‹ Meditations pour tous les jours de l'anneeChapitre 51 sur 258 · BONHKUR QUK JÉSUS RÉPANDAIT AUTOUR DE LUI · texte numérisé non relu

BONHKUR QUK JÉSUS RÉPANDAIT AUTOUR DE LUI

L'obéissance entière du Sauveur, son respect envers ses parents, à Nazareth, sa déférence et sa condescendance à leur égard, son empressement à faire, à prévenir même leurs volontés, tout cet ensemble de bonté, de candeur, de simplicité, de tendresse à leur égard, surtout de la part d'un Enfant-Dieu, répandait un charme ineffable au foyer de Marie et de Joseph. C'était au point que les personnes affligées se disaient entre elles, selon saint Jean Chrysostome : « Allons voir le Fils de Marie, et son seul aspect nous consolera. » — En effet, on ne sortait jamais de la maison de Joseph, sans être embaumé du parfum suave qu'exhalaient l'humilité docile, la charité tendre et compatissante, toutes les vertus si aimables, en un mot, du Verbe incarné.

Que ne devaient donc pas éprouver les plus privilégiés des Époux, à la vue de leur Enfant divin! Jésus les révérait comme les représentants du Père éternel, et c'était avec une espèce de culte qu'il les saluait le matin et le soir, les assistait pendant le jour, se rendait attentif à tous leurs désirs, et leur payait l'amour et les services qu'il en recevait, par un amour plus fort et des services plus assidus. — Il est vrai que Marie et Joseph souffraient, en prévoyant les peines de l'Agneau divin et les contradictions dont il serait l'objet; mais cette douleur toute d'amour était de celles dont parle sainte Thérèse : elles torturent, mais si suavement qu'on ne saurait en désirer la fin.

0 Jésus! si votre amabilité nous ravit, même quand vous nous paraissez entouré d'épines et comme un bouquet de myrrhe, que sera-ce quand, délivrés des angoisses de l'exil, nous vous verrons dans l'éternelle patrie? Vous demeurez, il est vrai, dans nos saints tabernacles; mais vous y êtes caché sous les voiles eucharistiques. Ah ! quand pourrai-je vous contempler à découvert dans la splendeur des Saints? En attendant ce bonheur, faites-moi vivre en ce monde avec vous, qui résidez dans nos églises. Vous nous y donnez, comme à Nazareth, l'exemple de l'obéissance, de la cha-

rite et de la condescendance. Communiquez-moi ces aimables vertus, quand vous venez en moi par la sainte Communion. Inspirez-moi : 1° Une entière docilité à l'égard de mes supérieurs et une soumission parfaite à toutes vos volontés. 2° Une humble déférence envers le prochain, un saint empressement à le prévenir et à lui rendre de bons offices, dans l'intention de vous imiter et de vous plaire.

27 janvier. — Saint Jean Chrysostome, docteur de l'Eglise.

Préparation. — Afin d'imiter plus facilement le Sauveur, aimons à considérer les exemples des Saints, ses amis fidèles. Voyons 1° Le zèle de saint Jean Chrysostome. 2° Son amour sincère des souffrances. — Prenons la salutaire habitude de répéter souvent comme lui, dans toutes nos peines : « Dieu soit loué de toutes choses! que le nom du Seigneur soit béni! » SU nomen Domini bénédiction !

\o Zèle de sai.nt jean chrysostome.

Ce saint Docteur que les païens eux-mêmes regardaient comme le plus grand orateur de son temps, fut le modèle des vrais serviteurs de Dieu et la règle vivante du clergé. Étant à Antioche, il entraînait à sa suite dans les voies de la perfection, tous ceux qui l'écoutaient et qui connaissaient sa sainte vie. Sa parole, quoiqu'elle parût sans art et sans apprêt, ravissait tous les cœurs.

Devenu archevêque de Constantinople, quel zèle ne déploya-t-il pas pour la réforme de toutes les classes de la société! Il aimait son peuple avec une tendresse vraiment paternelle, et il en était sincèrement aimé. Mais il ne se servait de son ascendant que pour l'éloigner du mal et le porter à la vertu. Une multitude de païens et d'hérétiques, attirés par le charme de son éloquence, reçurent le bienfait de la foi, en écoutant ses prédications. Les jeunes gens, les jeunes personnes, jusque-là si empressés d'assister aux spectacles, venaient en foule recevoir de leur pasteur le pain de la doctrine. Tant il est vrai que le zèle animé de la charité est le secret de l'éloquence persuasive, de celle qui ramène les cœurs à Dieu. Que d'abus la parole du saint Pontife ne fit-elle pas disparaître! Que d'esprits elle éclaira! que de fidèles elle poussa dans

les voies de la solide piété! On ne saurait exprimer les fruits abondants qu'il produisit dans cette capitale de l'empire, au temps même où l'envie et les autres passions se déchaînaient contre lui.

