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CARÊME. PREMIÈRE SEMAINE. LUNDI. — DES TENTATIONS

l'espérance, la charité, l'humilité, la résignation. On y remportera plus sûrement la victoire, en se réfugiant par la prière dans les bras du Tout-Puissant, que par tout autre moyen.

Après le combat, il ne reste plus qu'à rendre grâces au Seigneur, si l'on a triomphé, et à demander pardon des fautes commises si l'on a succombé. Dans les doutes on doit s'abandonner à la divine miséricorde, supporter en paix le remords, l'inquiétude, la tristesse, qui suivent d'ordinaire certaines attaques. Ce n'est pas en sortant de la lutte, qu'on peut se permettre des retours sur la tentation. Il faut alors prier et penser à Dieu. La prière aura toujours un bon effet : ou bien elle nous obtiendra la lumière qui nous fera voir notre culpabilité, en cas de consentement ; ou bien elle dissipera les chagrins et les troubles que laisse après lui le combat.

Observez-vous exactement ces règles ? Tirez- vous profit, comme les Saints, de vos épreuves et de vos tentations? Priez le Seigneur de vous éclairer et fortifier en un point si important. — 0 Jésus ! combien de fois l'imprudence, l'immortification m'exposent aux embûches de mes ennemis ! et combien souvent je raisonne et fliésite avant de repousser le poison qu'ils me présentent! Accordez-moi : 1° Plus de vigilance, de promptitude et de confiance en vous, dans la guerre que me livrent mes passions. 2° Donnez-moi la grâce d'éviter le dépit, la violence et l'impatience dans mes luttes intérieures. Faites-moi garder alors le calme et surtout la confiance en vous et en votre divine Mère.

CAREME. PREMIERE SEMA'NE. LUNDI. - Des tentations.

Préparation. — L'Evangile de dimanche nous rappelle que Jésus fut conduit au désert pour y être tenté par le démon. Méditons 1° L'utilité des tentations. 2° Les moyens de les faire servir à notre progrès spirituel. — Le fruit de nos réflexions sera d'accroître notre confiance dans la prière, contre les attaques de nos ennemis. « Vous me prierez, dit le Seigneur, et moi je vous exaucerai, » et vous donnerai la victoire. Orabitis, et ego exaudiam.*

(1) Jcr, 29, 12.

122 CAKÉME. PREMIÈRE SEMAINE. LUNDI. ~ DES TENTATIONS. 1° Utilité des tentations.

Il en est qui s'impatientent ou se découragent, parce qu'ils sont tentés, comme si les tentations les éloignaient à jamais de la sainteté. C'est le contraire qui est vrai. En effet, quoi de plus capable que ces luttes contre nos passions, de nous faire acquérir la connaissance de nous-mêmes, l'expérience de notre faiblesse, de notre corruption, et de nous former par ce moyen à la véritable humilité? Combien n'est-on pas porté à prier, à redoubler d'instances auprès de Dieu quand on est tenté? On fuit alors avec plus de soin les occasions et les dangers; on est pressé plus que jamais d'admirer la bonté du Père céleste, qui nous supporte malgré nos tendances au mal, et nous secourt avec tant de puissance et de fidélité. — « Si le Seigneur ne m'avait aidé, disait David, j'habiterais maintenant au fond des enfers.1 » Si la grâce ne m'avait secouru, devons-nous dire après une victoire, je serais tombé dans l'abîme du péché. Et n'y a-t-il pas là de quoi augmenter notre confiance, notre reconnaissance et notre amour envers Dieu?

Libres de toute attaque, nous serions par là trop souvent exposés à nous relâcher dans nos pratiques pieuses, dans la mortification des sens, et l'abnégation de notre volonté propre. L'eau dormante, dit saint Alphonse, se corrompt bientôt. La tentation nous préserve donc de la tiédeur, de la torpeur spirituelle; elle nous détache de cette vie pleine de périls, où le salut n'est jamais en assurance. « Qui me délivrera de ce corps de mort ?» s'écriait l'Apôtre dans ses luttes avec lui-même.2

Et quelle solidité n'acquiert pas ainsi notre vertu? Nous admirons la foi d'Abraham, la chasteté de Joseph, la douceur de Moïse, la résignation de Job, et pourquoi? parce que ces différentes vertus ont été chez eux soumises à l'épreuve de la tentation. Par la lutte, en effet, notre volonté s'affermit, s'enracine dans le bien, devient forte de la force de Dieu sur laquelle elle s'appuie. Chaque victoire lui vaut un degré de plus de la grâce sanctifiante et de la vertu contraire à la tentation. Et voilà comment se forment en nous l'espérance ferme, l'obéissance généreuse, la patience invincible, le dévouement sans réserve. Ainsi s'accumulent nos mérites, pendant des années de résistance aux attaques du monde, de l'enfer et des passions. — « Heureux donc l'homme, s'écrie

(1) Ps. 93, 17. '(2) Rom. 7,2-4

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