JANVIER. — JÉSUS, MODÈLE DE L'ENFANCE CHRÉTIENNE
et passer, comme tous les mortels, par l'humiliation de l'enfance.
L'enfant sent qu'il ne peut rien, qu'il n'a rien, ne sait rien ; aussi ne montre-t-il aucune prétention ; son impuissance, sa pauvreté, son ignorance ne lui sont point à charge; il les supporte paisiblement et se plaît à dépendre d'autrui. — Ce qu'il est par nature, nous devons le devenir par vertu, à l'exemple de Jésus Enfant. Quoique ce divin Modèle surpasse en dignité et en pouvoir tout ce qui est créé, il ne dédaigne pas de se soumettre et de s'assujettir. Il nous enseigne ainsi l'obéissance à tous ceux qui ont autorité sur nous.
Loin de chercher à briller, à se produire, un enfant n'aperçoit pas même la finesse de son esprit, les beaux sentiments de son cœur, les espérances qu'il inspire, l'admiràion qu'il excite autour de lui. Pendant que tous sont enchantés de sa candeur, de sa raison précoce, de sa charmante droiture, lui seul ignore qu'il a ces qualités. Ainsi les Saints, pour imiter Jésus Enfant, ont pratiqué cette humilité profonde qui leur faisait oublier, et leur personne, et leurs talents, et leur noblesse, et leurs vertus, au point de se regarder comme de grands pécheurs devant la Sainteté infinie. Se mettant dans leur estime à la dernière place, plus on les louait et honorait, plus ils devenaient petits à leurs propres yeux.
A cette humilité, ils ont su joindre les plus tendres sentiments de confiance en Dieu, sentiments qui font partie de l'enfance évangélique. L'enfant, en effet, vit sans souci de tout ce qui le regarde. 11 se repose sur ses parents du soin de lui-même et de sa subsistance. — Ainsi, tout en remplissant nos devoirs avec soin, nous devons nous abandonner à la conduite de Dieu, laissant le passé à sa miséricorde, le présent à son bon plaisir, et l'avenir à sa providence toute bonne et toute paternelle. — Examinez où vous en êtes de ces dispositions.
0 mon Dieu ! inspirez-moi vous-même cet esprit de dépendance, qui me porte à me soumettre à l'autorité légitime et me rende souple et docile à tous ses commandements. Communiquez-moi cette humilité et simplicité chrétienne, qui m'apprenne à vivre sans prétention, me contentant de votre bon plaisir. De là me viendra la confiance en vous, ou l'abandon à votre conduite. Quelles que soient donc les épreuves qui fondent sur moi, ne per. mettez pas que je perde jamais ni la soumission d'esprit, — ni la droiture de volonté, — ni la paix intime du cœur.