‹ Meditations pour tous les jours de l'anneeChapitre 64 sur 258 · DONT JÉSUS NOUS A PRÉSERVÉS · texte numérisé non relu

DONT JÉSUS NOUS A PRÉSERVÉS

Figurez-vous que vous êtes sur le Calvaire, aux pieds de Jésus crucifié, et que tout à coup une troupe de démons se précipitent sur vous et vous reprochent avec rage d'avoir si peu profité d'une Rédemption qui leur a manqué, et dont ils auraient à jamais remercié le Seigneur, en s'imposant pour lui les plus durs sacrifices, tandis que vous, vous refusez si souvent de souffrir.

En vous parlant ainsi, ces démons furieux vous accablent de coups, vous brisent tous les os, remplissent votre Ame d'angoisses, d'amertumes, de désespoir et se préparent à vous entraîner en enfer, dont vous connaissez toutes les horreurs et tous les supplices. Déjà vous en voyez les feux dévorants, qui vont devenir

éternellement votre partage. Quelle épouvante indicible et quels tourments intérieurs n'éprouveriez-vous pas !

Mais si, au moment où vous vous croyez à jamais perdu, un rayon de lumière, sorti du Cœur de l'Homme-Dieu, chassait les esprits de ténèbres, vous guérissait de vos blessures et vous rendait tout à coup la santé, l'espérance et la paix, oh ! comme vous comprendriez alors le service que vous a rendu Jésus en vous délivrant de tant de maux! Mais ce service, pour être aujourd'hui moins sensible, en est-il moins réel ? Le Sauveur, en vous pardonnant vos péchés ou en vous prémunissant contre le péché mortel, ne vous préserve-t-il pas de la tyrannie de Satan et des supplices des réprouvés ?

Oh ! qu'un tel bienfait exige de reconnaissance de votre part, et conséquemment vous oblige à la patience dans les afflictions qui vousarrivent! Combien donc vous êtes ingrat quand vous murmurez de vos épreuves ! Quoi ! un Dieu, l'innocence infinie, la sainteté par essence, prend sur lui vos iniquités, en subit le châtiment à votre place sans aucun intérêt personnel, et vous, indigne pécheur qui ne méritez que des tortures, vous osez refuser, impatient et rebelle, les quelques gouttes du calice qu'il vous présente à boire, après que lui, pour vous épargner les tourments éternels, l'a bu tout entier jusqu'à la lie dans les douleurs de sa Passion !

0 Jésus ! c'est trop de bonté envers moi, la plus vile de vos créatures. Vous m'avez arraché à des supplices incompréhensibles, sans aucun mérite de ma part, et, malgré cet insigne bienfait, je me plains à la moindre contrariété, comme si la souffrance ne devait pas être mon lot, après que j'ai tant de fois mérité l'enfer par mes offenses contre vous. 0 Jésus ! ô Marie ! guérissez-moi de mon ingratitude et de mon impatience, en me rappelant sans cesse : 1° Les feux éternels dont je devrais être à jamais la proie. 2° Les douleurs que vous avez endurées pour m'en délivrer. 3° La rage des démons, qui, me voyant plus favorisé qu'eux, quoique plus indigne, me reprochent mon peu de générosité à souffrir au service d'un Dieu qui m'a racheté à ses dépens, et de préférence aux légions angéliques tombées du ciel après un seul péché.

Page 1