‹ Meditations pour tous les jours de l'anneeChapitre 30 sur 258 · LK BAPTÊME NOUS OBLIGE A IMITER JÉSUS · texte numérisé non relu

LK BAPTÊME NOUS OBLIGE A IMITER JÉSUS

Il ne nous suffit pas d'avoir reçu au baptême les dons gratuits qui nous revêtent intérieurement de Jésus; nous devons encore travailler à faire passer sa vie dans notre conduite. «Chrétien! s'écrie saint Ambroise, reconnais ta grandeur. Le Christianisme, c'est l'imitation de l'IIomme-Dieu. En qualité de chrétien, tu dois imiter le Christ. »

Mais est-il possible à notre nature humaine, de retracer des vertus divines? Oui ; car Jésus, en Rabaissant jusqu'à nous, a mis ses perfections à notre portée. En s'humiliant comme le dernier des mortels, il nous a rendu facile à nous, vers de terre, de nous humilier avec lui. Roi éternel et tout-puissant, il s'est assujetti à ses propres créatures ; nous serait-il difficile, après cela, à nous, vils néants, de nous soumettre à lui, dans la personne de ceux qui nous le représentent? Il a prié, travaillé, souffert; il s'est mortifié pour notre amour ; comment hésiterons-nous à marcher

sur ses traces? Il n'est pas de ces maîtres qui disent et ne font pas : ce qu'il enseigne, il l'a pratiqué le premier.

« Représentez-vous donc, écrit saint Bonaventure, la conduite et l'ensemble de la vie de Notre-Seigneur, soit que vous marchiez, soit que vous preniez vos repas, que vous parliez ou que vous gardiez le silence ; en un mot, seul ou en compagnie, jetez toujours les yeux sur Jésus, comme sur votre Modèle. Ces regards fréquents sur votre Sauveur enflammeront votre amour, animeront votre confiance, attireront sur vous la grâce et vous rendront parfait en toutes sortes de vertus. Que ce soit là votre attrait, d'avoir toujours dans votre esprit la pensée de quelques-uns des mystères de Jésus, pour vous exciter à l'aimer et à l'imiter. »

0 mon divin Maître ! je renouvelle les vœux de mon baptême et je renonce, pour vous plaire, aux trois concupiscences du monde. Je veux souvent me rappeler qu'étant, par la grâce, entré dans votre famille et appartenant en quelque sorte à votre race, je dois vivre de votre esprit, être animé de vos sentiments et faire battre mon cœur à l'unisson du vôtre en me conformant à toutes vos volontés. Par l'intercession de Marie, rendez-moi semblable à vous, surtout dans l'obéissance à vos préceptes, contre I'orgueil de mon esprit; dans la mortification des sens, contre les convoitises de la chair ; dans le parfait détachement, contre l'amour des biens passagers. Quicumque enim in Christo baptizati estis, Christum induistis.

DEUXIÈME DIMANCHE APRÈS L'EPIPHANIE. - Le Nom de Jésus.

Préparation. — Le Nom de Jésus, qui nous est venu du ciel est de tous les noms 1° Le plus secourable. 2° Le plus aimable il nous rappelle les perfections, les bienfaits et les souffrances de riIomme-Dieu. — Invoquons-le donc, avec celui de Marie nour ainsi dire a chaque instant; car, selon Thomas A-Kempis' nous obtiendrons par cette courte prière, une protection puissante dans tous les dangers du corps et de l'âme. Hœc sancta oralio Jésus et Maria, for Us ad protegendum. '

1° Combien est secourable le nom de Jésus.

