‹ Meditations pour tous les jours de l'anneeChapitre 198 sur 258 · PS · texte numérisé non relu

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sainte de Joseph, et en fit l'heureuse victime de la volonté du Très-Haut qui le rappelait à lui. 0 mort vraiment digne d'envie! Glorieux Patriarche de Nazareth ! vous avez témoigné votre amour à Jésus et à Marie, en partageant leur vie humble, pauvre et souffrante. Voilà pourquoi votre mort a été si paisible. Obtenezmoi la grâce de les aimer tendrement, à votre exemple; de me plaire comme vous avec eux dans une condition ignorée et oubliée du monde. Inspirez-moi le courage d'honorer leur pauvreté et la vôtre, en retranchant à mes satisfactions. Communiquez-moi la force de porter en paix la croix de chaque jour, et de me tenir toujours prêt comme vous à quitter ce triste exil. A cette fin, je suis résolu : 1° De m'humilier en toutes choses, selon le conseil de l'Esprit-Saint.1 2° De me rendre de plus en plus attentif à mortifier mes sens et mes inclinations. 3° De m'exercer à la douceur et à la résignation dans les peines et les difficultés, afin de mériter une mort sainte et heureuse comme la vôtre. Beati mortui qui in Domino moriuntur*

2° Comment notre mort pourra ressembler a celle i>r saint joseph.

Figurons-nous qu'à l'heure où notre saint Patriarche va rendre le dernier soupir, nous entrions dans la maison de Nazareth, et que là prosternés aux pieds du saint mourant, nous demandions en son nom, au Rédempteur des hommes et à sa Mère bien-aimée, le pardon de nos péchés, la persévérance et le salut, ne nous semble-t-il pas impossible que Jésus et Marie résistent à nos supplications, à la vue de Joseph expirant? Combien moins le feront-ils, si nos prières sont appuyées par Joseph couronné dans la gloire ?

Aussi regarde-t-on le saint Patriarche comme le Patron spécial de la bonne mort. Ayant goûté le bonheur d'expirer entre les bras du divin Médiateur et de la Dispensatrice des grâces, il veut le faire partager à ses fidèles serviteurs. Après avoir sauvé la vie au Rédempteur lui-même et contribué par là à notre Rédemption, n'est-il pas juste qu'il ait encore la mission de nous conserver, jusqu'au dernier soupir, la vie de la grâce, prix du sang de Jésus, et de nous ouvrir ainsi les portes de la vie éternelle? Et c'est ce que fait notre Saint avec une tendresse et une fidélité, qui rendent

(1) Eceli. 3, 27. (2) Apoc. 14, 15.

son patronage, à la dernière heure, le plus puissant et le plus dévoué après celui de la divine Mère.

Pour mériter sa protection, ne nous contentons pas de le prier; vivons encore de manière à réjouir son cœur. Car si nos années se passent dans la tiédeur, dans l'habitude des fautes vénielles et dans la négligence de nos devoirs, ne pensons pas qu'à la mort nous allions, par les prières de saint Joseph, devenir tout à coup fervents, pieux, vertueux. « Ne vous y trompez pas, dit l'Apôtre; l'homme récoltera ce qu'il aura semé. l » — Si donc vous voulez avoir une mort semblable à celle du saint Patriarche, imitez sa pureté de conscience, pratiquez son amour envers le Verbe incarné et la Vierge-Mère. La puiiETé de conscience, vous l'obtiendrez par l'usage fréquent des actes de contrition et surtout du sacrementde Pénitence, qui vous sera une préparation habituelle à la con" fession finale et à l'Extrême-Onction. L'amour envers Jésus et Marie vous viendra surtout de vos communions ferventes et de l'esprit de prière, moyens si efficaces pour vous disposer au Viatique de votre suprême passage du temps à l'éternité. Quœ seminaverit homo, hœc et metet.

