CARÊME. DEUXIÈME SEMAINE. LUNDI. — DE L'ORAISON
exercice, les lumières de l'esprit, les énergies du cœur, la chasteté du corps, la persévérance de l'âme et le salut éternel. Beatus vir qui meditabitur die ac nocte !
1° Effets salutaires de l'oratson.
Jésus était en oraison sur le Thabor, dit saint Luc, lorsqu'il se transfigura : sa face devint lumineuse, et ses habits resplendirent de blancheur. Image sensible des grâces que nous puisons dans l'oraison. La méditation, en effet, nous fait entrer en communication avec Dieu, la sagesse incréée. Toujours présente à notre âme, cette divine sagesse agit sur nous comme le soleil sur le cristal. Elle éclaire notre intelligence et la pénètre de sa splendeur. A sa lumière, nous découvrons le néant de tout ce qui passe, le prix de la grâce et des biens éternels ; nous apprenons à nous connaître nous-mêmes : nos défauts, notre orgueil, notre ignorance, notre faiblesse, notre inconstance dans le bien; la vue de nos péchés nous humilie devant la Majesté suprême, dont nous admirons la grandeur et les infinies perfections. Ainsi notre esprit s'illumine, notre foi se vivifie, notre science de la vie intérieure s'accroît, sous les rayons du soleil divin qui nous éclaire dans l'oraison.
Mis ainsi en contact avec Dieu, de la manière la plus intime, notre coeur, à son tour, se sent touché et se répand en pieuses affections qui l'attachent à son Créateur bien-aimé. Dans cette union, que n'avons-nous pas à gagner ! Nos passions se calment, nos amertumes s'adoucissent, nos répugnances disparaissent. Paisibles et heureux, nous nous élevons au-dessus de la terre et de nous-mêmes, nous perdons de vue nos intérêts, et n'avons plus qu'un désir avec Jésus, celui de glorifier et de contenter le Père céleste. Oh ! que nous éprouvons alors combien le Seigneur est doux ! surtout quand il nous fait surabonder de joie, de confiance et de tendresse à la pensée de sa bonté infinie.
Saint Jean Chrysostome compare l'oraison à une fontaine qui jaillit au milieu d'un jardin. Quels heureux effets ne produit-elle pas, quand ses eaux bienfaisantes arrosent un terrain desséché, couvert de plantes languissantes et sous un ciel brûlant! Oh! comme elle apporte avec elle la fraîcheur et la vie ! — Ainsi fait l'oraison : elle rend l'onction à notre ame aride, lui ôte le goût du monde et des biens passagers et la remplit du désir de s'unir au Bien suprême et infini. Alors notre volonté reprend des forces, et, transformant sa lâcheté naturelle en un courage sur-