En quel triste état était le monde avant la venue du Sauveur ! Les hommes ignoraient leurs devoirs, leurs destinées futures, ils

ne connaissaient pas Dieu; à l'exception des Juifs, tous les peuples étaient plongés dans les abominations de l'idôlatrie; les neuf dixièmes de l'humanité gémissaient dans l'esclavage ; et combien peu d'âmes se sauvaient! Comment se sont dissipées ces affreuses ténèbres? Comment fut inauguré le règne de la chasteté, de la charité, de la piété? Par la prédication du Nom de Jésus. Les Apôtres ne savaient prêcher que Jésus, et Jésus crucifié.1

Or, ce qu'il a été pour l'univers, ô Sauveur adorable, votre Nom l'est pour chacun de nous. Souvent notre âme se remplit de ténèbres vomies par l'enfer; Satan y allume l'incendie de violentes passions; il fait briller à nos yeux l'appât des biens et des jouissances terrestres; comme il vous a dit autrefois, il nous répète à nous : « Je vous donnerai toutes ces choses, si vous voulez m'adorera » Semblable à un lion rugissant, il rôde autour de nous. Comment échapper à sa fureur? Par l'invocation de votre Nom, ô tout-puissant Jésus ! « Quiconque invoquera le Nom du Seigneur, dit l'Apôtre, sera sauvé;3 » et saint Pierre : « Il n'est point d'autre nom qui puisse assurer notre salut.4 » « L'expérience prouve, ajoute saint Alphonse, que ceux qui ont l'habitude d'invoquer le nom de Jésus restent fermes dans le combat et remportent toujours la victoire.5 »

Mais l'enfer nous laissât-il en repos, les faiblesses de notre coeur ne suffiraient-elles pas à nous précipiter dans tous les désordres? Heureusement que le Nom de Jésus est un aliment qui nous fortifie ! En nous rappelant les humiliations du Rédempteur, il nous donne la force d'humilier notre esprit, de fuir l'honneur mondain, de supporter les mépris et les affronts. En réveillant en nous le souvenir des privations de Jésus Enfant et des souffrances de Jésus crucifié, il nous encourage à imiter son détachement et sa patience. « Rien, comme ce Nom, dit saint Bernard, ne réprime la fougue de la colère, l'enflure de l'orgueil ; rien ne panse mieux les blessures de l'envie ; rien n'arrête plus sûrement les excès de la luxure. »

Prenons donc la résolution de l'invoquer quand nous sommes tentés : 1° Contre la foi, pour ne pas raisonner avec le tentateur. 2° Contre l'espérance, pour nous rappeler la puissance, la bonté et la fidélité de Dieu dans ses promesses. 3° Contre la charité, afin que celle du Sauveur nous presse de résister généreusement à

(1) I Cor. 1, 23. (2) Matth. 4, 9. (3) Rom. 10, 13.

(4) Act. 4, 12. (5) Disc, sur le nom de Jésus.

toutes les suggestions du monde, de l'enfer et de nos passions. — 0 Jésus, mon Rédempteur! faites-moi toujours agir par vous, — comme vous — et en vous, afin de vous être constamment uni. Ver ipsum, et cum ipso et in ipso/

2° Combien est aimable le nom de jésus.

Quoi de plus capable de nous embraser d'amour que le Nom de Jésus? « Quand je le prononce, dit saint Bernard, je me figure un homme doux, affable, compatissant, rempli de toutes les vertus ; je pense en même temps qu'il est Dieu et qu'il en a tous les attributs; qu'il est la Puissance même, l'éternelle Sagesse, l'Amour en personne, descendu jusqu'à moi pour me guérir et me sanctifier. » Qui pourrait se défendre d'aimer un tel ami, s'il y pensait souvent, et surtout s'il pensait aux biens immenses dont il nous a comblés?

Quels bienfaits que l'Incarnation du Verbe, sa médiation pour nous auprès delà divine justice, l'offrande qu'il a faite de son sang en notre faveur, et le perpétuel renouvellement de toutes ces merveilles par les sacrements de l'Eglise! N'est-ce pas lui qui, après nous avoir délivrés, préservés de l'enfer et de tant de maux temporels, nous a ouvert le ciel et mérité les grâces qui y conduisent? Peut-on prononcer son Nom sans se rappeler ces consolants mystères, et sans aimer en conséquence Celui qui en est l'auteur ? 0 mon Dieu! qu'avec raison l'Apôtre destiné à porter votre Nom aux gentils s'écriait, dans le transport de sa reconnaissance : « Anathème à quiconque n'aime pas le Seigneur Jésus ! »