0 glorieux saint Joseph ! communiquez-moi cette pureté intérieure, qui vous exempta même des imperfections et vous tint ici-bas toujours détaché. Par là, pratiquant, à votre exemple, la vie d'oraison et les fréquents rapports avec Jésus et Marie, je les aimerai sans inconstance et mériterai d'être assisté par eux et par vous, dans mes derniers instants. En attendant, je suis résolu : 1° De purifier mon âme des moindres fautes, à l'aide du repentir et de la confession faite avec foi. 2° De m'attacher exclusivement au service de Jésus et de sa divine Mère, dirigeant vers eux toutes mes pensées et mes affections, afin qu'ils soient à moi, comme à vous, pendant la vie et à la mort, le centre de mes aspirations, — l'objet de mon amour, — et les plus fermes appuis de mon espérance pour l'éternelle béatitude.

(I) Gai. G, 8.

19 mars. — Le Patriarche de Nazareth.

Préparation. — Considérons les motifs qui doivent nous pcr" suader d'honorer et d'aimer saint Joseph : 1° Ses grandeurs indicibles. 2° Son admirable sainteté. — A l'exemple de la divine Mère et de l'Enfant Jésus, proposons-nous de rendre chaque jour nos hommages au Chef auguste de la sainte Famille; témoignonslui notre amour en imitant les vertus qui l'ont fait surnommer Juste par l'Esprit-Saint lui-même. Joseph autem, vir ejus, cum cssctjastus.

\o Gkandeurs indicibles DE SAINT JOSEPH.

L'Esprit-Saint a exprimé en quelques mots toutes les hautes dignités du saint Patriarche de Nazareth : « Il était, dit-il, l'Epoux de Marie de laquelle est né Jésus. » Virum Marias de qua natus est Jésus. Ces paroles comprennent trois prérogatives insignes qui distinguent notre Saint, de tous les fils d'Adam.

La première est celle d'Epoux de Marie, c'est-à-dire Epoux de la Vierge immaculée, de la Reine des Anges, de la Souveraine de l'univers, de la Mère de notre Dieu ! 0 privilège admirable, qui suppose en Joseph des qualités et des vertus proportionnées à celles de Marie elle-même ! Dire qu'il est l'Epoux de la Mère du Rédempteur, c'est affirmer, selon saint Bernard, qu'il lui est en tout semblable, semblable par l'esprit, par le cœur, par les sentiments, par les dons, le mérite et la dignité. Marie est l'aurore qui annonça le Soleil de justice; Joseph est l'horizon illuminé de ses splendeurs.

La seconde prérogative qui élève notre Saint au-dessus de tous les hommes comme Marie est élevée au-dessus de toutes les femmes, est celle de Père nourricier de Jésus. Aucune maternité terrestre ne peut être comparée à celle de la Mère du Créateur; de même il ne se peut ici-bas de paternité plus sublime que celle de Père nourricier d'un fils qui est Dieu. Joseph partage ainsi, avec le Père éternel lui-même, et la grandeur, et la tendresse et la sollicitude paternelles envers le Verbe incarné. G-mystère ineffable! Les Juifs affectaient de regarder le Sauveur comme un enfant ordinaire dont le père n'était qu'un pauvre artisan. Mais nous, qui avons la foi, nous savons que Joseph, humble ouvrier.

est le noble Représentant du divin Architecte qui a créé l'univers, et que son Fils adoptif, Jésus, est le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs. Rex regum et Dominus dominantiam. Quelle gloire pour notre Saint! et quelle obligation pour nous de la reconnaître, par notre respect, notre dévotion et notre amour envers lui !

Une troisième prérogative, conséquence des précédentes, achève d'élever Joseph au plus haut degré de grandeur : en qualité d'Epoux de Marie et de Père putatif de Jésus, il était le Chef de la sainte Famille, de cette Famille qu'on appelle à juste titre la Trinité de la terre, parce qu'elle est la plus parfaite image de la Trinité du ciel, à qui est dû l'honneur dans tous les siècles. — Rendez donc de fréquents hommages, au Père, au Fils et au Saint- Esprit, qui régnent dans les cieux, mais n'oubliez pas Jésus, Marie, Joseph dans l'exil de ce monde. « Gravez dans votre cœur en lettres d'or leurs noms sacrés, s'écrie saint Léonard de Port- Maurice; prononcez-les souvent; écrivez-les partout, et qu'ils soient encore sur vos lèvres à votre dernier soupir ! »

0 glorieux Patriarche de Nazareth ! je me réjouis de votre élévation. Daignez m'obtenir cette humilité profonde qui vous a rendu si soumis et si fidèle, au milieu de vos grandeurs, tandis que Lucifer et tant d'autres, moins élevés que vous, se sont perdus par leur orgueil. Inspirez-moi les plus humbles sentiments de moi-même, l'amour de la vie cachée, et la grâce de me contenter, comme vous, des regards de Jésus et de Marie, dans toutes mes actions.