0 Jésus ! quelle puissance n'a pas votre amour, cet amour dont vous embrasez les cœurs dans I'oraison, et qui se nourrit do sacrifices et de dévouement ! Ah ! si j'en possédais une étincelle, n'aurais-je pas horreur de tout ce qui vous déplaît ? Rien alors ne m'affligerait, si ce n'est le péché; rien ne me consolerait, sinon votre contentement. — « Quelqu'un d'entre vous vient-il à offenser Dieu, disait notre Saint à son peuple, j'en ressens une douleur qui me poursuit jusque dans mon sommeil. Au contraire, je suis soulevé comme sur des ailes, lorsqu'on me dit du bien de vous. »

Avons-nous de tels sentiments, quand il s'agit de Jésus et des âmes rachetées de son sang précieux? Ne trouverons-nous pas peut-être, en nous examinant, que I'égoïsme ou la recherche de l'estime, de nos intérêts, de notre satisfaction est souvent le mobile de nos désirs, de nos paroles, de nos projets, de toutes nos œuvres ? — De là sans doute, ô Jésus ! ces répugnances à me gêner, à me fatiguer, à me dépenser et dévouer pour votre service et pour celui du prochain. Ah ! daignez remédier en moi à ce défaut de générosité, — de charité — et d'abnégation.

2o Amour de notre saint pour les souffrances

Quoique d'une complexion assez délicate, saint Jean Chrysostome se traitait durement. Il ne mangeait qu'une fois le jour, vers le soir. Tout mets un peu soigné était proscrit de sa table, et il ne buvait que de l'eau. Son sommeil était court, de trois ou quatre heures chaque nuit, et encore il regrettait le temps qu'il y employait.

Mais ces austérités ne suffisaient point à son amour de la croix. Dieu permit qu'il fût en butte à la persécution, de la part de ceux-là mêmes qui auraient dû le défendre. Pendant cette tourmente, que faisait le saint archevêque? il consolait son peuple attristé. « Les flots sont soulevés, lui disait-il, la tempête gronde; mais que puis-je craindre? La mort? Le Christ est ma vie, et la mort m'est un gain. L'exil? mais la terre tout entière appartient au Seigneur. La perte des biens de ce monde? mais je n'ai rien

apporté ici-bas, et je ne saurais rien emporter au tombeau. Donc, mes bien-aimés, conservez le calme et la paix au milieu de cet orage. »

Ainsi parlait ce grand cœur, au moment de devenir la victime des puissants de la terre, armés contre lui. Gardé par son peuple, il se livra secrètement aux soldats chargés de le conduire en exil. Ils lui firent endurer toutes sortes de privations, de fatigues et de mauvais traitements. « Mon cœur, écrivait-il alors, goûte une joie inexprimable dans les souffrances; il y trouve un trésor caché. Bénissez le Seigneur qui m'accorde à un tel degré la grâce de souffrir pour lui. » — Il mourut en formant sur lui le signe de notre Rédemption. Heureux celui qui vit et meurt à l'ombre de la croix, après avoir souffert pour la cause de Jésus!

Avons-nous de la croix ou de la souffrance I'estime qu'en avait notre Saint? Regardons-nous les peines, les afflictions, comme de précieux moyens : d'expier nos fautes, — de mourir à nous-mêmes, — d'exercer les vertus, — d'amasser des mérites — et de nous unir à Jésus crucifié? D'où vient que nous sommes si sensibles, si délicats, à la moindre contrariété qui nous arrive? Ah ! sans doute c'est que nous restons encore trop attachés à nos idées, à nos volontés, à nos goûts particuliers, sans tenir compte du bon plaisir de Dieu.

0 Jésus, mon Rédempteur! sur les fonts baptismaux j'ai été marqué du sceau de votre croix, et je ne puis persévérer à me dire votre disciple qu'en me crucifiant avec vous. Accordez-moi la grâce d'APPRÉciER le bonheur de souffrir et de mourir, comme saint Jean Chrysostome, abreuvé d'outrages et de tribulations. Je suis résolu de l'imiter : 1° En supportant chaque jour, avec suavité d'esprit , les contre-temps, les amertumes et les difficultés. 2° En priant dans toutes mes peines pour obtenir la patience, et en répétant alors avec notre Saint : « Que le nom du Seigneur soit béni ! » SU nomen Domini benedictum !

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