‹ Meditations pour tous les jours de l'anneeChapitre 36 sur 258 · LA CHARITÉ DR PIERRE LUI REND LA FOI FACILE ET UTILE AU SALUT · texte numérisé non relu

LA CHARITÉ DR PIERRE LUI REND LA FOI FACILE ET UTILE AU SALUT

Une âme qui aime tendrement Jésus, admet sans peine tout ce qu'il a enseigné. Ce fut cet amour qui rendit saint Pierre si prompt à croire au mystère de l'Eucharistie. Voyant que plusieurs disciples se retiraient en disant : « Ceci est dur à croire, » Jésus, s'adressant aux Apôtres : « Et vous, leur dit-il, me quitterez-vous aussi? »

— « Seigneur! s'écria Pierre, à qui irions-nous? vous avez les paroles de la vie éternelle; et nous croyons que vous êtes le Fils de Dieu.* »

Les multitudes qui avaient vu les miracles du Sauveur et s'étaient affectionnées à sa Personne, étaient ravies, dit saint Luc,2 d'entendre sa doctrine. — Et nous, si nous aimons véritablement Jésus, nous trouverons un saint plaisir à lire, à méditer son Évangile, et à croire aux vérités qu'il nous enseigne. Sainte Thérèse, qui aimait tant le Rédempteur, adhérait d'autant plus aisément à un mystère, qu'il lui paraissait plus incompréhensible.

L'amour rend encore notre foi utile au salut. « Que sert-il, en effet, dit saint Jacques, d'avoir la vraie croyance, si l'on ne fait pas les œuvres que prescrit la charité?5 » Le Sauveur a demandé à saint Pierre, non pas : « As-tu plus de foi que les autres? » mais bien : « M'aimes-tu plus que les autres? » La suite de sa vie et surtout son martyre ont prouvé la sincérité de sa croyance et la pureté de son amour.

Vous croyez, vous aussi, aux vérités révélées, par exemple, au bonheur céleste : pourquoi faites-vous si peu d'efforts pour le mériter? parce que vous désirez peu de vous unir à Jésus. — Vous croyez à l'enfer et à ses tourments éternels : pourquoi vous mettez-vous si peu en peine de l'éviter? parce que vous redoutez peu de perdre Jésus. — Vous êtes convaincu que le péché est le plus grand des maux : pourquoi n'employez-vous pas les moyens de n'y pas tomber? parce que vous craignez peu d'offenser Jésus.

— En un mot, vos péchés, vos défauts, votre lâcheté viennent de ce que votre foi n'est pas soutenue et vivifiée par un ardent amour.

0 Jésus! vous le savez, si je suis négligent dans votre service, c'est que ma foi est peu vive, et mon amour envers vous trop peu généreux. Par les mérites de Marie, votre Mère, et de saint Pierre, votre Apôtre, donnez-moi la grâce de former souvent des

(1) Joan. 6, 68-70. (2) Luc. 4, 22. (3) Jac. 2, 14.

f>8 8 JANVIER. — CHAIRE DE SAINT PIERRE A ROME.

actes (I'amour divin pendant l'oraison, dans l'action de grâces après la communion, et au milieu de mes occupations de chaque jour, afin de vivifier ainsi ma foi et d'incliner au bien ma volonté rebelle. Fides, quœ per charitatem operatur.

2° La charité perfectionne la foi de saint pierre.

L'amour divin rend la foi vive et la conduit à son jour plein. Quand un homme n'exerce plus les fonctions vitales, on dit qu'il est mort; on peut en dire autant de la foi qui n'est pas animée par la charité. « Celui qui n'aime point, dit saint Jean, demeure dans la mort,1 » quand même il croirait toutes les vérités révélées. Saint Pierre prouva que sa foi était vivante, quand, appelé par Jésus, il quitta pour lui plaire ses filets, sa maison, tout ce qu'il possédait, et se mit à sa suite.

Et quelle ardeur son amour ne donnait-il pas à sa foi ! Étant sur une barque ballottée par la tempête, à peine a-t-il entendu Jésus lui dire : « C'est moi, » il répond : « Seigneur! si c'est vous, ordonnez que j'aille à vous sur les flots. » — « Viens, » dit Jésus, et Pierre de s'avancer aussitôt sur les eaux écumantes de la mer.2 — Pourquoi notre foi est-elle si timide en face des difficultés ? parce que nous aimons peu. Si nous aimions ardemment Jésus, notre foi ne s'étonnerait plus de rien; elle transporterait les montagnes.

Elle irait même jusqu'à nous rendre capables de tout souffrir pour Jésus-Christ. « Bienheureux les pauvres ! nous dit le Sauveur. Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice! » Ces béatitudes, la foi sait les admettre en théorie ; mais en pratique, elle ne saurait s'y conformer sans le secours de la charité. Le prince des Apôtres avait cette foi parfaite, quand il se réjouissait à Jérusalem d'avoir été trouvé digne d'être méprisé, maltraité, jeté en prison pour Jésus-Christ.

Avez- vous, comme lui, des sentiments conformes à la doctrine et aux exemples du Sauveur ? Vous croyez que Jésus a estimé les privations et les peines, qu'il les a embrassées à Bethléem, en Egypte, à Nazareth et pendant toute sa vie, et malgré cela vous ne voulez manquer de rien, la mortification vous fait horreur, et vous ne savez subir aucune contrariété sans vous attrister, vous

(1) I Joan. 3, 4. (-2) Matth. U, 27-33.

Page 1