Mais ce qui doit surtout nous porter à l'aimer, c'est la pensée des ignominies et des douleurs endurées pour nous par cet adorable Maître dont le nom signifie Sauveur. Et quoi de plus capable de nous faire mourir à nos penchants, à notre volonté propre, et de nous forcer doucement à servir notre Dieu ? « Jésus est mort, dit l'Apôtre, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort dans l'intérêt de leur salut. » —Examinez : 1° Si vous cherchez uniquement Jésus dans vos pensées, vos intentions, vos affections, votre conduite. 2° Si vous lui sacrifiez tout ce qui déplaît en vous à sa bonté infinie, surtout le défaut qu'on vous reproche le plus.

0 mon Rédempteur tout aimable ! votre nom de Jésus, en me rappelant vos perfections, —vos bienfaits — et vos souffrances, me

(1) In Missa.

presse sans relâche de m'attacher à vous. Donnez-moi la force de retrancher de mon cœur tout désir, toute inclination qui ne tend pas à vous. Par l'intercession de la divine Mère, affirmissez en moi votre règne, afin que ma volonté soit en tout et toujours dirigée par la vôtre. Omnia in nomme Domim Jesu.

14 janvier. - Saint Hilaire, Docteur de l'Eglise.

Préparation. — « Le zèle de votre maison me dévore, » disait à Dieu le Prophète-Roi.1 On peut appliquer ces paroles à notre Saint. 1° Il fut animé de la foi la plus simple et la plus vive. 2° Il la défondit avec un courage invincible. — Est-ce la foi, la grâce, ou bien la nature qui vous guide en toutes vos actions? Rentrez aujourd'hui en vous-même, pour examiner les motifs qui vous font agir. Juslus aidera viens ex fide vivil?

lo Foi vive et simple de saint hilmre.

« La foi seule, disait ce saint Docteur, a la gloire d'élever 1 homme ou sa raison ne pourrait atteindre. Pour embrasser l'action d'un Dieu éternel et infini, il faudrait une intelligence illimitée. Or, l'esprit humain a des bornes. Jl faut donc que la

SCIENCE SE SOUMETTE à la foi. »

Pénétré de cette doctrine, le saint Docteur adhérait pleinement à toutes les vérités révélées. — Vous me demandez, dit-il, comment il a pu se faire que Jésus ressuscité soit entré dans le Cénacle, les portes fermées. Votre raison révoltée me pose mille objections. Pour moi, je me contente de vous répondre : « Je suis un ignorant; je crois les choses telles que Dieu les a dites. Tout ce que je puis constater, c'est qu'il les a dites; ne me demandez pas l'explication des faits. L'Évangile m'assure que Jésus, ayant un corps, est entré dans une chambre sans en ouvrir les portes. Je le crois. Comment s'y est-il pris? C'est son affaire, et non la mienne. S'il y a des mystères dans la création, pourquoi n'y en aurait-il pas dans la religion? Prétendez-vous que Dieu ne fasse jamais rien que vous ne puissiez comprendre? »

Telle était la foi simple et vive de ce grand Docteur! 11 mettait

(1) Ps. G8, 10. (2) Hebr. 10, 38.

en pratique cette parole du divin Maître : « Si vous ne devenez semblables à des enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux.1 » — « Un enfant, disait le saint, ne connaît point la prétention ; il écoute avec docilité, et croit aisément les vérités qu'on lui enseigne. Revenez donc à cette droiture de l'enfance. » Ayez horreur de l'artifice et de la dissimulation ; fuyez les vices du monde, son esprit critique, moqueur, dissipé, qui aime la vanité et le mensonge. Croyez sans restriction tous les mystères révélés, et faites-en la règle de votre conduite.

