‹ Meditations pour tous les jours de l'anneeChapitre 178 sur 258 · COMMHNT LE CŒUR DE JESUS A PRATIQUÉ LA CONFIANCE EN DIKU · texte numérisé non relu

COMMHNT LE CŒUR DE JESUS A PRATIQUÉ LA CONFIANCE EN DIKU

La confiance surnaturelle qui est fondée sur la foi, est celle que nous mettons en Dieu en nous appuyant sur sa bonté, sa puissance et sa fidélité. Pour accomplir ici-bas sa mission de conquérir la terre, Jésus ne choisit point, selon la sagesse du monde, la richesse, la renommée, la jouissance, appâts si pleins de force pour attirer les cœurs ; non, mais il fait tout le contraire. Il se revêt des livrées de la pauvreté, de l'abjection et de la souffrance, et semble n'avoir d'autre but que de se rendre difficile à lui-même la tâche de se faire aimer. En se livrant à ses ennemis pour mourir de la mort des infâmes, il renonce tout à la fois à son honneur, à sa réputation, au prestige même attaché à ses miracles et à sa personne sacrée. Tous ses disciples l'abandonnent, un d'entre eux le trahit et leur chef le renie. Quoi de plus capable de ruiner son œuvre? Mais le Cœur de Jésus n'a confiance qu'en Dieu seul; voilà pourquoi il fonde son entreprise sur les ruines des espérances humaines.

Il n'agit pas autrement en établissant son Église ou son royaume dans les âmes. Douze pêcheurs sont choisis, hommes sans lettres et sans fortune; à leur tête est celui qui a renié trois fois son

(i)Ps. 72, 28.

386 FÉVRIER. PREMIER VENDREDI (Bis). — MODÈLE DE CONFIANCE.

Maître. Il les envoie sans argent, sans renom, sans talent, prêcher son Évangile jusqu'aux extrémités de la terre et au milieu d'une infinité d'obstacles qui se dressent devant eux. Qui n'eût crié à la folie, comme firent les gentils? Qui n'eût essayé, comme les Juifs, d'arrêter ce scandale? Mais cette folie était celle de la Croix, notre unique espérance. Spes unica; et ce scandale venait de Celui qui, dédaignant l'appui de la Synagogue, faisait entrer dans son Église, remarque l'Apôtre, ce qu'il y avait de plus faible et de plus humble, pour confondre les puissants du siècle et les esprits superbes.1 N'est-ce pas le comble de la vraie confiance, non seulement de ne pas compter sur les ressources humaines, mais de les mépriser expressément, en s'appuyant sur Dieu seul?

0 Jésus! je vous remercie de cette leçon, moi qui estime tant les biens passagers, les qualités, les talents naturels, et qui perds confiance quand l'opinion et le succès ne répondent pas à mon attente. Par l'intercession de votre divine Mère, accordez-moi la grAce d'imiter votre Cœur sacré, en ne comptant jamais sur les ressources de la prudence mondaine, mais sur celles que m'indique la foi. Je me propose : 1° D'agir toujours comme si tout dépendait de moi ; mais de prier et d'espérer comme si vous deviez seul conduire tout à bonne fin. 2° De redoubler de courage dans les difficultés et les peines, puisque de la croix nous sont venus et nous viennent encore tous les biens.

2" Comment nous imiterons la confiance du sacré-cœur

Comme le Cœur de Jésus n'a jamais ici-bas compté sur la richesse, mais en a toujours vécu détaché ; ainsi nous devons mépriser les biens passagers, afin d'estimer d'autant plus les biens éternels et d'en faire l'objet principal de nos aspirations et de notre espérance. Or ces biens s'acquièrent par la foi, l'oraison, la confiance, l'abnégation, les bonnes œuvres et l'exercice des vertus. Employons ces moyens et notre espérance sera surnaturelle comme celle du Sacré-Cœur.

Jésus n'a pas non plus ambitionné la gloire mondaine ou la renommée, comme il le dit lui-même. Non quœro gloriam meam* Jamais il ne s'est appuyé sur l'opinion pour agir et se rassurer, comme le font tant de chrétiens. Toujours il a cherché purement

(1) Joan. 8, 50. (2) Joan. 8, 50.

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