur de votre Mère qui est aussi la mienne, toutes les fois que l'ennemi voudra me nuire ou me faire avaler le poison du péché.

vu- — De l'abandon à Dieu.

Préparation. — L'abandon est l'acte le plus parfait de la confiance. 1° Il nous fait pratiquer cette vertu de la manière la plus glorieuse pour Dieu. 2° Nous devons l'exercer surtout dans les épreuves intérieures et dans notre dernière maladie. — Retenons, comme bouquet spirituel, cette parole de saint Pierre : « Remettez en Dieu toutes vos sollicitudes, nous dit-il, parce que lui-même a soin de vous. » Omnem solliciludinem vestram projicientes in eum, quoniam ipsi cura est de vobis*

1° L'abandon a dieu lui procure une grande gloire.

L'abandon est un acte de confiance, par lequel on se remet entièrement à la conduite et au bon plaisir de Dieu : à la conduite pour les œuvres, au bon plaisir pour les souffrances. Par là on semble dire au Très-Haut : « Seigneur ! je ne veux plus compter sur moi, pas plus que sur un néant; mais je me repose totalement en vous. Votre sagesse est ma lumière, et je ne souffrirai jamais que mon esprit ténébreux raisonne sur les arrangements de votre Providence. Votre puissance est ma force; jamais je n'hésiterai à

(1) Brev. Officie, defunct. (2) I Petr. 5, 7.

embrasser ce que vous m'ordonnez, à porter les croix que vous m'envoyez; car, je le sais, vous n'avez en vue que mon bien, et toujours vous proportionnez votre secours aux besoins de mon âme. » — Ainsi parle et doit parler tout cœur qui s'abandonne à Dieu sans réserve.

Oh ! combien de tels sentiments, réduits en pratique, contribuent puissamment à la gloire du Seigneur! Qu'y a-t-il, en effet, dans la religion, qui puisse lui rendre hommage comme le sacrifice? Par là, nous reconnaissons dignement son souverain domaine sur la création. Or l'abandon parfait est l'immolation la plus complète que nous puissions faire de nous-mêmes à Dieu. Elle vaut plus' que la pénitence, où nous immolons seulement notre corps; plus que la foi qui assujettit notre raison ; plus que l'obéissance et l'abnégation, qui supposent des actes successifs plus ou moins restreints.

Dans l'abandon, par un seul acte, on se remet totalement et sans retour à la volonté de Dieu : le corps, l'âme, les biens, la vie, le passé, le présent, l'avenir, le temps et l'éternité, tout est laissé à la sagesse et à la bonté divines, sans aucune défiance ni inquiétude, et sans aucun partage. Se peut-il un acte qui dise mieux à Dieu : « Seigneur, je me fie à vous ? » Et quand ce n'est pas seulement un acte, mais une vie d'abandon, quelle gloire le Père céleste n'en retire-t-il pas ? — Nous qui sommes ses enfants, donnons-lui ce plaisir et cette gloire, en produisant souvent cet acte, que sainte Thérèse répétait cinquante fois par jour, et dont saint Alphonse recommande instamment la pratique.

0 mon Dieu ! je ne me soucie plus de moi-même, mais je veux vivre désormais dans vos bras paternels avec le calme et la simplicité d'un enfant. Donnez-moi la grâce : 1° De vous regarder comme le pilote qui dirige ici-bas la barque de mon âme vers l'éternité bienheureuse, 2° De me tenir uni à vous par la prière et la confiance, en m'appuyant sur les mérites de Jésus et de Marie, mérites qui doivent me rassurer en dépit du sentiment de mon indignité.

2o Quand n. faut surtout exkrcer l'abandon.

Le saint abandon au bon plaisir de Dieu doit s'exercer tout particulièrement dans les épreuves intérieures qui sont les plus difficiles à subir. On est alors tourmenté par des doutes, des perplexités, des scrupules, par d'étranges ténèbres qui obscurcis-

sent notre intelligence et nous empêchent de voir la route à suivre pour arriver au Seigneur. Bien plus, des aridités, des ennuis, des dégoûts, des distractions, des tentations d'impureté, de blasphème, de désespoir, jettent le cœur dans des angoisses qui lui font souffrir une espèce d'enfer.

Pourquoi Dieu laisse-t-il les âmes en proie à des peines si affreuses, sinon pour les forcer à s'abandonner à lui ? Ne trouvant plus de ressource en elles-mêmes, elles sont par là contraintes de se jeter aveuglément dans les bras du Père céleste. Et c'est vraiment le seul remède à ces désolations et le seul moyen de les rendre salutaires, sous la conduite de l'obéissance. Telle fut la pratique des Saints qui ont passé par ce creuset.

La dernière maladie est un autre creuset où nous jette le Seigneur, avant de nous admettre dans l'éternelle béatitude. Selon saint Alphonse, les moribonds sont souvent tentés d'inquiétude, de défiance, au sujet de leur salut. L'accablement où les réduisent les maux du corps, joint au saisissement instinctif que donne l'approche de la mort et de l'éternité, tout contribue en ces moments suprêmes à les troubler, à les effrayer, à les décourager.

Comment nous prémunir contre de telles anxiétés? en nous habituant pendant la vie, à nous confier en Dieu, à nous abandonner à sa bonté infinie; en nous appuyant sur les mérites de Jésus et sur la protection de sa divine Mère. Ces actes de confiance, fréquemment répétés, enracineront cette vertu dans notre âme ; ils nous rendront forts contre les frayeurs qu'inspire aux mourants la pensée des jugements de Dieu.

0 mon Sauveur ! je m'unis à votre parfaite résignation sur le Calvaire et aux dispositions d'abandon de votre Mère désolée. Par vos mérites et par son intercession, accordez-moi l'esprit d'une soumission courageuse dans les peines intérieures et dans les angoisses de la mort. Donnez-moi la conviction pratique des vérités suivantes : 1° Que rien n'est plus sage, ni plus avantageux pour moi que les arrangements de votre Providence. 2° Que plus je suis faible et en danger de me perdre, plus je dois prier et redoubler de confiance en votre secours, puisque vous pouvez comme Dieu et voulez comme Rédempteur me soutenir, me protéger, me défendre et appliquer à mon âme le remède de tous ses maux. Quoniam ipsi cura est de vobis.

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