0 mon Dieu ! durant la vie présente, mettez-moi souvent devant les yeux : 4° L'éternité malheureuse, qu'il me faut fuir à tout prix en évitant le péché. — 2° L'éternité bienheureuse, que je dois mériter par l'exercice des vertus.— 3° Jésus et Marie sur le Calvaire, qu'il me faut contempler pour animer mon courage, soutenir mes espérances et fortifier mon amour. Inspirez-moi la délicatesse de conscience, la fidélité à mes devoirs et l'esprit de sacrifice, pour agir toujours selon mes croyances. Juslus autemmeusexfide vivit.

£o Zèle de sa.int hilaire.

Ce saint Docteur réunissait dans sa personne toutes les qualités qui font les grands évêques. A un naturel doux et paisible, il joignait une vigueur, un zèle et une fermeté apostoliques que rien ne pouvait arrêter, ni intimider. Il aurait pu demeurer à l'écart et en repos dans son église de Poitiers, sans s'occuper des disputes des orientaux, mais la charité dont il brûlait pour l'Eglise et pour Dieu, lui fit prendre la défense de la foi, au péril même de sa vie. Exilé par l'empereur Constance : « Que mon exil dure toujours, disait-il, pourvu que la vérité soit prêchée ! »

Il composa plusieurs traités où l'on voit éclater son ardeur à défendre les mystères d'un Dieu en trois personnes, de l'incarnation du Verbe, de la suprématie et de l'infaillibilité de Pierre et de ses successeurs. — L'hérésie n'osa jamais lutter de front avec lui; elle employa la ruse et la violence, mais elle ne sut point le vaincre, ni le forcer à se taire. Saint Augustin et saint Jérôme lui donnent les noms glorieux de « Docteur illustre des Eglises et d'Orateur très éloquent. » — Après sa mort dans sa ville épiscopale, une lumière éblouissante enveloppa son lit funèbre comme

(1) Matth. 18, 3.

48 15 jAiNVfÉh. — IMITATION DE L*ENFANT JÉSUS.

pour attester qu'il avait été le phare de son siècle. D'insignes miracles, opérés à son tombeau, vinrent confirmer les doctrines qu'il n'avait jamais cessé d'enseigner.

Telle est la force du zèle, ô mon Dieu ! du zèle vivifié par la foi et par la charité ! il porte des fruits si durables qu'ils demeurent au delà du tombeau. — Avons-nous le désir de notre perfection et du salut de nos frères ? Ce désir naît-il en nous d'une foi vive sur le prix de l'ame rachetée par Jésus-Christ, et surtout d'un fervent amour envers le Sauveur lui-même? Voyons quels motifs nous guident en toutes nos actions, est-ce l'activité naturelle ou îa crainte de nous gêner? — est-ce la passion de plaire aux hommes, ou l'intention de contenter Dieu? — est-ce notre intérêt, notre satisfaction, ou la gloire de Jésus et l'utilité du prochain? Sondons là-dessus nos dispositions, et proposons-nous d'agir toujours à l'avenir par des principes de foi, surtout dans l'exercice : l°De la présence divine, qui doit être l'âme de notre vie intérieure. 2° De l'obéissance à mes supérieurs, qui nous tiennent la place de Dieu. 3° De la charité envers le prochain, à qui Jésus cède ses droits à notre affection et à nos services. 4° De la patience dans les contrariétés, qui sont des perles précieuses à recevoir avec amour, de la main du Père céleste. Justum autem meusex/idevivit.

15 janvier. - Imitation de l'Enfant Jésus.

Préparation. — Continuons nos méditations sur les mystères de l'Enfant-Dieu, et voyons 1° L'obligation où nous sommes d'imiter le Verbe incarné, comme Roi, Maître et Modèle. 2° Les vertus que nous devons surtout copier en lui. — Au lieu de suivre nos idées, nos goûts, nos caprices, prenons la résolution de renoncer souvent à notre volonté, afin de marcher plus fidèlement sur les traces de Jésus. Débet sicut et itle ambiUavit, et ipse ambulare.

lo Obligation d'imiter l'enfant jésus.