2° Admirable sainteté de saint Joseph.

L'Esprit-Saint a de nouveau exprimé en quelques mots toute la sainteté du Patriarche de Nazareth. « L'Epoux de Marie, dit-il, était un homme juste. » Vir ejus cum esset justus. Le mot juste signifie déjà par lui-même un saint consommé dans toutes les vertus; mais, joint au titre auguste d'Epoux de Marie, il acquiert une force merveilleuse, qui ajoute à la sainteté de Joseph tout ce que sa dignité d'Epoux de la Mère de Dieu lui confère de grandeur surnaturelle. Bien plus, il fut Saint en proportion de son élévation sublime au-dessus des autres Saints, non seulement comme Epoux de Marie, mais encore, par une conséquence nécessaire, comme Père putatif de Jésus et Chef légitime de la sainte Famille. 0 mystère incompréhensible !

Quelle pureté ravissante ne dut point posséder Joseph, pour

être le Gardien fidèle de la virginité de la seule créature qui, par le plus insigne des privilèges, est immaculée dans sa Conception et Mère sans cesser d'être Vierge ! Aussi les Anges, amis de la candeur et de l'innocence, faisaient leurs délices de visiter Joseph pendant sa vie mortelle, le regardant comme leur émule et leur supérieur. Us lui apparaissent : 1° Pour lui confier le mystère de l'Incarnation.1 2° Pour lui faire part de la Rédemption des hommes que Jésus vient opérer.2 3° Pour le tranquilliser au sujet de la maternité de Marie. 4° Pour lui révéler le nom qu'il doit donner à l'Enfant divin. 5° Pour le préserver de la persécution d'Hérode. G0 Pour le faire revenir d'Egypte en Palestine. 7° Pour l'avertir de se retirer en Galilée et d'éviter ainsi le voisinage d'Archelaus.3 Ces nombreux messages ne prouvent-ils pas combien les Anges se plaisaient à parler à Joseph, dont la pureté virginale les embaumait do son parfum et les faisait agir envers lui comme des serviteurs envers leur maître?

11 nous serait impossible de considérer à part chacune de ses vertus; mais I'humilité étant, selon saint Augustin, le commencement, le milieu et le sommet de la perfection, nous pouvons apprécier par elle la hauteur de l'édifice de sainteté, bâti dans son cœur toujours fidèle à la grâce. Pour en avoir une idée, il suffît de considérer, d'un côté, sa sublime dignité de Père putatif de l'Enfant-Dieu, dignité reçue du ciel ; et, de l'autre, la vie humble et ignorée qu'il mena jusqu'à la fin comme un simple ouvrier. Qui jamais parmi les Saints, sinon la divine Mère, sut joindre tant d'abaissement volontaire, à tant de grandeur réelle et impérissable? Preuve évidente de la solidité exceptionnelle de sa vertu !

D'ailleurs puisque, dans la nature, quelques rayons de soleil suffisent à faire éclore la violette, le lis et toutes les autres fleurs, pourrions-nous comprendre à quel degré, dans l'ordre de là grâce, se sont développées en notre Saint les fleurs si précieuses d'humilité, de pureté et des autres vertus, en le voyant lui-même jour et nuit exposé aux splendeurs vivifiantes du Soleil de Justice et de la Lune mystique? Pendant tant d'années il subit l'influence de leurs lumières et de leurs ardeurs, et s'y montra docile. Qu'y a-t-il donc d'étonnant, s'il surpasse en sainteté toutes les créatures, excepté la divine Mère?

(1) Malin, 1, 20. (2) MaUli. 1,21. (3) Malin. 1,21 et 2, 13, 19, 22.

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