‹ Meditations pour tous les jours de l'anneeChapitre 157 sur 258 · MÉDIT. SUPPLÉM. XV. — DE LA VERTU DE RELIGION · texte numérisé non relu

MÉDIT. SUPPLÉM. XV. — DE LA VERTU DE RELIGION

de pardonner à mes ennemis, afin de vous faire oublier mes torts envers vous. 0 tout aimable Seigneur ! ne me refusez pas le pain qui doit me soutenir selon le corps et selon l'àmc, surtout le Pain eucharistique et le don d'oraison.

Enfin, inspirez-moi le courage : l°De combattre en moi la vaine complaisance si contraire à l'intention de vous glorifier vous seul. 2° D'éviter ce qui peut nuire en mon âme au règne parfait de votre grâce. 3° De renoncer à mes inclinations pour préférer en tout votre volonté sainte, qui devrait être accomplie sur la terre avec autant d'amour que dans le ciel.

xv —De la vertu de religion.

Préparation. — La vertu de religion, selon saint Alphonse, est une vertu morale, par laquelle nous rendons à Dieu le culte qui lui est dû.1 Nous en méditerons : 1° L'excellence. 2° Les précieux effets. — Puis nous prendrons la résolution de fuir la dissipation, le manque de retenue, de modestie, surtout en la présence du très saint Sacrement. Adorabo ad templum sanctum tunm in timoré tuo,2

\o Excellence de la vertu de religion.

Si l'honneur est dû à la majesté des rois, à la science des maîtres qui nous instruisent, à l'autorité des supérieurs qui nous commandent, et aux vertus des saints que l'Eglise a placés sur les autels ; combien plus ne le devons-nous pas à la grandeur par essence, à la sagesse souveraine qui gouverne l'univers, à l'excellence infinie de Dieu qui possède toutes les perfections ! Autant le Créateur est au-dessus de ses créatures, autant nous sommes tenus de lui rendre un culte. Et n'est-ce pas pour nous une gloire, aussi bien qu'un devoir, puisque nous exerçons par là l'une des plus norles vertus ?

En effet, comme à la cour des rois, le plus proche du trône est réputé le plus élevé, ainsi la vertu de religion, qui traite avec Dieu de plus près, doit être préférée à celles qui ne conduisent qu'indirectement à lui. Elle est donc la première en dignité et en mérite, parmi toutes les vertus morales.

(1) Homo apostol. tr. 4. (2) Ps. 5, 8.

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