Comme un roi est en droit de dire à ses sujets : Suivez-moi, marchez sous mes drapeaux; ainsi le TtOi Jésus peut nous crier à

(t) I Joan. 2, 6.

tous dès sa naissance : « Je suis votre monarque ; marchez sur mes traces. » Quand Ethaï entendit David l'engager à ne point l'accompagner en exil, que répondit ce sujet fidèle? « Vive leSeigneur, et vive le roi mon souverain ! s'écria-t-il ; en quelque endroit que vous alliez, soit à la mort, soit à la vie, là vous suivra votre serviteur.' » — Ainsi chacun de nous devrait dire à Jésus : « Saint Enfant, Prince de la paix, Roi de gloire ! je veux aller à votre suite depuis la crèche jusqu'au sépulcre; partout, à Bethléem, en Egypte, à Nazareth, au Calvaire, je veux marcher sur vos traces, imiter vos vertus. » Sequar te quocumque veris?

Tout Enfant qu'il est, le Sauveur nous est aussi donné comme notre Maître ainsi que l'annonce Isaïe.3 Erunt oculi videntes Prœceptorem tmmi. Les anciens Juifs, dit l'Apôtre, ont été enseignés par les prophètes ; mais voici qu'aujourd'hui le Père céleste veut nous instruire par son Fils/ Mais ce Fils, comme Verbe éternel, serait un Docteur trop sublime pour notre esprit si faible; voilà pourquoi il s'incarne, devient Enfant comme nous, et se met à notre portée. 0 tendresse de la charité d'un Dieu ! Le voilà nous instruisant déjà dès sa naissance, et nous parlant au cœur par ses inspirations. Ecoutons-le avec la plus entière docilité.

Soyons spécialement attentifs à sa conduite; car étant notre Modèle, il nous prêche surtout d'exemple. La crèche, la paille où il repose, les langes qui le garantissent à peine du froid, les larmes qu'il répand surnous, tout nous exhorte à pratiquer comme lui le détachement, la résignation, la mortification et la pénitence. Ne cessons donc pas de le considérer dans l'étable où il s'offre à nous. «Regarde et fais, nous crie à chacun le Père éternel, selon le Modèle qui t'est montré dans l'humble grotte de Bethléem . » Inspice et fac secundum exemplar quod tibi monstratum est*

Aimable Enfant! daignez éclairer mon intelligence et embraser mon cœur de votre amour. Alors je comprendrai que pour être le sujet fidèle d'un Roi tel que vous, il ne me suffit pas de vous respecter, mais je dois encore marcher à votre suite et triompher avec vous des ennemis de mon salut. — Accordez-moi la grâce de vous écouter comme mon Maître et d'étouffer en moi les préjugés du siècle pour me conformer à vos maximes. — Je suis résolu de vous contempler souvent dans la crèche, comme mon divin Modèle, modèle qui m'apprend à combattre en mon cœur l'orgueil

(1) II Reg. 15. (2) Matth. 8, 19. (5) Is. 30, 20.

(4) Hebr. 1,2. (5) Exo. 25. 40.

et la sensualité, à réprimer la vanité, la prétention, la suffisance, et à mortifier les exigences de la nature toujours si avide d'élévation, de biens sensibles et de jouissances terrestres.

2o Vertus a imiter en jksus enfant.

Quoique l'Enfant divin soit un modèle universel et qui s'applique à tout, arrêtons-nous cependant à copier en lui cette prédilection qu'il eut toujours pour la vie humble et cachée, vie si opposée à notre soif désordonnée de paraître et de nous produire. Quel prodige de voir ce Roi de gloire, ce Maître par excellence, enfouir dès son berceau les trésors de sagesse et de science dont il possède en lui la plénitude ! Au lieu de naître au milieu d'une ville célèbre, et de réunir autour de sa personne tous les savants de la terre pour les instruire, il naît, lui le Verbe incarné, la splendeur du Père, il naît dans une grotte ignorée, au milieu du silence et des ténèbres de la nuit ; et c'est aux plus simples, à des bergers, et non aux grands, aux érudits du siècle, qu'il fait annoncer son avènement, avènement qui doit régénérer l'univers. 0 mystère d'humilité! que tu es admirable, et combien tu nous presses de préférer être ignorés, oubliés, méprisés de tous les hommes, plutôt que d'exposer notre ame au danger de la vaine gloire en brillant parmi eux!

