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MÉDIT. SUPPLÉM. XXI. — LA TIÉDEUR

à l'indifférence et à un certain endurcissement de cœur, qui nous ôte la crainte du péché mortel. Bientôt même on glisse dans cet abîme, et, comme on y est venu sans secousse, on s'y endort, parfois même on y meurt. Combien d'ames appelées à la sainteté ont abouti à l'enfer par cette voie!

Ne commettez-vous pas souvent des fautes délibérées? Combien de vanités peut-être, de médisances, d'indiscrétions, de désobéissances, de sensualités, d'impatiences, de plaintes, de murmures, dont vous êtes coupable devant Dieu ! Prenez garde, s'écrie saint Alphonse, que les miséricordes et les invitations dont vous êtes l'objet de la part du Seigneur, ne servent, par votre négligence, à diminuer votre confiance dans vos derniers moments, moments qui décideront de votre éternité.

0 Jésus ! préservez-moi du malheur de vous servir avec lâcheté. Donnez-moi la volonté sincère de prier attentivement, — d'obéir en esprit de foi, — de souffrir sans me plaindre, — de supporter les défauts d'autrui, — de vous prouver en un mot, par ma conduite, la solidité de mon amour.

2° Motifs de ferveur.

Les anges n'ont péché qu'une fois dans le ciel, et ils n'ont pas eu le temps de se repentir ; Dieu les a précipités en un clin d'œil au fond des abîmes. Nous avons péché bien des fois peut-être, et le Seigneur nous épargne, nous donne le temps de la pénitence; il nous y engage par des promesses, auxquelles il joint des menaces, tant il désire nous préserver du triste sort des démons ! Avec quelle fidélité ne devrions-nous pas répondre à une bonté si prévenante et si désintéressée !

Le Rédempteur a passé sur la terre, faisant du bien à tous les hommes; mais il ne témoigna que du mépris aux anges déchus. Pour eux, il ne fit jamais un pas, tandis que pour nous il entreprit tant de voyages et s'imposa tant de fatigues. Que de larmes et de sang n'a-t-il pas versés en notre faveur ! et pour les démons, pas un soupir ! Oh ! que Jésus nous a aimés de préférence aux anges eux-mêmes ! et quel motif pour nous de répondre à son amour !

Sur des milliers d'autels il s'immole chaque jour encore dans notre intérêt; il devient notre nourriture et le compagnon de notre exil. Oh ! que Lucifer et les siens doivent brûler d'envie en nous

voyant si favorisés, et eux si punis! Et combien ce motif n'est-il pas capable de nous faire éviter jusqu'aux moindres fautes, de peur de payer d'ingratitude un Dieu qui nous comble de tant de biens! Malheur à nous, si, par notre tiédeur volontaire, nous allions abuser de tant de grâces et finir par nous perdre éternellement! Les démons nous accableraient à jamais de reproches; et, si nous sommes prêtres ou religieux, ils nous infligeraient de plus cruels supplices qu'aux païens eux-mêmes et aux mauvais chrétiens.

Rappelez-vous donc souvent ces paroles de saint Bernard : « Ce n'est point d'un seul bond, dit-il, qu'on se précipite en enfer, mais on y descend peu à peu par le chemin de la tiédeur. » Arrêtezvous sur cette pente, tandis qu'il en est temps. Bien plus, remontez-la, en secouant votre torpeur et en vous consacrant sans réserve au service de Dieu. Ne vous contentez pas d'échapper à l'enfer, travaillez à vous préserver même du purgatoire, où l'on paie si chèrement et si longtemps les négligences passagères de cette vie si courte.

0 mon Dieu, vous méritez sans doute que je vous serve avec exactitude, amour et générosité, vous, mon souverain Bien, mon trésor, ma gloire et mon bonheur à jamais ! Faites-moi comprendre le prix de la grâce et la nécessité de cultiver le champ de mon ame pour en arracher l'ivraie et lui faire produire une moisson abondante de vertus et de mérites. À cette fin, je me propose de pratiquer dès ce moment : 1° Une vigilance habituelle sur moi-même, pour penser à vous et éviter ce qui vous offense. 2° Une fidélité constante à mes exercices de piété, malgré les aridités, les dégoûts et les ennuis. Par l'intercession de la divine Mère, fortifiez en moi ces résolutions et rendez-les efficaces jusqu'à mon dernier soupir.

xxii. — Union de notre volonté à celle de Dieu.

Préparation. — Pour aimer Dieu véritablement, nous devons tenir notre volonté toujours unie à la sienne. A cette fin, nous méditerons : 1° L'excellence de la-volonté divine. 2° Les motifs qui nous portent à nous y assujettir. — Nous formerons ensuite la résolution de nous mettre en garde contre nos idées, nos caprices,

noire humeur, afin de chercher uniquement le bon plaisir de Dieu. Juxta voLuntatem Dei vestri facile.1

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