JANVIER. — CHAIRE DE SAINT PIERRE A ROME
plutôt de jour en jour votre ferveur, comme si vous ne faisiez que de commencer. Car notre vie est bien courte en comparaison de l'éternité qui en sera la récompense. Ne nous imaginons pas faire beaucoup pour Dieu, puisque les peines d'ici-bas n'ont pas de proportion avec la gloire qui nous est promise. Eût-on môme sacrifié la terre entière, qu'est-elle au prix de l'éternité bienheureuse? »
Ainsi le Saint encourageait ses disciples à fuir la négligence, à persévérer dans l'oraison, à pleurer leurs fautes, à s'en humilier constamment, et à s'attendre à la tentation jusqu'à la fin de leur vie. — Sa doctrine est d'accord avec celle de l'Apôtre, qui nous recommande d'opérer notre salut avec crainte, ou, comme s'exprime saint Alphonse, avec l'appréhension habituelle de nous perdre éternellement,
0 mon Dieu ! je n'ai point la vertu des Saints, et, par une funeste présomption, je me rassure pour vivre avec moins de gêne, de vigilance, de recueillement et de mortification. ^h! par les mérites de la divine Mère et de saint Antoine, accordez-moi cette sagesse chrétienne qui me fasse prendre, dans l'affaire si grave de mon salut, les moyens les plus sûrs de la conduire à bonne fin, c'est-à-dire : la prière habituelle, — la victoire sur mes sens et mes passions, — et la plus entière fidélité aux grâces de chaque jour.
18 janvier. — Chaire de saint Pierre à Rome,
Préparation. — Saint Pierre fut mis à la tête de l'Eglise, parce qu'il se distinguait entre les Apôtres, non seulement par sa foi, mais aussi par son amour envers Jésus-Christ. Cet amour 4° Lui rendit la foi facile et utile au salut. 2° Il éleva cette foi, dans son âme, à une perfection sublime. — Formons de fervents actes d'amour envers Jésus, et nous ferons passer ainsi notre croyance dans nos sentiments et notre conduite. Fides, quœ per charitatem vperatur.1
(1) Gai. 5, G.