jN'est-ce pas dans ce but que l'Enfant-Dieu, notre Maître, a tant aimé la solitude? Né dans une étable abandonnée, quand il désire converser avec une âme, il lui inspire l'amour de l'isolement. «Je la conduirai dans la solitude, s'écrie-t-il, et je lui parlerai au cœur.1 « Il nous montre ainsi combien il souhaite nous voir entièrement détachés, séparés de tout, afin d'être lui seul notre unique pensée, l'unique objet de nos affections. Chaque fois donc que nous perdons notre temps à converser inutilement avec les créatures, nous nous éloignons de la volonté de notre Roi, de notre Maître, de noire Modèle, qui nous veut entièrement à lui.

Or, pour être entièrement à Jésus, il est nécessaire de nous renoncer, à son exemple. Jamais, dit l'Apôtre, il ne s'est recherché lui-même.2 « Je ne fais rien, disait-il, de mon propre mouvement;3 mais c'est mon Père qui opère tout en moi.' » Jésus s'efface donc

(i) Os. 2, U. (2) Rom. lî>, 3.

(5) Joan. 8, 23. (4) Joan. \ l, 10.

46 JANVIER. — JÉSUS, MODÈLE DE l'eNFANCE CHRÉTIENNE. 51

au point de n'avoir plus aucune volonté propre, lui, le Dieu toutpuissant, qui commande à tout l'univers ! — Ah ! quand soumettrons-nous comme lui notre esprit, notre cœur, tout notre être et jusqu'à nos moindres désirs, aux intentions et aux desseins du Père céleste, sans lui résister jamais en rien?...

0 Jésus, Verbe incarné ! c'est à vous d'opérer en moi cette complète transformation, de me faire aimer la vie cachée, la vie retirée du monde, la vie de renoncement à moi-même et à tout ce qui n'est pas vous. Pour aider votre grâce dans ce travail de tous les jours, je veux : 1° Me persuader qu'il n'est rien de si honorable que de marcher sous votre étendard, ô Roi immortel, et que vivre obscur avec vous surpasse en éclat toutes les gloires de la terre. — Je veux 2° Etre toujours recueilli, afin d'entendre votre voix et de méditer votre doctrine, ô Maître incomparable, qui aimez à nous instruire dans le silence et dans la solitude intérieure. — 3° Je m'efforcerai de pratiquer l'oraison continuelle, moyen si efficace de vous étudier à fond, ô mon divin Modèle, et d'obtenir des forces pour imiter votre entière abnégation. 0 Marie ! ô Joseph ! je vous recommande instamment ces résolutions, afin que j'y sois fidèle.

16 janvier. — Jésus, modèle de l'enfance chrétienne.

Préparation. — « Un petit Enfant nous est né, » dit Isaïe ;* il est le Modèle de tous ceux qui veulent embrasser l'en fonce éva ngel ique. Voyons donc 1° De quels sentiments nous devons être animés pour luiressembler. 2° Quels effets produiront en nous ces dispositions. — Formons ensuite le propos sincère de penser, de parler, d'agir avec simplicité et droiture, en cherchant uniquement, comme Jésus, la gloire et le bon plaisir de Dieu. Sentitc in vobis quodet in Chris to Jesu.*

1° Sentiments de l'enfance chrétienne.

« Revêtez-vous, dit l'Apôtre, des sentiments du Seigneur Jésus. Étant de la nature de Dieu, et s'égalant à lui sans injustice, il a voulu néanmoins s'anéantir, en prenant la forme d'un esclave, »

(1) Is. 0, 6. (2) PMI. % S.

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