MÉDIT. SUPPLÈM. XXIII. — SOIN DES ACTIONS ORDINAIRES
^ 0 mon Dieu! vous dirai-je avec saint Alphonse, j'estime plus l'accomplissement de votre volonté, que tous les biens que je pourrais acquérir. Disposez de moi et de tout ce qui me regarde, comme il vous plaît, sans tenir compte de mes désirs. 0 Vierge parfaitement soumise! préservez-moi de toute plainte et de toute 'mpatience. Faites-moi regarder le murmure contre Dieu, comme injuste en lui-même, — honteux dans ses principes, — et funeste dans ses conséquences.
xxiii. — Soin des actions ordinaires.
Préparation. — Un autre fruit de l'amour divin, et un moyen de nous rendre conformes à la volonté du Seigneur, c'est de faire avec soin nos actions quotidiennes. Nous méditerons en conséquence : 1° Les motifs de les faire bien. 2° Les moyens d'y réussir — Nous demanderons en même temps au Seigneur la grâce d'y éviter l'empressement, la routine, la négligence, afin qu'on puisse dire de nous, comme on a dit de Jésus : «Il a bien fait toutes choses. » Benc omnia fecit.{
lo Motifs dk faire bien nos actions ordinaires.
Beaucoup d'àmes pieuses, à certains jours, comme dans les neuvaines, se livrent à divers exercices de piété fort louables. Cependant, la meilleure de toutes les dévotions serait de faire alors leurs actions ordinaires avec plus d'attention et de ferveur. Dans ces œuvres journalières, en effet, se rencontrent nos devoirs les plus essentiels, — ceux qui reviennent le plus souvent, —ceux qui composent toute notre vie. En les accomplissant avec soin, on est sûr d'un avantage infiniment précieux, c'est d'être trouvé conforme au bon plaisir de Dieu.
D'un autre côté, les œuvres difficiles et extraordinaires ne sont pas à la portée de tout le monde, et ne se pratiquent pas en tout temps. Les actions communes, au contraire, telles que l'oraison, l'assistance à la messe, la communion, la lecture, l'examen, sont de tous les jours et à la portée de tous ; il en est de même des devoirs d'état et de tout ce qui nous est commandé. Quel tort ne
(1) Marc. 7, 37.
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se cause donc pas une âme, en les faisant avec négligence et par manière d'acquit! Le Sauveur assure que l'infidélité dans les petites choses, amène l'infidélité dans les grandes. Au contraire, si l'on est fidèle, dit-il, dans les occasions quotidiennes, on le sera de même dans les cas rares et extraordinaires.1
Et puis quel trésor de mérites n'acquiert-on pas, en soignant bien ses actions! Saint Bernard, assistant une nuit à Matines, vit plusieurs anges qui prenaient note de ce que les moines faisaient au chœur : pour quelques-uns, ils écrivaient avec de l'or; pour d'autres, avec de l'argent, ou bien avec de l'encre ; ils se servaient môme d'eau à l'égard de plusieurs. N'était-ce pas indiquer clairement la perfection ou l'imperfection des prières de chacun, et le plus ou moins de mérite qu'il lui en reviendrait?
A quoi vous serviront les œuvres saintes, si vous les accomplissez négligemment? A quoi bon tant de lectures, de messes, de communions, si par votre faute elles vous deviennent un sujet de condamnation? — 0 mon Dieu! faites-moi connaître si c'est vous ou moi que je cherche dans mes actions. Accordez-moi la grâce : 1° De souhaiter uniquement dans mes œuvres, à l'exemple des Saints, votre gloire et votre contentement. 2° De m'unir en tout aux dispositions infiniment parfaites de Jésus, pendant sa vie mortelle et maintenant encore dans sa vie eucharistique.