MARS. — LE BIENHEUREUX CLÉMENT-MARIE HOFBAUER
point qu'en parlant sur ce sujet, sa voix était étouffée par ses sanglots. De là lui venait cette profonde horreur du péché, qui a causé la mort d'un Dieu. De là sa patience dans les épreuves et les humiliations, en union avec Jésus crucifié dont les afflictions, disait-il, ont sanctifié les nôtres et dont les vertus divines communiquent leurs mérites à toutes nos actions.
Jésus dans I'Eucharistie n'était pas moins cher à son cœur aimant. Le jour et la nuit, il passait de longues heures en adoration devant le Tabernacle. Souvent on l'entendait s'écrier : « 0 bon Jésus! ô mon souverain Bien! ô Bien souverainoment aimable! » Son visage paraissait transfiguré, surtout à l'autel, et l'on venait à l'envi assister à sa messe, afin de s'édifier et de s'embraser d'ardeur.
De cet amour envers l'Homme-Dieu sortait, comme la flamme de son foyer, le zèle extraordinaire qui le dévorait. Il aurait voulu communiquer à tous le feu céleste qui consumait son cœur et qui le rendait si dévoué, en chaire, au confessionnal et partout, dans la recherche de la brebis perdue. Il avait coutume de recommander aux pieux fidèles, de saluer toujours Jésus en passant devant les églises où il repose ; de faire souvent la communion spirituelle et d'adorer intérieurement, à chaque heure, le très saint et très divin Sacrement. « Ces pratiques, disait-il, tiennent l'âme unie à Dieu. »
Imitons la conduite de notre Bienheureux : allons comme lui puiser l'amour de notre Rédempteur aux trois sources si fécondes de la Crèche, de la Croix et du Tabernacle. Là nous apprendrons à aimer un Dieu anéanti, — un Dieu souffrant, — un Dieu toujours IMMOLÉ.
0 Jésus! comme je ne puis vous aimer qu'en marchant sur vos traces, faites-moi pratiquer spécialement cette humilité sincère, qui me rende souple et docile, toujours porté à obéir avec la simplicité de I'enfance évangélique. — Par les mérites de votre Passion, inspirez-moi cette patience généreuse, qui me conserve la paix, l'égalité d'humeur, au milieu de l'embarras des affaires et de l'inégalité des événements. — Qu'à la pensée de votre immolation sur les autels, je me décide à pratiquer l'esprit de sacrifice, l'abnégation de moi-même et de mes défauts, la répression de ma volonté propre et de mes instincts dépravés. 0 Marie! aidezmoi vous-même à honorer et à imiter votre adorable Fils dans son Incarnation, — dans sa Passion — et dans les mystères eucharistiques, comme l'a fait votre serviteur, le bienheureux Clément-Marie.
13 mars. — Mort de saint Joseph.
Préparation. — Si, d'après le Psaîmiste, la mort du juste est précieuse, combien ne le fut pas celle de Joseph, déclaré juste par l'Esprit-Saint lui-même! Considérons donc : 1° Comment mourut ce saint Patriarche. 2° Comment notre mort pourra ressembler à la sienne. — Si nous vivons, à son exemple, loin du monde et de ses vanités, tout entiers au travail de notre sanctification, nous pourrons espérer une mort heureuse et précieuse devant Dieu. Preliosa in conspeclu Domini mors sanctorum ejus.1